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À propos du suicide de deux étudiants algériens en France. 28 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

J’avais envie de réagir dans la presse nationale au sujet des deux étudiants en France qui ont mis fin à leur vie. Cette contribution a été publiée aujourd’hui 28 mars 2015 dans le quotidien national d’information Liberté. Je la poste pour mes lecteurs telle qu’elle a été publiée dans ce journal.

Ainsi, les étudiants algériens en France sont nombreux à vivre dans la précarité. L’association Algériens des deux rives et leurs amis (Adra) viennent, dans un communiqué publié par la presse en ligne, de dénoncer cette situation. Fait gravissime, deux d’entre eux, sans doute parmi les plus vulnérables et en proie au désespoir, viennent de se suicider. Un événement tragique pour les familles et une honte pour notre pays, car ce qui vient d’arriver n’est pas nouveau. «Deux pertes de trop qui s’ajoutent à des cas de suicide déjà recensés depuis l’an dernier…» souligne cette association. Aujourd’hui, il y a 26 000 étudiants algériens en France.
Combien parmi eux bénéficient d’une bourse de leur pays? Un privilège, bien sûr, réservé aux enfants du régime. Les autres – les enfants du peuple qui ont la prétention de vouloir poursuivre des études ailleurs qu’en Algérie – doivent se débrouiller et c’est ce qu’ils font. Des concitoyens qui se sont exilés pour étudier, armés de leur seule volonté et du désir de réussir. Leur mérite est là, quand bien même celui-ci n’est pas reconnu par les responsables.
Pour autant, par leur succès, un grand nombre fera demain la force et la fierté du pays. C’est pourquoi l’État algérien a le devoir de les soutenir et d’utiliser tous les moyens diplomatiques nécessaires pour qu’ils obtiennent les droits que leur attribue le pays d’accueil. Faut-il souligner que les Algériens sont, parmi les étudiants étrangers, les seuls à n’avoir pratiquement – hormis celui d’accéder à l’inscription aux universités – aucun autre droit? Celui de travailler est de ceux-là. lire la suite…

Intempéries en Kabylie : le gouvernement emmuré dans son ordinaire inhumanité 21 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

J’ai publié ce texte dans ce blog en février 2012. L’hiver était rigoureux et on s’en plaignait. Cette année, le mois de février est parti ensoleillé. On s’en plaint aussi parce que nous risquons d’être en état de sécheresse. Comme quoi, la nature prendra toujours le dessus sur la volonté des hommes. Voici le texte publié, il y a maintenant 4 années.

Depuis deux semaines, des régions entières souffrent des intempéries qui se sont abattues, avec une rare intensité, sur notre pays. Territoire essentiellement montagneux, la Kabylie est, plus que toute autre région, durement éprouvée par les neiges. Les citoyens sont livrés à un froid glacial, à l’isolement et à la spéculation sur les prix du gaz et des produits alimentaires.

L’économie locale, déjà en situation de fragilité, est mise à mal. Les petites entreprises-qu’elles soient agricoles, industrielles ou dans les travaux publics et le bâtiment-, qui font vivre de nombreuses familles ont subi, pour certaines, des dégâts considérables et sont en danger.
Pour autant, la détresse qui s’est emparée des populations ne semble pas avoir réveillé de sa léthargie le gouvernement qui continue de « vaquer à ses occupations », comme si la catastrophe qui vient de s’abattre sur une grande partie du pays lui était étrangère. Et si les responsables locaux, les élus-notamment les présidents d’APC auxquels il faut rendre un hommage appuyé-, et les citoyens ont vite pris la mesure de la gravité de la situation et ont réagi avec « les moyens de bord », l’Etat central a, quant à lui, fait preuve d’une inhumaine indifférence. Le dernier conseil des ministres-présidé, faut-il le rappeler, par le chef de l’Etat-en est un exemple édifiant. lire la suite…

Changement et Démocratie, à quand le tour de l’Algérie ? 9 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , 1 commentaire

Je livre aux lecteurs du blog une autre version du texte précédent « Changement et démocratie en Algérie? Une nécessité en marche. » Cette contribution a été envoyée au quotidien El Watan, pour publication il y a environ 15 jours. Elle n’a pas encore été publiée. Compte tenu de l’évolution des événements, il me semble qu’il faut l’actualiser. C’est pourquoi j’ai fait cette nouvelle mouture, que j’ai proposée pour publication au quotidien d’informations Liberté. J’espère que les lecteurs de ce blog y trouveront quelques satisfactions. 

