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Violences faites aux femmes, une interview au quotidien « le Citoyen ». 24 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : interviews , ajouter un commentaire

Cet entretien a été réalisé par Samia Acher du quotidien national d’information « Le Citoyen ». Il a paru en date du mercredi 9 décembre 2015, une journée avant l’adoption, par le sénat, du projet de loi criminalisant les violences à l’encontre des femmes.

1 – Quelles sont les causes de la violence envers les femmes ?

Je pense qu’il faut évoquer non pas les causes mais les origines de la violence faites aux femmes. De ce point de vue, celle-ci – la violence faite aux femmes – remonte à l’aube de l’humanité, à partir de laquelle cette violence tire sa légitimité. En effet, à leur origine, les sociétés humaines considéraient la femme comme un bouc émissaire et en faisaient un objet sacrificiel; une violence sacrée qui avait pour objectif de conjurer celles – les autres violences – qui pourraient mettre en danger de disparition la communauté. Si les sociétés humaines ne procèdent plus, de nos jours, au sacrifice de la femme, cette dernière n’en est pas moins le maillon faible. Elle conserve dans l’organisation des sociétés traditionnelles un rang inférieur à celui de son homologue masculin et continue d’être l’objet de toutes sortes de violence plus ou moins apparentes. lire la suite…

Qui se souvient de l’article 120 ? 21 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Qui se souvient de l’article 120?
Les personnes de ma génération sans doute, mais les jeunes ne l’ont pas connu.
Peut-être faut-il le leur apprendre? Why not?
Je me jette à l’eau et je prends le risque.
Il était redoutable cet article. Il était tellement redoutable que tout le monde le craignait.
Il incarnait une autorité invisible.
Il se dressait au dessus de toutes les têtes de ceux qui voulaient – ou qui pensaient seulement – respirer, mettre la tête hors de l’eau, s’organiser.
C’était la terreur, c’était le parti unique, la pensée unique.
Personne, absolument personne, ne pouvait tenter de bouger ou de faire bouger les choses en Algérie sans en référer à l’article 120 et…au FLN (le Front de Libération National).
C’était l’héritier, le nouveau propriétaire de notre pays, quand les anciens – je veux dire les colons – ont été chassés.
L’article 120?
C’est le sens interdit.
C’est ce qu’il ne faut pas franchir, c’est le prohibé.
Non! C’est l’illicite, le non légitime. Au bout c’est la condamnation.
Sa transgression pouvait mener loin, très loin, jusqu’à disparaitre.
Des disparus, sans laisser de traces, il y en a eu.
L’article 120, c’est ceci:
 » Le parti du Front de Libération Nationale joue un rôle d’impulsion. d’orientation et de contrôle vis-à-vis des organisations de masse. Sans se substituer à elles ou affaiblir leurs capacités d’initiative. Ne peut assumer des responsabilités au sein des organisations de masse que celui qui est militant structuré au sein du parti. Le Comité central arrêtera les étapes d’application de ce dernier principe» .
C’est l’article phare, vedette, des statuts du FLN – le parti unique, le parti Etat -, adopté par le congrès extraordinaire de 1980.
C’était sous Chadli.
L’article 120?
Une chape de plomb qui venait de « tomber » sur le pays.
Aucune organisation sociale, de la société civile, n’était possible si elle n’est pas sous le contrôle du FLN.
Autrement dit, personne ne peut prétendre créer une organisation, une association…s’il n’est pas militant du FLN et si cette organisation n’est pas sous le label de « organisation de masse ».
Comme nous ne faisons rien à moitié dans notre pays et que nous sommes dans cet état d’esprit, cet article a été poussé à son extrême.
Alors, personne ne pouvait prétendre accéder à un poste de responsabilité dans l’administration, dans les entreprises publiques…s’il n’émarge pas au FLN.
C’était dur, très dur, pour tous.
Il fallait donc signer son allégeance au parti unique même si on adhère pas à son idéologie.
Il fallait bien travailler et accéder à la responsabilité!
Et puis, il y a des privilèges, c’est tentant.
Il faut se laisser tenter. Ils l’ont fait, certains du moins.
Aujourd’hui, on nous dit que le FLN n’est plus le parti unique.
Je ne sais pas si l’article 120 a disparu des textes de ce parti.
Dans les faits, il existe toujours.
Puisqu’il faut toujours faire allégeance pour accéder à la responsabilité.
L’allégeance a peut-être changé de maître, ce n’est plus tout à fait au FLN, tout seul, qu’elle est due.
Il partage, il sous-traite, mais il ne veut pas lâcher.
La légitimité historique est encore son alliée objective.
La responsabilité est une propriété privée.
Elle est distribuée par le (s) propriétaire (s) selon quelque chose – chacun peut deviner de quoi est faite cette chose – qui rappelle le tristement célèbre article 120.
Une pensée particulière aux jeunes. Ils en sont les victimes aujourd’hui.
En espérant qu’il ne désespéreront pas de leur pays et qu’ils continueront à l’aimer, malgré toutes les maltraitantes qu’on leur fait subir.
L’article 120 pour eux signifie, chômage, emplois précaires et pré-emploi, insécurité, mal vie et indignité…

