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« La mixité sexuelle à l’école est la cause N°1 de la violence scolaire ». 11 mars, 2017

Posté par docteurboudarene dans : Non classé , ajouter un commentaire

« La mixité sexuelle à l’école est la cause N°1 de la violence scolaire ».
Un médecin a écrit cela dans une affiche qui annonce la conférence qu’il va donner à Alger, à ce sujet.
Il ajoute « diagnostic et traitement ».
Rien que ça.
La violence scolaire serait donc une maladie qu’il a déjà diagnostiquée.
Fastoche. Elle est là, cette violence, elle saute à la figure.
Nous l’avons en plein dans la gueule.
C’est un constat.
Dans sa conférence, ce médecin a proposé son traitement.
Normal, c’est un médecin et il a un grand savoir.
Si on se fie à ce qu’il a écrit sur cette annonce, le traitement est déjà tout trouvé.
La cause est connue, la mixité scolaire.
La « messe est dite ».
Il faut l’éradiquer, cette mixité sexuelle.
Il va donc interdire la proximité des filles et des garçons dans les salles de classes de nos écoles.
Ainsi, nos filles et nos garçons ne pourront plus être côte à côte sur les bancs de nos écoles.
Ils seront désormais des étrangers – et un mystère – les unes pour les autres.
Il propose un apartheid scolaire.
Il va mettre les filles au fond de la classe, derrière les garçons.
Une relégation.
Si elles n’apprennent pas, ce n’est pas grave.
Les filles n’ont pas besoin d’apprendre.
Au fond, il vaut mieux créer des salles de classe dédiées spécialement pour les filles, avec, bien sûr, des enseignants de sexe féminin.
Déporter les petites filles dans un ghetto sexuel.
Pourquoi pas?
Au point où en est l’idée…
Mais ne serait-il pas mieux de faire des écoles de filles?
Loin, très loin, de celles des garçons.
Cela va coûter un peu d’argent mais ce n’est rien ça.
Par ce temps de crise économique, cela peut attendre.
Les écoles seront construites plus tard, les filles vont rentrer à la maison et attendre.
Ou alors, décider de ne plus scolariser les filles. Cela se fait ailleurs, cela existe et elles n’en sont pas mortes.
Plus d’écoles pour les filles, plus de violence scolaire.
Voilà la solution!
Après tout, si les filles ne vont pas à l’école, ce n’est la fin du monde.
En tout cas du monde des garçons et…des hommes.
De toute façon, les filles seront plus tard interdites de l’espace public.
Cela va de soi.
Vous voyez, avec une telle idée, la solution à la violence scolaire est évidente.
La petite fille est coupable de la situation. Il faut l’éloigner du garçon pour qu’il ne devienne pas violent.
Pas besoin réflexion sur le sujet et pas besoin de conférence, ni de débat.
Du temps perdu.
Cette manifestation prendra l’allure d’un prêche.
Cela change tout, bien sûr.
Il ne sera pas question d’interrogations, de réflexion, de débat.
L’orateur va parler de vérités et de principes.
Il assénera des certitudes.
Un dogme.
Ce ne sera plus la même chose.
Des vérités qui ne seront évidemment pas sujettes à discussions.
Et pour cause, elles seront drapées des oripeaux de la religion.
Ainsi, si la petite fille est responsable de la violence à l’école, celle – la violence – plus générale qui s’est emparée de notre société est de la faute de la femme.
Il faut donc chasser celle-ci de l’espace public.
Il faut la cloitrer, la bannir.
Elle ne doit surtout pas travailler, conduire, fréquenter les magasins, être dans la rue à flâner et prendre l’air.
Il faut lui interdire de respirer.
Alors, les agressions, les meurtres, les viols, les enlèvements d’enfants et tous les autres fléaux de la société dont elle est responsable vont disparaitre.
Si la mixité doit être supprimée de notre système scolaire, alors la mixité dans l’espace public doit être proscrite à perpétuité.
Vous savez tous, du moins j’espère, que la violence scolaire comme la violence sociale d’ailleurs n’ont rien à voir avec la proximité des deux sexes dans l’espace scolaire et/ou public.
Une proximité naturelle qui est – de mon point de vue – d’un bénéfice certain.
Il faut chercher ailleurs les raisons à l’émergence et à la progression de cette violence.
Le sujet de sexe féminin ne doit pas en être le bouc émissaire ou la victime expiatoire.
Je ne veux pas croire qu’un cerveau intelligent est capable de faire un tel raccourci.
Une pensée pareille ne peut être que le produit d’un esprit charlatan ou fanatique.
Le titre de médecin ne doit pas tromper. Beaucoup de de ceux-ci se sont – par les temps qui courent – abimés dans la mystification et l’imposture.
Le climat social et politique dans notre pays s’y prête, il invite même à ce type de comportement.
C’est là – dans ce climat social et politique, dans la gouvernance – qu’il faut aller chercher les raisons à l’émergence de la violence dans notre pays.
Un véritable cauchemar!