Changement et Démocratie, à quand le tour de l’Algérie ? (article publié dans le quotidien national Liberté du lundi 28 mars 2011)
Une question qui suscite l’espoir pour un véritable changement dans notre pays mais qui soulève aussi l’inquiétude légitime des lendemains incertains. Les nouvelles qui parviennent des pays voisins, en particulier de la Libye, ne sont pas pour rassurer. Est-ce pour cette raison que la fièvre de la contagion n’a pas encore atteint le peuple algérien et que « la mayonnaise de la contestation n’a pas pris » ? En partie, sans doute.

Pour autant, tous les ingrédients sont réunis pour que l’Algérie quitte le cycle de la violence des émeutes « alimentaires », qui émaillent la vie sociale depuis plusieurs années, pour s’inscrire à son tour dans ce mouvement de la revendication politique qui a gagné tous les pays arabes. La misère sociale a enfermé les sujets dans le désespoir tandis que le verrouillage des espaces d’expression leur a interdit toute possibilité d’épanouissement personnel et la manifestation de leur libre arbitre. Une situation qui a fait de l’algérien non pas un citoyen mais un sujet, moralement désarmé. Un projet savamment entretenu par le pouvoir.

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Frantz Fanon: une prémonition à lire 5 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , 4 commentaires

J’ai relu « les damnés de la terre » de Frantz Fanon. Un ouvrage bien connu et que tout psychiatre algérien a lu et relu ou devrait lire et relire.

Fanon est psychiatre. Il est martiniquais d’origine et a travaillé à l’hôpital psychiatrique de Blida – qui porte aujourd’hui son nom – durant la période de la révolution algérienne; une guerre de libération pour laquelle il a immédiatement pris fait et cause. Est-il nécessaire de rappeler que ce psychiatre – qui a rejoint les maquis algériens – a activement participé à la libération de notre pays ? Les algériens de la génération de l’indépendance – et ceux qui ont fait la guerre -  s’en rappellent bien.

Je n’en dirais pas plus à ce sujet. Je n’évoquerai pas non plus son parcours de psychiatre engagé. Ce n’est pas mon objectif de ce jour.

En relisant cet ouvrage, les damnés de la terre, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle entre ce que je redécouvrais progressivement dans ma lecture et les péripéties qui ont émaillé le destin de notre pays au lendemain de sa libération du joug colonial; comme je n’ai pas pu, d’ailleurs, m’empêcher d’établir le lien entre cet épisode de la post-indépendance et ce que vit encore aujourd’hui le peuple algérien.

Je voudrais partager avec les lecteurs de mon blog un petit passage de ce qu’a écrit, il y a plus de cinquante ans, cet auteur. Un visionnaire, s’il en est. 

Une prémonition ? Un avertissement ? Les deux à la fois ? Chacun appréciera. 

Une bourgeoisie telle qu’elle s’est développée en Europe a pu, tout en renforçant sa propre puissance, élaborer une idéologie. Cette bourgeoisie dynamique, instruite, laïque, a réussi pleinement son entreprise d’accumulation du capital et a donné à la nation un minimum de prospérité.

Dans les pays sous développés, nous avons vu qu’il n’existait pas de véritable bourgeoisie mais une sorte de petite caste aux dents longues, avide et vorace, dominée par l’esprit gagne-petit et qui s’accommode des dividendes que lui assure l’ancienne puissance coloniale. Cette bourgeoisie à la petite semaine se révèle incapable de grandes idées, d’inventivité. Elle se souvient de ce qu’elle a lu dans les manuels occidentaux et imperceptiblement, elle se transforme non plus en réplique de l’Europe mais en sa caricature.
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La nouvelle loi sanitaire sonne le glas de la médecine gratuite. 3 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

La nouvelle loi sanitaire devait être en débat à l’Assemblée nationale en décembre dernier. Le scandale de « Rehmet Rebbi et de la clinique Rokia de Relizane ont sans doute amené l’Etat a differér la présentation de ce projet de loi aux parlementaires. A moins qu’il n’y ait d’autres raisons… que les pouvoirs publics ne peuvent pas politiquement assumer. La mise au placard de la médecine gratuite.  Mais attendons de voir, il semble que la présentation de ce projet de loi sanitaire est pour ce mois de janvier.

Cette contribution est parue ce jour 03 janvier 2017 dans le quotidien national d’informations El Watan.

