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Je n’ai jamais oublié ces draps de fortune. 1 octobre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , 3 commentaires

Un soir, dans un moment de complicité – le chocolat noir aidant, c’était son péché mignon – ma mère me confie ce larcin qu’elle a commis, voilà un peu plus de cinquante ans.
C’était quelques mois après l’indépendance de l’Algérie.
Elle venait « d’accéder » au statut de veuve de chahid.
La vie et la guerre de libération nationale en avaient décidé ainsi.
Elle avait trente ans et quelques mois, et sur les bras 5 enfants dont l’ainée, une fille, avait 13 ans.
J’en avais huit.
Des larcins?
Ma mère en a commis plusieurs, elle le disait et l’assumait, mais celui là – celui qu’elle s’apprêtait à me confier – raconte à lui seul tout ce qu’avait été sa vie.
J’ai envie de partager avec vous cette confidence.
Non pas par besoin d’exhibitionnisme – ma mère n’aurait pas aimé cela, elle était pudique – mais parce que je sais que de nombreuses veuves de chouhada auraient pu, au lendemain de l’indépendance, vivre cela.
Des dons arrivaient dans les villages.
J’en ai souvenance et ma mémoire de ces instants est restée aujourd’hui telle que.
Des bidons de graisse végétales en forme de parallélépipède, des boites cylindriques de confiture de figues, des cartons de savon et des sacs de farine, tous estampillés « donated by the people of United States of America ».
A sa libération, les USA tendaient la main à l’Algérie. Je n’en dis pas plus à ce sujet.
Si la farine que contenait les sacs était recherchée et bienvenue, comme tous les autres aliments d’ailleurs, l’emballage en tissu – les sacs vides – l’étaient tout autant.
Ils étaient convoités par tous.
Ces sacs étaient bien blancs et visiblement très solides.
Ma mère les voulait aussi.
Mais les hommes en charge de la distribution des denrées alimentaires les réservaient pour eux…prétextant que ces sacs repartaient d’où ils venaient.
« Je les voulais, j’en avais besoin », m’avait-t-elle répété comme pour se justifier, se déculpabiliser.
« J’avais attendu que les hommes aient eu le dos tourné, occupés à leur tâche, je les avais subtilisés et j’avais disparu ».
Ils savaient tous que c’était elle la responsable du vol et ils n’avaient pas manqué de réclamer les sacs. Elle avait tenu bon.
« Je savais que ce n’était pas bien, ils auraient pu me les donner, ils n’étaient pas dans le besoin ».
J’ai dormi pendant longtemps sur cette inscription à la peinture bleue.
Ma mère avait ouvert les sacs et avait confectionné, avec, les draps qui avaient constitué pendant plusieurs années l’essentiel de notre literie.
Ils étaient bien chaud.
Je crois qu’ils l’étaient d’autant plus parce que nous nous demandions tous – ma fratrie et moi – ce que pouvait bien signifier cette phrase, « donated by the people… « .
Une phrase mystérieuse, magique.
Une phrase qui chassait le spectre de la faim, qui nous apportait à manger et nous gardait au chaud.
Le mystère a disparu quand ma soeur, mon aînée de deux ans, a commencé à apprendre l’anglais.
La phrase n’avait plus alors de secret.
Son caractère magique s’en est allé.
Mais c’était beaucoup plus tard.
Nous avions entre temps grandi mais les draps étaient là longtemps encore.
Quand j’ai dit à ma mère que j’ai encore en mémoire ses draps, qu’ils étaient confortables et bien chauds, elle en a été très surprise mais le bonheur se lisait dans son regard. Elle en a été heureuse.
Ce larcin n’en était plus.
Il était subitement devenu un acte héroïque dont elle tirait fierté.
Que ses enfants se rappellent de ses draps? Elle ne s’en était pas douté. Elle pensait que nous n’avions pas conscience de la vie que nous menions, que nous étions comme tous les enfants, insouciants.
Alors ils doivent se souvenir de tout… Ce qu’elle devait penser.
Combien de veuves de chouhada ont du recourir à de tels agissements pour couvrir, protéger, leurs enfants?
Sans doute beaucoup.
Nous avons survécu.
Aujourd’hui ma mère n’est plus.
Comme beaucoup de veuves, elle a été éprouvée par son existence difficile. Un destin contrarié marque, pèse et jette une hypothèque sur la vie.
Les veuves de chouhada, il n’y en a plus beaucoup.
Avec leur disparition, disparait la mauvaise conscience de ceux qui ont présidé au destin de notre pays.
Je n’ai jamais oublié ces draps de fortune.