Le 8 mars, une parodie de liberté? 9 mars, 2017

Posté par docteurboudarene dans : Non classé , ajouter un commentaire

Le 8 mars a plié bagages et est rentré chez lui.
Oust! Fissa! Circulez, il n’y a plus rien à voir.
Plus personne n’a rien à cirer non plus…du 8 mars.
Les hommes surtout mais les femmes aussi, pour beaucoup.
Le 9 est là.
Et alors?
Au fond, le 8, le 9, le 10 mars ou même le 20 décembre, qu’est-ce que cela change?
Rien.
Réflexion faite, peut-être si!
La gueule de bois après la fête, après la parodie.
Une gueule de bois sans avoir eu les bulles…
Vous savez? Les bulles qui montent à la tête.
Celles qui donnent l’illusion.
L’illusion d’être libre.
Il parait que la liberté rend ivre, elle fait perdre la raison.
Elle fait perdre le sens des réalités, elle fait prendre ses aises.
Elle fait croire…
L’ivresse de l’homme? Ca peut aller, mais celle de la femme!
Jamais.
La femme ne doit pas connaitre l’ivresse, en tout cas pas celle de la liberté.
Surtout pas en public.
Parce que l’ivresse en public est contagieuse.
Elle peut contaminer les autres femmes et leur donner cette illusion… de liberté.
Mais c’est surtout la contagion de l’homme qui est à craindre.
Il ne faut pas que l’homme ait l’illusion que la femme est libre.
Il peut se faire des idées.
Fausses…
Alors, c’est la gueule de bois garantie.
L’erreur, le péché…
Vous vous rappelez? Le péché originel.
Alors dressons le mur, le rempart.
Pour autant, la femme est dans le besoin permanent de l’illusion. L’homme n’en demande pas moins.
C’est dans la nature de l’un et de l’autre.
Le besoin de l’illusion, le besoin du rêve, de l’évasion, de la chimère.
Elle aime le Khol.
Il aime l’alcohol…l’alcool avec ou sans les bulles.
L’illusion…dans la langue arabe.
Vous le saviez ça?
Khôl, alcohol, même mot, même chose, même interdit.
L’un et l’autre sont proscrits.
Parce que tous les deux trompent. Ca trompe même énormément.
Enfin, c’est ce que les bonnes consciences, celles qui ne sont jamais dans l’illusion, disent.
Des consciences toujours lucides, qui ne se trompent pas et qu’on ne peut jamais tromper.
Des consciences qui veillent au grain, des gardiennes, des matons.
Celles qui pensent que la liberté monte à la tête et qu’elle corrompt les esprits.
Les consciences qui décident pour nous et qui disent qu’il faut l’enchainer, cette liberté.
Qu’il faut réduire au silence la liberté de la femme, parce que celle là est particulièrement corruptrice.
Parce que l’ivresse qu’elle procure est trop violente et qu’elle pervertit l’esprit de l’homme.
Il se trouve que les bonnes consciences sont des hommes.
Ceux là sont les gardiens du temple, ils veillent.
Il ne faut pas les débaucher, enfin pas entièrement.
La liberté est subversive et l’ivresse qu’elle procure gangrène la vie sociale.
Ce n’est pas bien, il ne faut pas.
Les meurs, la morale, la religion, tout cela ne doit pas être perturbé.
C’est pourquoi, il faut interdire à la femme d’être libre.
Il faut protéger la société de ce fléau qu’est la liberté et de cet être séducteur, séditieux, finalement malfaisant, qu’est la femme.
D’ailleurs, il faut la prémunir contre elle même.
Il faut les enfermer tous les deux.
Elle faut écrouer la femme et incarcérer la liberté.
Il faut faire de leur vie un pénitencier.
Les pénitenciers! Il y en a de très durs et des goeliers très féroces.
C’est le cas de ceux que nous avons ici.
Nous? Nous ne faisons rien dans le détail.
Il faut faire de notre vie un enfer. Le paradis est pour après.
C’est promis.
Alors, le 8 mars!
Une simple petite promenade quotidienne dans la cour de la prison