La nouvelle loi sanitaire vient de tomber dans les casiers des parlementaires. Elle sera débattue, nous dit-on, au début du mois prochain. Elle sera sans doute approuvée. Un texte de loi censé apporter des solutions à notre système de santé, moribond mais qui, de mon point de vue, soulève plus de problèmes qu’il n’apporte de solutions, car les rédacteurs de ce projet ont soigneusement évité de poser la bonne question, celle à même d’apporter les meilleures réponses aux difficultés que rencontre aujourd’hui notre système de soins.

Est-ce que la médecine doit rester gratuite ou non?

Le texte de loi en cours, la 85-05 du 16 février 1985 portant protection et promotion de la santé a le mérite de la clarté. Il s’était adossée à un choix politico-idéologique pour lequel l’Algérie indépendante avait opté – le socialisme – et avait été en phase avec celui-ci. lire la suite…

La lutte contre le charlatanisme doit constituer une priorité de l’Etat, de tous les instants. 20 décembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : interviews , ajouter un commentaire

Entretien paru aujourd’hui 20 décembre 2016, sous la plume de Farid Belgacem, dans le quotidien national d’information Liberté

1 – La fermeture annoncée d’une clinique agrée par l’Etat et spécialisée dans la Rokia à Relizane vient s’ajouter au scandale du complément alimentaire Rahmat Rabi. Pourtant, il y a eu un grand engouement des Algériens. Qu’en pensez-vous docteur ?

Je dois d’abord préciser qu’il ne s’agit pas d’une clinique. Appelez cela comme vous voulez mais de grâce ne validez pas ce type de dérive en utilisant un vocable inapproprié pour désigner cet endroit. La sémantique est ici fondamentale. Il s’agit de la santé des citoyens et en l’occurrence la personne qui a ouvert cet espace n’est pas un professionnel de la santé. Il n’est pas un médecin. S’il prétend soigner des personnes, il s’engage dans rien d’autre que la pratique illégale de la médecine. C’est un usurpateur de titre, un imposteur. La loi est claire à ce sujet. Elle doit s’appliquer dans toute sa rigueur. Il faut fermer cet endroit, c’est clair, et poursuivre en justice les individus qui sont impliqués dans cette entreprise. Je crois comprendre selon ce que vous dites que la fermeture de ce lieu est en cours. Tant mieux.

Mais je dois dire tout de même qu’il est pour le moins étonnant que ce personnage ait fait autant de publicité autour de son entreprise alors qu’il aurait eu, il y a quelques mois des démêlées avec la justice, pour ses pratiques. Il aurait donc été « autorisé » à reprendre son activité malgré ce qui s’était produit. Quelque chose ne va pas, vous en conviendrez. L’ordre institutionnel, l’autorité de l’Etat n’a pas l’air d’avoir fonctionné. lire la suite…

Le charlatanisme reprend possession de notre société 19 décembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

« Le génie a besoin d’esprit… une société qui n’a pas de génie est vouée à la disparition ».
Un père de famille me parlant, hier, de sa fille malade dit qu’elle est possédée.
« Quand sa crise la prend, elle est déchainée, elle est forte et parle comme un homme.
C’est l’homme qui l’habite qui parle à sa place ».
Je l’écoute avec intérêt.
Un discours que j’entends souvent, un discours, auquel nous psychiatres, sommes habitués.
Comme s’il n’avait pas réussi à me convaincre, ce bon père de famille ajoute.
« D’ailleurs j’ai fait une photo d’elle quand elle était agitée, eh bien docteur, sur la photo c’était un homme que je voyais ».
Avec son smartphone.
Je lui dis alors: « vous êtes sûr de ce vous dites, monsieur? Sur la photo c’était bien un homme que vous avez vu ».
« Oui, docteur » et de jurer par tous les saints de la région.
C’était trop.
Je ne l’avais pas encore entendue, celle là.
Je lui demande de me montrer la photo.
« Ah! C’est dommage docteur, je l’ai effacée ».
Ce bon père de famille était de bonne foi, je veux dire de bonne conviction, peut-être qu’il est plus exact de dire de bon obscurantisme.
Il a peut-être eu l’illusion de voir un homme.
C’était son désir. Il a pu le réaliser.
L’illusion.
Ce n’est pas un fanatique, ce monsieur.
Il n’avait pas l’air obtus, non plus.
Il voulait juste me dire que ce qui est arrivé à sa fille est extraordinaire et que cela n’est pas de la faute de la malade, ni de sa faute à lui, ni celle de sa famille.
La faute est extérieure, un hypothétique ennemi qui est venu s’installer dans sa fille.
Une espèce de squat.
La jeune demoiselle qui revenait me voir pour la deuxième fois était beaucoup mieux, elle était très bien, de l’avis même de son père.
Elle écoutait celui-ci d’un air amusé.
Elle savait très bien qu’il n’y avait rien de ce qu’il était entrain de raconter.
Elle avait enduré des pressions familiales difficiles à assumer.
Elle avait étouffé.
Les désordres psychologiques qu’elle a présentés ont servi de soupape de sécurité.
Cette petite histoire est, si je puis dire, ordinaire dans notre société.
Des croyances, une pensée magique, des vestiges des temps anciens, des ténèbres de l’ignorance.
Aujourd’hui, la lumière du savoir est là.
J’ai l’inquiétante impression que notre société la refuse obstinément.
Elle sortait doucement mais sûrement des ténèbres de l’ignorance et était en passe de s’engager dans la voie de la connaissance et de la lumière.
Soudaincoup (?), elle (notre société) s’arrête.
Un moment d’hésitation puis elle s’engage résolument sur le chemin du charlatanisme.
Les guides sur ce chemin sont légions, ils savent y faire. Ils ont déjà préparé les destinations.
Des cliniques…
Il semble que l’une d’elle vient d’ouvrir ses portes en grandes pompes…à l’ouest du pays.
Ne me demandez pas, dans vos commentaires, ce qu’il faut faire.
Je ne sais pas.
Ne me demandez pas non plus ce que font nos responsables.
Ils ne font rien. Ou plutôt si, ils poussent le peuple à l’ignorance.
Parce qu’un peuple ignorant est sans génie.
Une société sans génie n’est pas.
Le pouvoir en profite.