Conjecture d’été 18 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Ce texte a été publié le samedi 09 août 2014, dans le quotidien national d’information Liberté dans la rubrique contributions. Je le dédie aujourd’hui à tous les martyrs qui ont donné leur vie pour libérer notre pays du joug colonial.

« Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace… ». Un extrait du discours prononcé par Georges Jacques Danton – un des artisans et figure emblématique de la révolution française de 1789 – pour lever la résistance du peuple contre l’ennemi, quand la France a été en danger et qu’elle a été envahie par les anglais à l’été 1792.

C’est cette audace qui a, sans doute, animé – un siècle et demi plus tard – l’esprit des 22 quand ils ont rédigé la proclamation du premier novembre 1954 et qu’ils ont décidé – pour libérer leur patrie, l’Algérie – de mener une guerre sans merci à l’occupant colonialiste français. Une audace qui n’a pas été vaine et « qui a payé », quand bien même les souffrances endurées par le peuple algérien, durant sept longues années de guerre, ont été difficilement supportables.

L’appel du premier novembre – sans détour dans la formulation de son objectif – avait une double ambition. Susciter, d’une part, l’adhésion de tout le peuple algérien à la démarche et réduire, d’autre part, les clivages politiques qui avaient paralysé, depuis de nombreuses années, le mouvement national en appelant à l’unité de tous les militants autour de la cause sacrée. lire la suite…

La médecine est-elle encore gratuite en Algérie? 14 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cet article a été publié dans El Watan, édition du samedi 17 mai 2008

Cette question amène une autre plus pertinente. Est-ce que les pouvoirs publics veulent toujours une médecine gratuite pour les citoyens ? Voilà la bonne question, que Mr Amar Tou, ministre de la santé et de la population, devrait se poser, poser à son gouvernement et poser enfin aux parlementaires algériens. Cette question soulève un problème de fond que les pouvoirs publics éludent, avec beaucoup d’hypocrisie, depuis plusieurs années. Celui de la nécessité de repenser le système de santé et partant de remettre en cause le bien fondé de la médecine gratuite. Autrement dit, veut-on sauvegarder ou non cette dernière survivance de la politique socialisante des années 70 ?

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La violence sociale en Algérie : des éléments pour comprendre son émergence. 5 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres conférences , ajouter un commentaire

I – INTRODUCTION.

La violence est devenue banale, ordinaire, dans notre pays. Elle s’est emparée du corps social et est devenue structurelle. Cela doit inquiéter au plus haut point et interpeler la société et les pouvoirs publics, car la loi et l’autorité ne constituent plus un obstacle à la montée de la violence et au passage à l’acte agressif.

Il est indéniable que notre société est aujourd’hui à bout de nerf et que les algériens ont l’agressivité à fleur de peau. Les individus se promènent avec des gourdins dans les voitures, des couteaux dans les poches, des sabres sous les kechabias. Le passage à l’acte violent semble inscrit dans le projet des individus, il est d’une certaine façon prémédité. La violence est là, elle est à l’affût et n’attend que l’occasion pour se manifester. Parce que le dialogue n’est plus possible entre les uns et les autres, l’agressivité est devenue la voie privilégiée de résolution des conflits.

Un différend insignifiant – une dispute d’enfants, un litige de voisinage, un incident sur la voie publique – donne lieu à une rixe, à un pugilat ou encore à une bataille rangée; des situations où les sujets laissent libre cours à leur hostilité sans imaginer un seul instant la portée de leurs actes.