8 mars, journée internationale de la femme. 8 mars, 2017

Posté par docteurboudarene dans : Non classé , ajouter un commentaire

Aujourd’hui 8 mars.
C’est la journée internationale de la femme.
Un événement qui n’en est plus.
De plus en plus…
Un jour de commémoration qui s’est égaré en cours de route et qui ne sait plus où il en est.
En tout cas par ici, sous nos cieux.
Ce jour n’est plus qu’un jour festif et beaucoup n’en connaissent même pas la signification.
Un jour de folklore.
Un jour symbolique qui n’a plus sa substance.
Un jour qui a perdu son sens.
N’est-ce pas plutôt l’occasion pour rappeler à l’humanité – masculine notamment mais aussi à toutes ces femmes qui célèbrent leur soumission à l’homme – que la femme est toujours frappée de discrimination partout à la surface de la planète?
Le 8 mars n’est pas un jour funeste, loin s’en faut et ce n’est pas ce que je veux dire.
Mais il ne peut pas – pas encore – être un jour de fête.
C’est mon point de vue.
Je pense que de là où elles sont, Rosa Luxembourg et toutes les femmes qui se sont battues pour s’émanciper de la domination de l’homme, crient au scandale chaque 8 mars.
Sans doute, la femme a arraché des droits et s’est, dans certaines sociétés, hissée à la même – presque la même – hauteur que son homologue masculin.
Toutefois, beaucoup de chemin reste à faire.
Chacun en conviendra.
Les violences de diverses natures que les femmes subissent de par le monde sont là pour nous rappeler son statut.
Il n’est pas utile de faire ici l’inventaire des violences et des discriminations dont la femme est toujours victime.
La liste est longue.
Quand à la condition de la femme dans notre pays…
Le code de la famille, par ses articles 11 et 12 notamment, l’enchaîne et en fait une mineure à perpétuité.
Un texte de loi – ce code de la famille – qui viole l’article 32 de la constitution :
 » Les citoyens sont égaux devant la loi, sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour cause de naissance, de race, de sexe, d’opinion ou de toute autre condition ou circonstance personnelle ou sociale ».
Point d’égalité chez nous.
Rien de tout cela et le poids de ce code de la famille est dans tous les esprits, même dans celui de nos responsables.
Les femmes algériennes se rappelleront sans doute longtemps les propos de la ministre algérienne de la solidarité nationale, de la famille et de la condition féminine qui avait – il y a à peine quelques semaines – suggéré aux femmes mariées qui travaillent de faire don de leur salaire à l’état.
« Nous, les femmes cadres, avons des maris qui subviennent à nos besoins », avait-t-elle argumenté.
Deux message dans ce propos.
La femme ne doit pas travailler et elle doit rester sous la dépendance de l’homme.
Et c’est une ministre de la république qui le dit.
Un discours qui montre que le chemin vers l’émancipation de la femme est encore long.
Mais la ministre de la solidarité et de la condition féminine n’est pas la seule à penser que la femme doit dépendre de son mari.
Le poids des traditions et de la religion est trop lourd pour être soulevé par les femmes seules.
Elles ont besoin de l’aide de la décision politique.
Des décisions politiques, il en faut.
Celles-ci nécessitent beaucoup de courage et de détermination.
Des caractéristiques qui manquent aux décideurs de notre pays.
Ce sera peut-être demain la veille de l’arrivée de celui (de ceux) qui décideront.
Qui sait?
Le 8 mars est donc – pour le moment – un mensonge trompeur.
Plus que jamais dans notre pays.
Un vaudeville de mauvais goût… qui ne doit pas détourner l’attention de l’essentiel.
Festoyer étant ici accessoire.
L’essentiel, chez nous, est au moins l’abrogation du code de la famille et l’application pleine et entière des commandements de la loi fondamentale, la constitution.
L’égalité pleine et entière entre les deux sexes.
Faisons alors – femmes et hommes, ensemble – du 8 mars l’occasion pour revendiquer le respect de la constitution par tous les moyens pacifiques que permet la loi de notre pays.
Indignons nous de cette infamie qui frappe plus de la moitié de la population de notre pays.