Le nouveau texte de la loi relative à la santé déjuge le décret exécutif 92-276 portant code de déontologie médicale 29 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée ce jour, 29 novembre 2016, dans le quotidien national d’information Liberté.

Le conseil de l’ordre des professions médicales – médecins, chirurgiens dentistes et pharmaciens – est né au début des années 90. Une concession qui a été arrachée – au forceps – aux pouvoirs publics hostiles alors à toute forme d’organisation professionnelle qui ne s’inscrivait pas dans le sillage de l’article 120 des statuts du FLN, parti unique, parti Etat. Qu’à cela ne tienne, le pouvoir a, à la faveur de l’ouverture démocratique, décidé de s’accommoder des ordres professionnelles et a donné son consentement à la création de celui des médecins. Le décret exécutif N° 92-276 portant code de déontologie médicale est promulgué en date du 06 juillet 1992. Depuis, tant bien que mal, les conseils régionaux et le conseil national de l’ordre essaient d’exister et de travailler à l’organisation des corporations. Il faut bien reconnaître que les trois corps professionnels, médecins, chirurgiens dentistes et pharmaciens, désabusés et démobilisés, boudent cette organisation. Les pouvoirs publics ne sont pas en reste puisque le ministère de la santé et ses démembrements au niveau des wilayas – les directions de la santé -  ne lui facilitent pas les choses. lire la suite…

Un entretien accordé à Farid Belgacem, journaliste au quotidien Liberté. 27 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : interviews , 1 commentaire

Farid Belgacem, journaliste au quotidien Liberté a réalisé un dossier sur les derniers séismes qui ont secoué la région de Médéa. Dans quelles conditions psychologiques les élèves, candidats au baccalauréat, ont passé les épreuves? Sachant que les sujets ont été durement traumatisés par, d’une part, ce phénomène naturel qu’est le tremblement de terre, et qu’ils sont d’autre part très fortement affectés par la fraude massive qui a entaché cet examen. Ce que j’ai essayé d’expliquer dans cet entretien. Pour des impératifs d’espace, la rédaction du journal a réduit, avec mon accord, la longueur de mon propos. Je livre aux lecteurs de mon blog son intégralité.

1 – Les candidats au baccalauréat 2016 dans la localité de Mihoub, à Médéa, se trouvent toujours dans un état de choc après le séisme du 29 mai dernier. Après une première épreuve déjà très difficile, ils sont appelés à refaire le baccalauréat à Médéa et à Blida, sachant que toutes les écoles de Mihoub ont été détruites. Comment ces facteurs pourraient-ils influer sur les candidats ?