Une femme a été immolée: à nouveau il y a menace sur la paix sociale en Algérie 8 septembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Une femme a été aspergée d’essence et brûlée.
Elle meurt, dix jours plus tard, des suites des brûlures.
Dans l’anonymat, enfin presque.
Elle avait 34 ans.
Le responsable de cette « immolation » est un homme.
C’était à Constantine.
Un événement qui a traversé l’opinion publique comme un banal fait divers.
Pourtant, voilà un acte qui doit interpeler la conscience sociale et interroger l’autorité publique.
Un acte qui vient s’ajouter à d’autres qui participent des mêmes motivations et sans doute de la même logique.
Cet acte n’est pas ordinaire, il a un message qu’il faut comprendre et il est une erreur de l’inscrire dans la simple rubrique de la délinquance sociale.
Une femme a été assassinée parce que c’est une femme. Ce fait est à comprendre comme cela. Et de façon implicite, il lui est reproché quelque chose.
Mais je ne vais pas conjecturer sur les motivations qui ont amené cet individu à commettre ce meurtre, il faut attendre les résultats de l’enquête.
Toutefois, je constate que les passages à l’acte de ce type se multiplient dans notre pays. Comme si leurs auteurs s’autorisaient à disposer de leurs victimes, de la vie de celles-ci.
« J’ai le droit de vie ou de mort sur toi ».
Cela est d’autant plus vrai quand la victime est de sexe féminin.
Une espèce de droit divin, coutumier, tutoriel – que sais-je encore? – que le bourreau s’arroge.
Il y a quelques mois, à M’sila, un individu renverse avec sa voiture une jeune femme parce qu’il voulait absolument la posséder, en faire son objet de plaisir, sa proie.
« Tu dois être à moi, sinon je t’élimine ».
Non, je crois qu’il se passe quelque chose de grave dans notre pays.
Il est entrain de s’ériger une mentalité dangereuse pour la paix sociale.
Un scénario, que nous avons déjà vécu, est entrain de se réécrire. Personne ne peut dire que cela se fait à notre insu.
Une violence insidieuse, particulière, différente de la violence sociale « ordinaire » est entrain de (re)prendre possession de la société. Celle-ci, cette violence – pour (ré)infiltrer aisément le corpus social -, se drape des oripeaux de la tradition ou de la religion pour se revendiquer du droit céleste. Une espèce de légitimation morale qui autorise toutes les dérives.
Nous avons connu cette situation.
Une logique qui avait prévalu, il y a plusieurs années, dans l’affaire des femmes de Hassi Messaoud. Des femmes de moeurs légères nous avait-on dit, en ce temps.
Est-ce les mêmes raisons qui ont amené à l’assassinat de cette jeune femme de Constantine?
Cette forme de violence s’abrite derrière la violence sociale ordinaire pour avancer, pour occuper l’espace social, avec pour seul but: faire peur, terroriser la société afin de la soumettre.
Une démarche politique qui est loin de la banale violence sociale mais qui n’hésite pas à s’en servir au besoin.
Le passage à l’acte volontairement spectaculaire et public participe de cette stratégie.
C’est pourquoi la conscience sociale doit être plus que jamais interpelée; c’est pourquoi aussi l’autorité publique doit prendre ses responsabilités et agir vite pour ne pas laisser le pays replonger dans la violence des années 90.

Algérie: crise morale, crise de valeurs. 4 septembre, 2016

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Nous sommes, dans notre pays, l’Algérie, en pleine crise morale, nous sommes immergés dans une crise éthique.
La pire situation que peut vivre une communauté, une société.
La morale est le principal pilier sur lequel viennent s’ériger – ou à partir desquels vont se constituer – les interdits fondamentaux indispensables à tout groupe social pour vivre dans l’harmonie et la paix.
La morale?
C’est cette sentinelle qui veille en permanence et qui vient rappeler à chacun d’entre nous ce qu’il n’est pas possible de faire.
Un peu comme le « surmoi » – cette instance psychique que Freud a énoncé dans la théorie psychanalytique – qui interdit à l’individu toute transgression des lois sur lesquelles le consensus social est établi.
Quand une société est en pleine crise morale, il n’y a plus de digues pour la protéger, pour maintenir l’ordre social.
La digue?
La culpabilité.
Avoir le sentiment d’être coupable d’avoir commis quelque chose qui est interdit, qui ne se fait pas.
Quand ce sentiment de culpabilité ne se dresse pas dans un coin de la tête de l’individu, quand ce dernier ne peut pas, ne veut pas, prendre conscience de la faute commise, alors la société est en danger.
Les esprits sont corrompus et chacun des individus qui composent la communauté agit pour son propre compte.
Le destin de la communauté est compromis.
Apparaissent, alors, des comportements de prédation avec la violence qui leur est consubstantielle.
Les conduites anti-sociales, de délinquance, se multiplient, la violence sociale s’empare de la cité.
Chacun pour soi, plus personne ne pense au devenir de la communauté, plus personne ne soucie du destin commun.
« Tag 3ala man tag ».
La société est délabrée, defaite.
N’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays?
La course effrénée aux privilèges quoique cela en coûte à la communauté.
Tous les moyens sont permis.
Mais le pire est quand ce phénomène gangrène des institutions comme l’université. Cette histoire de plagiat et du vol du travail intellectuel d’autrui est la pire des prédations qui puisse se produire.
La tête pensante de la société, celle qui « donne le tempo » de l’exemplarité, le modèle à suivre, est avariée, contaminée par la pourriture.
Le témoin de la mortification de la société.
Mais si l’institution universitaire est corrompue, c’est parce que les institutions républicaines le aussi.
Il n’y a plus d’Etat, il n’y a plus d’ordre institutionnel.
C’est pourquoi la promulgation de cet arrêté du ministère de l’enseignement supérieur pour lutter contre le plagiat est un acte dérisoire, une gesticulation pathétique qui – en d’autres circonstances – aurait prêté à rire.
La solution?
Il faut tourner la page de la République née de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et fonder une deuxième République avec un nouveau personnel politique et de nouvelles règles de gouvernance.
Bannir la corruption érigée en mode de gestion des affaires publiques depuis la libération de l’Algérie du joug colonial fran’çais.
Une promesse du congrès de la Soummam du 20 août 1956.
Ce destin appartient à la jeunesse de ce pays; l’histoire les convoque avec insistance à ce rendez vous.
Ils doivent faire preuve d’audace et sonner le glas de ce système politique qui a mené la patrie à l’impasse.
Ils doivent agir et s’impliquer dans l’action politique de façon pacifique mais déterminée.
Il y va de leur avenir.
Mais cela est un autre problème.