Le député algérien, bouc émissaire ou alibi démocratique? 18 février, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cet article a été publié, en date du 16 octobre 2011 dans le quotidien national d’information Liberté, sous le titre: « le député, ce mal aimé des algériens ». Je pense qu’il n’est pas inintéressant, compte tenu des circonstances, de le proposer aujourd’hui aux lecteurs de mon blog. Chacun peut imaginer les conditions dans lesquelles seront organisées les élections législatives de mai prochain. Chacun sait aussi que le citoyen y sera, comme à l’accoutumée indifférent. La configuration de l’Assemblée qui va se dessiner ne fera qu’accentuer le divorce entre le citoyen et la politique. La pléthore des partis politiques et des listes qui se bousculent à la porte de l’Assemblée nationale sont les raisons de la désaffection de la population. La crainte récurrente des pouvoirs publics d’un boycott de l’élection me paraît, à ce titre, justifiée. Le député est réputé inconsistant sur le plan politique et vorace quand il s’agit de sauvegarder ses intérêts; l’institution parlementaire est, quant à elle, définitivement discréditée. 

Voici la contribution telle qu’elle avait été publiée.

La session parlementaire en cours sera, sans doute, la dernière de cette législature. Dans les chapelles politiques, la bataille a déjà commencé pour se positionner, dans la perspective des législatives à venir, en bonne place sur les listes électorales.

Pour autant, de nombreux projets de lois doivent être votés avant la fin de cette session, particulièrement ceux en rapport avec les réformes que veut faire passer le président de la République : le projet de loi relatif au régime électoral, ceux relatifs aux partis politiques, aux cas d’incompatibilité avec le mandat parlementaire, à la représentation des femmes dans les assemblées élues, etc., et, bien sûr, la loi de finances 2012. Au total, une douzaine de projets devront être votés.

Un volume de travail auquel ne sont pas habitués nos députés, mais qui n’explique pas la fébrilité particulière qui s’est, à l’entame de cette session d’automne, emparée de l’Assemblée nationale. Une nervosité dont l’origine n’est pas à relier à l’importance du travail qui attend les parlementaires. Et pour cause, il y a plus préoccupant… Le renouvellement de l’Assemblée nationale est dans quelques mois. Il faut s’y préparer, les élus de la nation concentrent déjà toute leur attention et toute leur énergie en direction de cet objectif. Un statut enviable et une position sociale convoitée. S’y maintenir est la fin qui justifiera les moyens, d’autant que les projets de loi dont il est actuellement question peuvent chahuter les ambitions de chacun et constituer un danger potentiel qu’il va falloir conjurer.

lire la suite…

Abderahmane Bouguermouh, le réalisateur du film amazigh « la colline oubliée », est mort. 3 février, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Abderahmane Bouguermouh, le réalisateur du film amazigh

Abderahmane Bouguermouh vient de s’en aller. Il est parti discrètement… comme il a vécu d’ailleurs, tout aussi discrètement malgré le succès indéniable qu’il a eu après la réalisation de son film « la colline oubliée », une histoire tirée du roman de feu Mouloud Mammeri.

J’ai eu à le connaître, très peu il faut le dire, à l’occasion justement de la réalisation de ce film. J’ai été momentanément un des vice-présidents du comité de soutien au film. Affable, gentil, sensible mais surtout particulièrement compétent est ce que j’ai retenu de ce Monsieur.