Je ne sais pas si les candidats au baccalauréat, dans cette localité de Mihoub, sont vraiment dans un état de choc. Si c’est le cas, cela veut dire que ces élèves sont en proie à un malaise, à une détresse profonde et qu’ils sont dans l’attente angoissante d’un autre séisme dont l’imminence est proche. Voilà une situation intenable qui ne peut pas ne pas avoir une influence néfaste sur les capacités intellectuelles de ces élèves. Il m’est personnellement difficile d’imaginer comment peut être organisé, dans de telles conditions, un examen aussi déterminant que le baccalauréat, sans risquer de réduire substantiellement les chances de succès de ces élèves.

Faut-il souligner que cet examen est à lui seul un concentré de doutes, d’inquiétudes et de questionnements concernant l’avenir. Le baccalauréat n’est pas une composition ordinaire comme celles qu’un élève subit durant toute sa scolarité. Il est certes une épreuve scolaire qui ouvre au sujet les portes de l’université, mais il est aussi une espèce de passage initiatique, un rite symbolique, qui confère à l’élève un statut différent; il devient adulte. Une étape sociale, un droit d’accès à la maturité. Tous les regards sont tournés vers lui, il est le centre de l’intérêt de la famille, il ne doit pas décevoir. Il est face à un challenge. « Avec le bac en poche », il n’est plus l’élève, l’enfant; il est l’étudiant, l’adulte responsable. De ce point de vue, il n’est pas un hasard si, à l’université, l’initiative de l’organisation du travail est laissée à l’entière appréciation du sujet. Il est « assez grand » pour se débrouiller seul, il n’a plus besoin de la stricte organisation qui caractérise la vie de lycéen. Il a une bourse et gère son budget financier tout seul. Dans certains pays, la Belgique par exemple, le baccalauréat est remplacé par ce qui est appelé un examen de maturité. En outre, en accédant aux études supérieures, le sujet s’engage dans un processus qui fera de lui le citoyen qui a aura pris conscience de l’importance du rôle qu’il aura à jouer pour bâtir son avenir et pour participer l’édification du destin commun. L’échec à cet examen ne lui interdit donc pas seulement l’accès à des études universitaires, il le prive aussi de son entrée dans la communauté des adultes. lire la suite…

Les violences conjugales faites aux femmes : le point de vue du psychiatre 24 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres conférences , ajouter un commentaire

Un colloque nationale sur les violences conjugales faites au femmes se tiendra le 12 et le 13 juin 2013 à l’auditorium de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Un colloque organisée à l’initiative du laboratoire de recherche Mondialisation et Droit national (Lamod) de la faculté de droit de l’université. Des spécialistes d’horizons professionnels différents interviendront durant ces deux journées. Des juristes, des médecins, des psychologues, etc. C’est dans ce cadre qu’il m’ a été demandé de donner le point de vue du psychiatre. Un exercice auquel je me prêterai volontiers. Voici en quoi consistera mon propos.

Les femmes victimes de violences conjugales ne s’adressent pas en première intention au psychiatre. Elles consultent d’abord le médecin somaticien pour soigner les séquelles des sévices physiques qu’elles ont subis, ou chez le médecin légiste pour obtenir un certificat médical descriptif. Pourtant quand les «  bleus au corps » se sont estompés, les « bleus à l’âme » marquent – par leur persistance ou leur indélébile cicatrice – la vie psychique de ces femmes. Et c’est bien plus tard, après plusieurs épisodes de bleus au corps, que ces personnes viennent au psychiatre pour dire leur souffrance.

Une souffrance profonde qui vient, non seulement, des agressions conjugales dont elles sont l’objet mais surtout d’une violence sociale insidieuse qui en fait un bouc émissaire permanent, parce que maillon faible d’une société dont le fonctionnement et les mécanismes régulateurs restent dominés par des archaïsmes traditionnels et un patriarcat bien souvent validés par l’ordre institutionnel. Une souffrance « historique » qui exige silence et résignation, et qui prend son origine, sans doute aussi sa légitimité, de l’aube de l’humanité.

« C’est ton frère que Dieu te le garde ». Qui ne connait pas cette phrase ? La réponse de la mère de Fouroulou (Le fils du pauvre, Mouloud Feraoun) à la sœur de ce dernier, quand elle avait été se plaindre de son frère cadet qui venait de la battre. Une expression d’apparence anodine, pourtant lourde de sens et chargée – ce que voulait montrer l’écrivain – du pesant fardeau de l’implacable violence symbolique (P. Bourdieu) qui caractérise notre société. L’apprentissage de l’homme en devenir à la domination de la femme et l’éducation de la petite fille à sa soumission future et inconditionnelle au mâle. lire la suite…

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