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La lutte contre le charlatanisme doit constituer une priorité de l’Etat, de tous les instants. 20 décembre, 2016

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Entretien paru aujourd’hui 20 décembre 2016, sous la plume de Farid Belgacem, dans le quotidien national d’information Liberté

1 – La fermeture annoncée d’une clinique agrée par l’Etat et spécialisée dans la Rokia à Relizane vient s’ajouter au scandale du complément alimentaire Rahmat Rabi. Pourtant, il y a eu un grand engouement des Algériens. Qu’en pensez-vous docteur ?

Je dois d’abord préciser qu’il ne s’agit pas d’une clinique. Appelez cela comme vous voulez mais de grâce ne validez pas ce type de dérive en utilisant un vocable inapproprié pour désigner cet endroit. La sémantique est ici fondamentale. Il s’agit de la santé des citoyens et en l’occurrence la personne qui a ouvert cet espace n’est pas un professionnel de la santé. Il n’est pas un médecin. S’il prétend soigner des personnes, il s’engage dans rien d’autre que la pratique illégale de la médecine. C’est un usurpateur de titre, un imposteur. La loi est claire à ce sujet. Elle doit s’appliquer dans toute sa rigueur. Il faut fermer cet endroit, c’est clair, et poursuivre en justice les individus qui sont impliqués dans cette entreprise. Je crois comprendre selon ce que vous dites que la fermeture de ce lieu est en cours. Tant mieux.

Mais je dois dire tout de même qu’il est pour le moins étonnant que ce personnage ait fait autant de publicité autour de son entreprise alors qu’il aurait eu, il y a quelques mois des démêlées avec la justice, pour ses pratiques. Il aurait donc été « autorisé » à reprendre son activité malgré ce qui s’était produit. Quelque chose ne va pas, vous en conviendrez. L’ordre institutionnel, l’autorité de l’Etat n’a pas l’air d’avoir fonctionné. lire la suite…

Le charlatanisme reprend possession de notre société 19 décembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

« Le génie a besoin d’esprit… une société qui n’a pas de génie est vouée à la disparition ».
Un père de famille me parlant, hier, de sa fille malade dit qu’elle est possédée.
« Quand sa crise la prend, elle est déchainée, elle est forte et parle comme un homme.
C’est l’homme qui l’habite qui parle à sa place ».
Je l’écoute avec intérêt.
Un discours que j’entends souvent, un discours, auquel nous psychiatres, sommes habitués.
Comme s’il n’avait pas réussi à me convaincre, ce bon père de famille ajoute.
« D’ailleurs j’ai fait une photo d’elle quand elle était agitée, eh bien docteur, sur la photo c’était un homme que je voyais ».
Avec son smartphone.
Je lui dis alors: « vous êtes sûr de ce vous dites, monsieur? Sur la photo c’était bien un homme que vous avez vu ».
« Oui, docteur » et de jurer par tous les saints de la région.
C’était trop.
Je ne l’avais pas encore entendue, celle là.
Je lui demande de me montrer la photo.
« Ah! C’est dommage docteur, je l’ai effacée ».
Ce bon père de famille était de bonne foi, je veux dire de bonne conviction, peut-être qu’il est plus exact de dire de bon obscurantisme.
Il a peut-être eu l’illusion de voir un homme.
C’était son désir. Il a pu le réaliser.
L’illusion.
Ce n’est pas un fanatique, ce monsieur.
Il n’avait pas l’air obtus, non plus.
Il voulait juste me dire que ce qui est arrivé à sa fille est extraordinaire et que cela n’est pas de la faute de la malade, ni de sa faute à lui, ni celle de sa famille.
La faute est extérieure, un hypothétique ennemi qui est venu s’installer dans sa fille.
Une espèce de squat.
La jeune demoiselle qui revenait me voir pour la deuxième fois était beaucoup mieux, elle était très bien, de l’avis même de son père.
Elle écoutait celui-ci d’un air amusé.
Elle savait très bien qu’il n’y avait rien de ce qu’il était entrain de raconter.
Elle avait enduré des pressions familiales difficiles à assumer.
Elle avait étouffé.
Les désordres psychologiques qu’elle a présentés ont servi de soupape de sécurité.
Cette petite histoire est, si je puis dire, ordinaire dans notre société.
Des croyances, une pensée magique, des vestiges des temps anciens, des ténèbres de l’ignorance.
Aujourd’hui, la lumière du savoir est là.
J’ai l’inquiétante impression que notre société la refuse obstinément.
Elle sortait doucement mais sûrement des ténèbres de l’ignorance et était en passe de s’engager dans la voie de la connaissance et de la lumière.
Soudaincoup (?), elle (notre société) s’arrête.
Un moment d’hésitation puis elle s’engage résolument sur le chemin du charlatanisme.
Les guides sur ce chemin sont légions, ils savent y faire. Ils ont déjà préparé les destinations.
Des cliniques…
Il semble que l’une d’elle vient d’ouvrir ses portes en grandes pompes…à l’ouest du pays.
Ne me demandez pas, dans vos commentaires, ce qu’il faut faire.
Je ne sais pas.
Ne me demandez pas non plus ce que font nos responsables.
Ils ne font rien. Ou plutôt si, ils poussent le peuple à l’ignorance.
Parce qu’un peuple ignorant est sans génie.
Une société sans génie n’est pas.
Le pouvoir en profite.