Il savait ce qu’il voulait, il avait fixé son cap et rien, ni personne, ne pouvait l’en éloigner. Quand bien même, il a rencontré l’adversité tout au long de la construction du film. L’Etat algérien était, en ce temps, particulièrement hostile à la réalisation de ce premier long métrage en langue amazigh (kabyle). Et, il aura fallu toute son énergie et tout son tact pour fédérer toutes les volontés qui se sont manifestées afin de les amener à travailler ensemble et dans la même direction. Ce qui n’était pas évident car il ne faut pas oublier que de nombreuses personnes – des volontaires et des militants de la cause amazigh – ont contribué à l’aboutissement du projet. Il fallait donc gérer la réalisation proprement dite du film mais aussi toutes les susceptibilités qui n’ont pas manqué de s’exprimer. Un exercice qui n’a pas été facile mais qu’Abderahmane Bouguermouh a réussi, parce qu’il était un homme de consensus qui savait reconnaître et mobiliser dans la bonne direction les mérites de chacun.

Son objectif a été atteint, le rêve qu’il nourrissait – parce que, il l’avait confié à ses proches, c’en était un – a été réalisé. Un succès cinématographique mais aussi et surtout un défi relevé : l’acte de naissance du cinéma d’expression amazigh. Ce n’était pas rien. Pour autant, Monsieur Bouguermouh est resté sobre, modeste et plus discret que jamais.

Je l’ai revu plus tard, à Liège, en Belgique. J’y résidais. Il était venu d’Allemagne (Francfort), avec un ami commun, me rendre visite. Nous avions passé une journée ensemble. C’était, je me souviens, une belle journée ensoleillée, comme il est rare d’en avoir dans ce pays. Nous avions flâné une bonne partie de l’après midi et nous avions parlé de choses et d’autres, mais très peu de son travail. Il m’avait donné l’impression de quelqu’un de comblé. Il m’avait semblé que le film qu’il venait de réaliser l’avait rempli de bonheur. Il en avait assez, peut être trop…

Je le revis à la mort de Chérif Kheddam. Il avait tenu, malgré la maladie, à venir rendre un dernier hommage à cette icône de la chanson kabyle. J’ai pu échanger quelques mots avec lui mais il avait l’air très fatigué. Il avait du être éprouvé par le voyage qu’il venait de faire pour arriver au village natal du chanteur défunt et, sans doute aussi, par les échanges qu’il a du avoir avec tous ses admirateurs.

Le voilà parti à son tour. La Kabylie vient de perdre un des siens et pas des moindres. Un immense personnage. Mais pour nous tous, il n’est pas mort, il est juste parti pour un long voyage qui va l’amener de l’autre côté.

Bon voyage Monsieur Bouguermouh, Da Abderahmane, personne de ce côté ci ne t’oubliera. Tu ne seras jamais loin de nous.

À propos du suicide de deux étudiants algériens en France. 28 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

J’avais envie de réagir dans la presse nationale au sujet des deux étudiants en France qui ont mis fin à leur vie. Cette contribution a été publiée aujourd’hui 28 mars 2015 dans le quotidien national d’information Liberté. Je la poste pour mes lecteurs telle qu’elle a été publiée dans ce journal.

Ainsi, les étudiants algériens en France sont nombreux à vivre dans la précarité. L’association Algériens des deux rives et leurs amis (Adra) viennent, dans un communiqué publié par la presse en ligne, de dénoncer cette situation. Fait gravissime, deux d’entre eux, sans doute parmi les plus vulnérables et en proie au désespoir, viennent de se suicider. Un événement tragique pour les familles et une honte pour notre pays, car ce qui vient d’arriver n’est pas nouveau. «Deux pertes de trop qui s’ajoutent à des cas de suicide déjà recensés depuis l’an dernier…» souligne cette association. Aujourd’hui, il y a 26 000 étudiants algériens en France.
Combien parmi eux bénéficient d’une bourse de leur pays? Un privilège, bien sûr, réservé aux enfants du régime. Les autres – les enfants du peuple qui ont la prétention de vouloir poursuivre des études ailleurs qu’en Algérie – doivent se débrouiller et c’est ce qu’ils font. Des concitoyens qui se sont exilés pour étudier, armés de leur seule volonté et du désir de réussir. Leur mérite est là, quand bien même celui-ci n’est pas reconnu par les responsables.
Pour autant, par leur succès, un grand nombre fera demain la force et la fierté du pays. C’est pourquoi l’État algérien a le devoir de les soutenir et d’utiliser tous les moyens diplomatiques nécessaires pour qu’ils obtiennent les droits que leur attribue le pays d’accueil. Faut-il souligner que les Algériens sont, parmi les étudiants étrangers, les seuls à n’avoir pratiquement – hormis celui d’accéder à l’inscription aux universités – aucun autre droit? Celui de travailler est de ceux-là. lire la suite…