Des comportements qui montrent que le lien social est dissolu, que les mécanismes régulateurs qui organisent la vie en communauté sont inopérants et qu’ils ne constituent plus un rempart à l’émergence de la violence. Toutefois, il est une erreur de penser que c’est là une spécificité de l’Algérie, une espèce d’atavisme propre à notre société. L’algérien n’est pas agressif de naissance, violent ou encore dangereux, comme il est répété ici ou là. Les circonstances, la vie qu’il mène, l’ont conduit à le devenir. lire la suite…

Les enfants de chouhada : des droits légaux confisqués et un Etat coupable d’injustice à leur endroit. 31 octobre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , 4 commentaires

Cet article a été publié dans le quotidien El Watan du 10 et du 11 juillet 2010, dans la rubrique « idées débats ». 

Je voudrais rappeler aux lecteurs de mon blog que les questions que j’ai posées au premier ministre pour avoir des explications quant à la non application, depuis maintenant 11 ans, de ce texte de loi (la loi relative au chahid et au moudjahid), n’ont toujours pas eu de réponses. Ce qui témoigne en réalité de l’absence d’intérêt accordé par le pouvoir aux lois de la République et de l’indifférence manifeste que celui-ci (le pouvoir) affiche face au rôle des parlementaires et aux difficultés dans lesquelles se débattent quotidiennement les citoyens.

Voici le texte tel qu’il a paru dans le quotidien El Watan.

Evoquer, un demi-siècle après l’indépendance de la nation, les tracas, pourtant bien réels, que rencontrent les enfants de chouhada pour obtenir leurs droits légaux peut paraître décalé, anachronique. Cela peut aussi agacer et faire « grincer des dents » chez ceux là même qui croient que cette catégorie de citoyens baignent dans des privilèges, sans limites, consentis par une nation généreuse à leur endroit. A dire vrai, ce n’est pas le cas et si des enfants de chouhada – ils doivent sûrement être nombreux – ont accès à des faveurs particulières, c’est parce qu’ils sont dans les grâces d’un pouvoir dans le giron duquel ils se sont mis à couvert. Bien sûr, ceux là ne sont pas des enfants de chouhada « ordinaires ». Sans doute des thuriféraires du régime et autres clients.  Le lecteur comprendra que le commun des filles et fils de chouhada – dont je plaide ici la cause – n’a pas la chance d’émarger dans cette « rubrique ». La majorité des orphelins mais aussi des veuves de la guerre de libération nationale vivent encore aujourd’hui dans le besoin quand ils ne sont pas dans un total dénuement. Pour autant, l’Algérie indépendante avait fait le serment d’en prendre soin. Ce serment a vite été oublié, trahi.

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Que serait la vie sans la philosophie? 26 octobre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Quelqu’un – une amie FB – s’est demandée ce que serait la vie sans philosophie.
Une bonne question, j’en conviens mais qu’est-ce que, au fond, la philosophie?
Chacun ira de sa définition.
Elles seront nombreuses, sans doute.
Je crois, en ce qui me concerne, que la philosophie consiste à se prendre la tête pour essayer de comprendre et de bâtir le monde selon sa convenance.
Simplet comme raisonnement, c’est ce que vous allez me dire.
Pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit, en tout cas du questionnement au tout début de l’humanité.
Une espèce de « proto »science qui tente d’abord de donner un sens et une signification aux phénomènes de la vie – à ce qui nous entoure – et qui essaie ensuite de comprendre les interactions humaines et les relations qui fondent et caractérisent la communauté.
La philosophie est donc une espèce de proto-sociologie, de proto-anthropologie et par certains de ses aspects une proto-médecine, etc.
Le philosophe est un peu comme Pandore, cette femme de la mythologie grecque qui, poussée par la curiosité, ouvre la boîte – interdite d’ouverture – pour en libérer ce qui s’y trouve.
La comparaison s’arrête là car Pandore en ouvrant la boite en libéra tous les maux qui se sont répandus à travers l’humanité, sauf l’espérance qui est restée au fond interdisant ainsi aux hommes toute forme d’aspiration à vivre heureux.
La philosophie est dans la démarche contraire.
Sauf qu’en ouvrant la boite, le mystère devient encore plus opaque pour le philosophe et exige de ce dernier – pour y voir plus clair – l’ouverture d’une autre boite…tout aussi obscure.
Autrement dit, la philosophie est une forme de questionnement permanent et de raisonnement scientifique continuel.
A ses balbutiements, cependant et sans l’exigence de la rigueur scientifique, sans l’impératif de la preuve par la réplication ou la reproduction de l’expérience et de l’obtention à souhait du même résultat.
Sans la philosophie, il n’y aurait pas eu de questionnement et l’humanité serait restée stérile. Elle n’aurait pas accouché de tant de merveilles et, sans doute, elle n’aurait pas produit autant de malheur.
La vie serait restée un mystère.
En tout cas la vie sans philosophie ressemblerait à une vie sans musique, sans couleur, sans parfum, sans tendresse… Ce qu’a répondu une autre amie FB.
Une vie qui serait sans relief, fade, triste.
Je suis d’accord avec cela.
Le piquant – comprenez le piment – de la vie vient aussi de cela. Aller au devant du mystère et tenter de le percer. Aller au devant des craintes, des frayeurs, archaïques et les vaincre parce que le mystère n’est plus.
Une aventure permanente qui permet à l’humanité d’avancer vers son destin avec chaque fois un accès vers plus de lumière – la lumière de la connaissance et du savoir.
C’est cela la philosophie.
C’est celle d’Aristote, de Platon, de Newton et de tant d’autres.
La philosophie des lumières que j’aime.
Pas celle de BHL ou de ceux qui lui ressemblent.
Il n’est pas besoin de les citer.
Ceux là abusent et violent les consciences en distillant, sous couvert du débat philosophique, toutes sortes d’idées qui invitent à l’exclusion et au racisme. Le postulat étant que certains peuples ne sont pas éligibles à la liberté de conscience.
Je ne les aime pas.