Le nouveau texte de la loi relative à la santé déjuge le décret exécutif 92-276 portant code de déontologie médicale 29 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée ce jour, 29 novembre 2016, dans le quotidien national d’information Liberté.

Le conseil de l’ordre des professions médicales – médecins, chirurgiens dentistes et pharmaciens – est né au début des années 90. Une concession qui a été arrachée – au forceps – aux pouvoirs publics hostiles alors à toute forme d’organisation professionnelle qui ne s’inscrivait pas dans le sillage de l’article 120 des statuts du FLN, parti unique, parti Etat. Qu’à cela ne tienne, le pouvoir a, à la faveur de l’ouverture démocratique, décidé de s’accommoder des ordres professionnelles et a donné son consentement à la création de celui des médecins. Le décret exécutif N° 92-276 portant code de déontologie médicale est promulgué en date du 06 juillet 1992. Depuis, tant bien que mal, les conseils régionaux et le conseil national de l’ordre essaient d’exister et de travailler à l’organisation des corporations. Il faut bien reconnaître que les trois corps professionnels, médecins, chirurgiens dentistes et pharmaciens, désabusés et démobilisés, boudent cette organisation. Les pouvoirs publics ne sont pas en reste puisque le ministère de la santé et ses démembrements au niveau des wilayas – les directions de la santé -  ne lui facilitent pas les choses. lire la suite…

Un entretien accordé à Farid Belgacem, journaliste au quotidien Liberté. 27 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : interviews , 1 commentaire

Farid Belgacem, journaliste au quotidien Liberté a réalisé un dossier sur les derniers séismes qui ont secoué la région de Médéa. Dans quelles conditions psychologiques les élèves, candidats au baccalauréat, ont passé les épreuves? Sachant que les sujets ont été durement traumatisés par, d’une part, ce phénomène naturel qu’est le tremblement de terre, et qu’ils sont d’autre part très fortement affectés par la fraude massive qui a entaché cet examen. Ce que j’ai essayé d’expliquer dans cet entretien. Pour des impératifs d’espace, la rédaction du journal a réduit, avec mon accord, la longueur de mon propos. Je livre aux lecteurs de mon blog son intégralité.

1 – Les candidats au baccalauréat 2016 dans la localité de Mihoub, à Médéa, se trouvent toujours dans un état de choc après le séisme du 29 mai dernier. Après une première épreuve déjà très difficile, ils sont appelés à refaire le baccalauréat à Médéa et à Blida, sachant que toutes les écoles de Mihoub ont été détruites. Comment ces facteurs pourraient-ils influer sur les candidats ?

Je ne sais pas si les candidats au baccalauréat, dans cette localité de Mihoub, sont vraiment dans un état de choc. Si c’est le cas, cela veut dire que ces élèves sont en proie à un malaise, à une détresse profonde et qu’ils sont dans l’attente angoissante d’un autre séisme dont l’imminence est proche. Voilà une situation intenable qui ne peut pas ne pas avoir une influence néfaste sur les capacités intellectuelles de ces élèves. Il m’est personnellement difficile d’imaginer comment peut être organisé, dans de telles conditions, un examen aussi déterminant que le baccalauréat, sans risquer de réduire substantiellement les chances de succès de ces élèves.