Intempéries en Kabylie : le gouvernement emmuré dans son ordinaire inhumanité 21 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

J’ai publié ce texte dans ce blog en février 2012. L’hiver était rigoureux et on s’en plaignait. Cette année, le mois de février est parti ensoleillé. On s’en plaint aussi parce que nous risquons d’être en état de sécheresse. Comme quoi, la nature prendra toujours le dessus sur la volonté des hommes. Voici le texte publié, il y a maintenant 4 années.

Depuis deux semaines, des régions entières souffrent des intempéries qui se sont abattues, avec une rare intensité, sur notre pays. Territoire essentiellement montagneux, la Kabylie est, plus que toute autre région, durement éprouvée par les neiges. Les citoyens sont livrés à un froid glacial, à l’isolement et à la spéculation sur les prix du gaz et des produits alimentaires.

L’économie locale, déjà en situation de fragilité, est mise à mal. Les petites entreprises-qu’elles soient agricoles, industrielles ou dans les travaux publics et le bâtiment-, qui font vivre de nombreuses familles ont subi, pour certaines, des dégâts considérables et sont en danger.
Pour autant, la détresse qui s’est emparée des populations ne semble pas avoir réveillé de sa léthargie le gouvernement qui continue de « vaquer à ses occupations », comme si la catastrophe qui vient de s’abattre sur une grande partie du pays lui était étrangère. Et si les responsables locaux, les élus-notamment les présidents d’APC auxquels il faut rendre un hommage appuyé-, et les citoyens ont vite pris la mesure de la gravité de la situation et ont réagi avec « les moyens de bord », l’Etat central a, quant à lui, fait preuve d’une inhumaine indifférence. Le dernier conseil des ministres-présidé, faut-il le rappeler, par le chef de l’Etat-en est un exemple édifiant. lire la suite…

Changement et Démocratie, à quand le tour de l’Algérie ? 9 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , 1 commentaire

Je livre aux lecteurs du blog une autre version du texte précédent « Changement et démocratie en Algérie? Une nécessité en marche. » Cette contribution a été envoyée au quotidien El Watan, pour publication il y a environ 15 jours. Elle n’a pas encore été publiée. Compte tenu de l’évolution des événements, il me semble qu’il faut l’actualiser. C’est pourquoi j’ai fait cette nouvelle mouture, que j’ai proposée pour publication au quotidien d’informations Liberté. J’espère que les lecteurs de ce blog y trouveront quelques satisfactions. 

Changement et Démocratie, à quand le tour de l’Algérie ? (article publié dans le quotidien national Liberté du lundi 28 mars 2011)
Une question qui suscite l’espoir pour un véritable changement dans notre pays mais qui soulève aussi l’inquiétude légitime des lendemains incertains. Les nouvelles qui parviennent des pays voisins, en particulier de la Libye, ne sont pas pour rassurer. Est-ce pour cette raison que la fièvre de la contagion n’a pas encore atteint le peuple algérien et que « la mayonnaise de la contestation n’a pas pris » ? En partie, sans doute.

Pour autant, tous les ingrédients sont réunis pour que l’Algérie quitte le cycle de la violence des émeutes « alimentaires », qui émaillent la vie sociale depuis plusieurs années, pour s’inscrire à son tour dans ce mouvement de la revendication politique qui a gagné tous les pays arabes. La misère sociale a enfermé les sujets dans le désespoir tandis que le verrouillage des espaces d’expression leur a interdit toute possibilité d’épanouissement personnel et la manifestation de leur libre arbitre. Une situation qui a fait de l’algérien non pas un citoyen mais un sujet, moralement désarmé. Un projet savamment entretenu par le pouvoir.

lire la suite…

Frantz Fanon: une prémonition à lire 5 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , 4 commentaires

J’ai relu « les damnés de la terre » de Frantz Fanon. Un ouvrage bien connu et que tout psychiatre algérien a lu et relu ou devrait lire et relire.