Projet de la nouvelle constitution: Tamazight de nouveau occultée. 19 octobre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Le pouvoir vient de soumettre à débat la nouvelle constitution. En réalité la constitution précédente qui a été amendée. Une quarantaine d’amendements… Tamazight n’est pas concernée. Le pouvoir persiste dans son entêtement à ne pas donner à la langue originelle de notre pays, de l’Afrique du nord toute entière, un statut officiel et à ne pas en faire l’égale de la langue arabe. Un déni de justice qui témoigne de la volonté du système à maintenir verrouillée la vie politique nationale. Une décision qui ruine tout espoir de restauration de la confiance du peuple à l’endroit des pouvoirs publics et qui hypothèque la démocratie dans notre pays. Sans l’officialisation de Tamazight, les amendements apportés à cette constitution émargent dans l’accessoire et perdent leur crédibilité… Pour autant, l’amendement de la constitution est une opportunité pour réparer une injustice dont est victime la population depuis l’indépendance et pour définitivement panser cette mutilation identitaire infligée à la nation algérienne.  

J’ai publié le 08 janvier 2013, dans le quotidien national d’information Liberté, une contribution sous le titre: « La nouvelle constitution: une opportunité historique pour réparer une injustice et officialiser Tamazight ». C’était aux moments les plus forts du débat sur cette nouvelle constitution. Mon texte avait été réduit par la rédaction du journal, sans doute pour des impératifs liés à la mise en page. J’avais été, en ce temps, très fortement contrarié, d’autant que les paragraphes qui avaient été enlevés étaient indispensables pour la compréhension de l’ostracisme qui a frappé la langue amazigh. Il s’agit notamment de ceux (les paragraphes) qui évoquaient la crise berbériste de 1949 et le conflit qui avait opposé en 1963 le FFS au groupe d’Oujda. Le texte que je propose, à nouveau, aux lecteurs de mon blog est bien sûr complet. Bonne lecture.

En mai 2009, alors que j’étais député à l’Assemblée nationale, j’avais interpellé le premier ministre sur le pourquoi du choix, par les pouvoirs publics, de la transcription sur la quatrième chaine de télévision (chaîne en tamazight) de la langue amazigh en caractère arabe. Je souligne au lecteur que l’enseignement de cette langue (Tamazight) se fait en caractère universel dans nos écoles et dans les deux instituts universitaires – Tizi Ouzou et Vgayet – qui forment les futurs enseignants qui doivent la dispenser. J’avais relevé, dans cette démarche, une grave incohérence pédagogique et exprimé ma crainte quant à une possible tentation ou volonté de manipulation idéologique de l’identité amazigh.

Le premier ministre n’avait pas tardé à répondre. Une réponse préoccupante, à plus d’un titre, quant au sort qui est réservé par les responsables à cette langue.  Avant de rapporter les propos de ce dernier, voici en substance ce que je lui écrivais dans la correspondance que je lui ai adressée. lire la suite…

La santé mentale en Algérie 10 octobre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : Non classé , 1 commentaire

Cet entretien est paru dans le numéro 36 (janvier 2015) du mensuel algérien de la santé – SantéMag.dz – sous la plume de la journaliste Tanina Aït.