Faut-il souligner que cet examen est à lui seul un concentré de doutes, d’inquiétudes et de questionnements concernant l’avenir. Le baccalauréat n’est pas une composition ordinaire comme celles qu’un élève subit durant toute sa scolarité. Il est certes une épreuve scolaire qui ouvre au sujet les portes de l’université, mais il est aussi une espèce de passage initiatique, un rite symbolique, qui confère à l’élève un statut différent; il devient adulte. Une étape sociale, un droit d’accès à la maturité. Tous les regards sont tournés vers lui, il est le centre de l’intérêt de la famille, il ne doit pas décevoir. Il est face à un challenge. « Avec le bac en poche », il n’est plus l’élève, l’enfant; il est l’étudiant, l’adulte responsable. De ce point de vue, il n’est pas un hasard si, à l’université, l’initiative de l’organisation du travail est laissée à l’entière appréciation du sujet. Il est « assez grand » pour se débrouiller seul, il n’a plus besoin de la stricte organisation qui caractérise la vie de lycéen. Il a une bourse et gère son budget financier tout seul. Dans certains pays, la Belgique par exemple, le baccalauréat est remplacé par ce qui est appelé un examen de maturité. En outre, en accédant aux études supérieures, le sujet s’engage dans un processus qui fera de lui le citoyen qui a aura pris conscience de l’importance du rôle qu’il aura à jouer pour bâtir son avenir et pour participer l’édification du destin commun. L’échec à cet examen ne lui interdit donc pas seulement l’accès à des études universitaires, il le prive aussi de son entrée dans la communauté des adultes. lire la suite…

Les violences conjugales faites aux femmes : le point de vue du psychiatre 24 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres conférences , ajouter un commentaire

Un colloque nationale sur les violences conjugales faites au femmes se tiendra le 12 et le 13 juin 2013 à l’auditorium de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Un colloque organisée à l’initiative du laboratoire de recherche Mondialisation et Droit national (Lamod) de la faculté de droit de l’université. Des spécialistes d’horizons professionnels différents interviendront durant ces deux journées. Des juristes, des médecins, des psychologues, etc. C’est dans ce cadre qu’il m’ a été demandé de donner le point de vue du psychiatre. Un exercice auquel je me prêterai volontiers. Voici en quoi consistera mon propos.

Les femmes victimes de violences conjugales ne s’adressent pas en première intention au psychiatre. Elles consultent d’abord le médecin somaticien pour soigner les séquelles des sévices physiques qu’elles ont subis, ou chez le médecin légiste pour obtenir un certificat médical descriptif. Pourtant quand les «  bleus au corps » se sont estompés, les « bleus à l’âme » marquent – par leur persistance ou leur indélébile cicatrice – la vie psychique de ces femmes. Et c’est bien plus tard, après plusieurs épisodes de bleus au corps, que ces personnes viennent au psychiatre pour dire leur souffrance.

Une souffrance profonde qui vient, non seulement, des agressions conjugales dont elles sont l’objet mais surtout d’une violence sociale insidieuse qui en fait un bouc émissaire permanent, parce que maillon faible d’une société dont le fonctionnement et les mécanismes régulateurs restent dominés par des archaïsmes traditionnels et un patriarcat bien souvent validés par l’ordre institutionnel. Une souffrance « historique » qui exige silence et résignation, et qui prend son origine, sans doute aussi sa légitimité, de l’aube de l’humanité.

« C’est ton frère que Dieu te le garde ». Qui ne connait pas cette phrase ? La réponse de la mère de Fouroulou (Le fils du pauvre, Mouloud Feraoun) à la sœur de ce dernier, quand elle avait été se plaindre de son frère cadet qui venait de la battre. Une expression d’apparence anodine, pourtant lourde de sens et chargée – ce que voulait montrer l’écrivain – du pesant fardeau de l’implacable violence symbolique (P. Bourdieu) qui caractérise notre société. L’apprentissage de l’homme en devenir à la domination de la femme et l’éducation de la petite fille à sa soumission future et inconditionnelle au mâle. lire la suite…

Violences faites aux femmes, une interview au quotidien « le Citoyen ».

Posté par docteurboudarene dans : interviews , ajouter un commentaire

Cet entretien a été réalisé par Samia Acher du quotidien national d’information « Le Citoyen ». Il a paru en date du mercredi 9 décembre 2015, une journée avant l’adoption, par le sénat, du projet de loi criminalisant les violences à l’encontre des femmes.

1 – Quelles sont les causes de la violence envers les femmes ?