Fanon est psychiatre. Il est martiniquais d’origine et a travaillé à l’hôpital psychiatrique de Blida – qui porte aujourd’hui son nom – durant la période de la révolution algérienne; une guerre de libération pour laquelle il a immédiatement pris fait et cause. Est-il nécessaire de rappeler que ce psychiatre – qui a rejoint les maquis algériens – a activement participé à la libération de notre pays ? Les algériens de la génération de l’indépendance – et ceux qui ont fait la guerre -  s’en rappellent bien.

Je n’en dirais pas plus à ce sujet. Je n’évoquerai pas non plus son parcours de psychiatre engagé. Ce n’est pas mon objectif de ce jour.

En relisant cet ouvrage, les damnés de la terre, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle entre ce que je redécouvrais progressivement dans ma lecture et les péripéties qui ont émaillé le destin de notre pays au lendemain de sa libération du joug colonial; comme je n’ai pas pu, d’ailleurs, m’empêcher d’établir le lien entre cet épisode de la post-indépendance et ce que vit encore aujourd’hui le peuple algérien.

Je voudrais partager avec les lecteurs de mon blog un petit passage de ce qu’a écrit, il y a plus de cinquante ans, cet auteur. Un visionnaire, s’il en est. 

Une prémonition ? Un avertissement ? Les deux à la fois ? Chacun appréciera. 

Une bourgeoisie telle qu’elle s’est développée en Europe a pu, tout en renforçant sa propre puissance, élaborer une idéologie. Cette bourgeoisie dynamique, instruite, laïque, a réussi pleinement son entreprise d’accumulation du capital et a donné à la nation un minimum de prospérité.

Dans les pays sous développés, nous avons vu qu’il n’existait pas de véritable bourgeoisie mais une sorte de petite caste aux dents longues, avide et vorace, dominée par l’esprit gagne-petit et qui s’accommode des dividendes que lui assure l’ancienne puissance coloniale. Cette bourgeoisie à la petite semaine se révèle incapable de grandes idées, d’inventivité. Elle se souvient de ce qu’elle a lu dans les manuels occidentaux et imperceptiblement, elle se transforme non plus en réplique de l’Europe mais en sa caricature.
lire la suite…

La nouvelle loi sanitaire sonne le glas de la médecine gratuite. 3 janvier, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

La nouvelle loi sanitaire devait être en débat à l’Assemblée nationale en décembre dernier. Le scandale de « Rehmet Rebbi et de la clinique Rokia de Relizane ont sans doute amené l’Etat a differér la présentation de ce projet de loi aux parlementaires. A moins qu’il n’y ait d’autres raisons… que les pouvoirs publics ne peuvent pas politiquement assumer. La mise au placard de la médecine gratuite.  Mais attendons de voir, il semble que la présentation de ce projet de loi sanitaire est pour ce mois de janvier.

Cette contribution est parue ce jour 03 janvier 2017 dans le quotidien national d’informations El Watan.

La nouvelle loi sanitaire vient de tomber dans les casiers des parlementaires. Elle sera débattue, nous dit-on, au début du mois prochain. Elle sera sans doute approuvée. Un texte de loi censé apporter des solutions à notre système de santé, moribond mais qui, de mon point de vue, soulève plus de problèmes qu’il n’apporte de solutions, car les rédacteurs de ce projet ont soigneusement évité de poser la bonne question, celle à même d’apporter les meilleures réponses aux difficultés que rencontre aujourd’hui notre système de soins.

Est-ce que la médecine doit rester gratuite ou non?

Le texte de loi en cours, la 85-05 du 16 février 1985 portant protection et promotion de la santé a le mérite de la clarté. Il s’était adossée à un choix politico-idéologique pour lequel l’Algérie indépendante avait opté – le socialisme – et avait été en phase avec celui-ci. lire la suite…

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