Question 1 : Est-ce que la maladie mentale fait l’objet, dans notre pays, d’une prise en charge efficace ?

Notre pays est sans doute en deçà des standards internationaux concernant notamment le nombre de lits réservés à la psychiatrie par habitants, le nombre de psychiatres, de psychologues, d’infirmiers… La pédopsychiatrie est encore à ses premiers balbutiements alors que la prévention et la prise en charge des problèmes liés à la consommation des drogues (les toxicomanies) peinent à prendre forme. Deux défis supplémentaires que notre pays a des difficultés à appréhender. Je ne vais pas m’y attarder, il y a beaucoup de choses à dire. Toutefois, la prise en charge des malades mentaux s’est qualitativement améliorée. Cela est indéniable, quand bien même beaucoup reste à faire dans ce domaine. Parce que si les situations d’urgences, de crises et si la grosse pathologie mentale bénéficient de soins appropriés et efficaces, dans la durée nombre de problèmes se posent. En particulier concernant les offres d’accompagnement thérapeutique pour les malades chroniques, en rupture sociale et avec le risque potentiel de désinsertion. Je pense à la schizophrénie – maladie mentale par excellence – fréquente, touchant 1% de la population générale, invalidante et responsable dans une grande proportion de handicap mental et social. Si nous disposons, aujourd’hui, de moyens (hospitalisation et médicaments efficaces) pour réduire le délire, l’agitation ou encore pour résoudre le problème de l’urgence, nous n’avons pas les dispositifs indispensables pour offrir aux sujets – inscrits dans la chronicité de la maladie – un projet à même de lui éviter une évolution vers l’handicap mental et le glissement vers la désinsertion sociale. Autrement dit, la prise en charge des malades mentaux, dans notre pays, est pris au piège dans l’ornière de la cure. L’offre d’accompagnement durant la « post-cure » est pratiquement inexistante. Rares sont les structures hospitalières qui proposent aux malades hospitalisés durant de longues périodes des activités thérapeutiques qui préparent à la réinsertion sociale. A la sortie, le malade est livré à lui-même. Rien n’est prévu pour prendre le relais de l’hôpital et pour l’accompagner dans sa réadaptation sociale. Le secteur de psychiatrie existe mais il ne dispose que des services hospitaliers traditionnels et de consultations externes. Le malade y revient en cas de rechute pour y être hospitalisé à nouveau ou pour contrôler son évolution et y recevoir une nouvelle ordonnance. lire la suite…

Belkacem Bélaïd, une figure emblématique que l’on n’oublie pas. 1 octobre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

J’ai écrit ce témoignage à la demande de Youcef Mérahi. Ce dernier voulait écrire un ouvrage sur les personnalités qui ont marqué notre région, la Kabylie. Il m’a demandé d’y contribuer. Bien sûr, j’ai tout de suite pensé à ce personnage particulier – Belkacem Bélaïd – qui a marqué les années que j’ai passées au Lycée Amirouche de Tizi ouzou, un internat que j’ai fréquenté de 11 à 18 ans, de la sixième jusqu’en terminales, de 1965 à 1972. Sept années de tendres souvenirs.Voici celui (le souvenir) que je garde de ce Monsieur.

Ce témoignage est maintenant publié dans le livre « ALMANACH de Tizi Ouzou » de Y. Mérahi , ouvrage paru aux éditions Alpha et depuis quelques jours sur les étals de librairies.

Belkacem Bélaïd, une légende qui emplit, sans doute, la mémoire de nombreuses générations d’élèves du lycée Amirouche de Tizi Ouzou. Des anecdotes cocasses, des histoires drôles, du vécu en direct et assurément des souvenirs tendres.

La réputation du surveillant général, car ce statut a fortement collé au personnage, a naturellement fait le mur du lycée – comme souvent les potaches aiment à le faire – pour aller se répandre dans la ville et bâtir un mythe autour d’un homme certainement exceptionnel. Le futur élève de ce lycée sait qui est Belkacem avant d’y entrer. A éviter, quand bien même la curiosité invite à aller irrésistiblement à sa rencontre. Dans tous les cas, et comme par un effet du hasard, c’est la première personne à qui le nouvel arrivant a affaire.

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