Je pense qu’il faut évoquer non pas les causes mais les origines de la violence faites aux femmes. De ce point de vue, celle-ci – la violence faite aux femmes – remonte à l’aube de l’humanité, à partir de laquelle cette violence tire sa légitimité. En effet, à leur origine, les sociétés humaines considéraient la femme comme un bouc émissaire et en faisaient un objet sacrificiel; une violence sacrée qui avait pour objectif de conjurer celles – les autres violences – qui pourraient mettre en danger de disparition la communauté. Si les sociétés humaines ne procèdent plus, de nos jours, au sacrifice de la femme, cette dernière n’en est pas moins le maillon faible. Elle conserve dans l’organisation des sociétés traditionnelles un rang inférieur à celui de son homologue masculin et continue d’être l’objet de toutes sortes de violence plus ou moins apparentes. lire la suite…

Qui se souvient de l’article 120 ? 21 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Qui se souvient de l’article 120?
Les personnes de ma génération sans doute, mais les jeunes ne l’ont pas connu.
Peut-être faut-il le leur apprendre? Why not?
Je me jette à l’eau et je prends le risque.
Il était redoutable cet article. Il était tellement redoutable que tout le monde le craignait.
Il incarnait une autorité invisible.
Il se dressait au dessus de toutes les têtes de ceux qui voulaient – ou qui pensaient seulement – respirer, mettre la tête hors de l’eau, s’organiser.
C’était la terreur, c’était le parti unique, la pensée unique.
Personne, absolument personne, ne pouvait tenter de bouger ou de faire bouger les choses en Algérie sans en référer à l’article 120 et…au FLN (le Front de Libération National).
C’était l’héritier, le nouveau propriétaire de notre pays, quand les anciens – je veux dire les colons – ont été chassés.
L’article 120?
C’est le sens interdit.
C’est ce qu’il ne faut pas franchir, c’est le prohibé.
Non! C’est l’illicite, le non légitime. Au bout c’est la condamnation.
Sa transgression pouvait mener loin, très loin, jusqu’à disparaitre.
Des disparus, sans laisser de traces, il y en a eu.
L’article 120, c’est ceci:
 » Le parti du Front de Libération Nationale joue un rôle d’impulsion. d’orientation et de contrôle vis-à-vis des organisations de masse. Sans se substituer à elles ou affaiblir leurs capacités d’initiative. Ne peut assumer des responsabilités au sein des organisations de masse que celui qui est militant structuré au sein du parti. Le Comité central arrêtera les étapes d’application de ce dernier principe» .
C’est l’article phare, vedette, des statuts du FLN – le parti unique, le parti Etat -, adopté par le congrès extraordinaire de 1980.
C’était sous Chadli.
L’article 120?
Une chape de plomb qui venait de « tomber » sur le pays.
Aucune organisation sociale, de la société civile, n’était possible si elle n’est pas sous le contrôle du FLN.
Autrement dit, personne ne peut prétendre créer une organisation, une association…s’il n’est pas militant du FLN et si cette organisation n’est pas sous le label de « organisation de masse ».
Comme nous ne faisons rien à moitié dans notre pays et que nous sommes dans cet état d’esprit, cet article a été poussé à son extrême.
Alors, personne ne pouvait prétendre accéder à un poste de responsabilité dans l’administration, dans les entreprises publiques…s’il n’émarge pas au FLN.
C’était dur, très dur, pour tous.
Il fallait donc signer son allégeance au parti unique même si on adhère pas à son idéologie.
Il fallait bien travailler et accéder à la responsabilité!
Et puis, il y a des privilèges, c’est tentant.
Il faut se laisser tenter. Ils l’ont fait, certains du moins.
Aujourd’hui, on nous dit que le FLN n’est plus le parti unique.
Je ne sais pas si l’article 120 a disparu des textes de ce parti.
Dans les faits, il existe toujours.
Puisqu’il faut toujours faire allégeance pour accéder à la responsabilité.
L’allégeance a peut-être changé de maître, ce n’est plus tout à fait au FLN, tout seul, qu’elle est due.
Il partage, il sous-traite, mais il ne veut pas lâcher.
La légitimité historique est encore son alliée objective.
La responsabilité est une propriété privée.
Elle est distribuée par le (s) propriétaire (s) selon quelque chose – chacun peut deviner de quoi est faite cette chose – qui rappelle le tristement célèbre article 120.
Une pensée particulière aux jeunes. Ils en sont les victimes aujourd’hui.
En espérant qu’il ne désespéreront pas de leur pays et qu’ils continueront à l’aimer, malgré toutes les maltraitantes qu’on leur fait subir.
L’article 120 pour eux signifie, chômage, emplois précaires et pré-emploi, insécurité, mal vie et indignité…

Conjecture d’été 18 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Ce texte a été publié le samedi 09 août 2014, dans le quotidien national d’information Liberté dans la rubrique contributions. Je le dédie aujourd’hui à tous les martyrs qui ont donné leur vie pour libérer notre pays du joug colonial.

« Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace… ». Un extrait du discours prononcé par Georges Jacques Danton – un des artisans et figure emblématique de la révolution française de 1789 – pour lever la résistance du peuple contre l’ennemi, quand la France a été en danger et qu’elle a été envahie par les anglais à l’été 1792.

C’est cette audace qui a, sans doute, animé – un siècle et demi plus tard – l’esprit des 22 quand ils ont rédigé la proclamation du premier novembre 1954 et qu’ils ont décidé – pour libérer leur patrie, l’Algérie – de mener une guerre sans merci à l’occupant colonialiste français. Une audace qui n’a pas été vaine et « qui a payé », quand bien même les souffrances endurées par le peuple algérien, durant sept longues années de guerre, ont été difficilement supportables.

L’appel du premier novembre – sans détour dans la formulation de son objectif – avait une double ambition. Susciter, d’une part, l’adhésion de tout le peuple algérien à la démarche et réduire, d’autre part, les clivages politiques qui avaient paralysé, depuis de nombreuses années, le mouvement national en appelant à l’unité de tous les militants autour de la cause sacrée. lire la suite…

La médecine est-elle encore gratuite en Algérie? 14 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cet article a été publié dans El Watan, édition du samedi 17 mai 2008

Cette question amène une autre plus pertinente. Est-ce que les pouvoirs publics veulent toujours une médecine gratuite pour les citoyens ? Voilà la bonne question, que Mr Amar Tou, ministre de la santé et de la population, devrait se poser, poser à son gouvernement et poser enfin aux parlementaires algériens. Cette question soulève un problème de fond que les pouvoirs publics éludent, avec beaucoup d’hypocrisie, depuis plusieurs années. Celui de la nécessité de repenser le système de santé et partant de remettre en cause le bien fondé de la médecine gratuite. Autrement dit, veut-on sauvegarder ou non cette dernière survivance de la politique socialisante des années 70 ?

lire la suite…

La violence sociale en Algérie : des éléments pour comprendre son émergence. 5 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres conférences , ajouter un commentaire

I – INTRODUCTION.

La violence est devenue banale, ordinaire, dans notre pays. Elle s’est emparée du corps social et est devenue structurelle. Cela doit inquiéter au plus haut point et interpeler la société et les pouvoirs publics, car la loi et l’autorité ne constituent plus un obstacle à la montée de la violence et au passage à l’acte agressif.

Il est indéniable que notre société est aujourd’hui à bout de nerf et que les algériens ont l’agressivité à fleur de peau. Les individus se promènent avec des gourdins dans les voitures, des couteaux dans les poches, des sabres sous les kechabias. Le passage à l’acte violent semble inscrit dans le projet des individus, il est d’une certaine façon prémédité. La violence est là, elle est à l’affût et n’attend que l’occasion pour se manifester. Parce que le dialogue n’est plus possible entre les uns et les autres, l’agressivité est devenue la voie privilégiée de résolution des conflits.

Un différend insignifiant – une dispute d’enfants, un litige de voisinage, un incident sur la voie publique – donne lieu à une rixe, à un pugilat ou encore à une bataille rangée; des situations où les sujets laissent libre cours à leur hostilité sans imaginer un seul instant la portée de leurs actes.

Des comportements qui montrent que le lien social est dissolu, que les mécanismes régulateurs qui organisent la vie en communauté sont inopérants et qu’ils ne constituent plus un rempart à l’émergence de la violence. Toutefois, il est une erreur de penser que c’est là une spécificité de l’Algérie, une espèce d’atavisme propre à notre société. L’algérien n’est pas agressif de naissance, violent ou encore dangereux, comme il est répété ici ou là. Les circonstances, la vie qu’il mène, l’ont conduit à le devenir. lire la suite…

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