A propos du plagiat dans les universités algériennes : un arrêté ministériel pour y mettre fin? 1 septembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je ne veux pas être de mauvais augure mais je peine à croire que le plagiat sera banni de nos universités.
En tout cas, pas de sitôt.
Un arrêté ministériel de l’enseignement supérieur vient d’être signé pour punir toutes formes de copie, de triche et de vol du travail d’autrui.
Vous me direz, il vaut mieux tard que jamais.
Moi je vous dis que le ver est dans le fruit. Le plagiat est devenu dans notre pays la norme, s’il n’est pas normatif.
Le plagiat, le vol du travail d’autrui, prendre ce qui ne nous appartient pas et en faire sa propriété, s’accaparer le fruit de l’intelligence de l’autre…est un état d’esprit qui gangrène toute l’institution universitaire. C’est pourquoi je doute qu’un arrêté – s’il est appliqué, parce que cela n’est pas sûr – puisse venir à bout de ce fléau.
Il faut changer des mentalités. Le vrai travail à faire, c’est celui là.
Et il y a du boulot.
Nous sommes dans un pays qui célèbre l’imposture et la mystification et qui voue aux gémonies le mérite et l’exemplarité.
L’Algérie a divorcé avec l’intelligence et le travail pour convoler en justes noces avec la ruse et l’esbroufe. Les deux seuls arguments en cours, dans notre pays, pour accéder à la responsabilité et à la décision, politique notamment.
Nous vivons une réelle crise de valeurs et je ne suis pas convaincu qu’une décision ministérielle réglera, à elle seule, un problème d’une telle ampleur.
Comme je ne crois pas que cet arrêté suffira à dissuader les faussaires et à réduire le plagiat, les copier-coller…
Il va falloir mener une vraie bataille contre cette « mentalité de rentier » qui fait croire aux auteurs de plagiats que tout leur est dû et qu’ils peuvent s’approprier naturellement, impunément – avec parfois des encouragements – le produit du travail d’autrui.
Le système politique algérien a érigé son pouvoir sur l’imposture.
Il a promu les faussaires et les mystificateurs de tous acabits. Parce que ces derniers lui sont redevables, ils le servent en retour.
Un mode de gouvernance qui a corrompu les esprits et qui a fait des émules, nombreux, à tous les échelons de la responsabilité.
Comment voulez vous qu’un étudiant ne cherche pas à tricher, à plagier, alors qu’il sait que ses enseignants ont eu leur titres et leurs postes en usant de telles pratiques?
Beaucoup de privilèges vont avec la responsabilité et personne n’est prêt à concéder l’un ou l’autre, encore moins les deux.
Pour autant, le seul chemin à emprunter, si l’on veut changer les choses, est celui de la réhabilitation du travail et du mérite.
Sans doute il faut changer le mode gouvernance. Autrement dit, changer la nature du pouvoir.
Tiens! Commencer déjà par changer la façon de nommer les responsables à l’université, les doyens et les recteurs.
Ne pas les désigner selon leur accointance ou leur proximité avec le pouvoir mais les faire élire par leurs pairs selon leur compétence, leurs titres universitaires et leur charisme.
Un gage de la volonté du système de bannir le plagiat de cette honorable institution.
Faute de quoi, tous les arrêtés ne seront que du Festi.
Je rêve.
C’est bon de rêver.

Lendemain du 20 août…un lendemain qui ne chante plus. 22 août, 2016

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Aujourd’hui est un jour nouveau.
Un jour comme tous les autres.
Le jour qui n’est pas comme les autres est passé.
C’était celui d’hier, c’était le 20 août.
Aujourd’hui, nous sommes le … Peu importe, nous sommes un jour ordinaire, banal.

Passé le 20 août, passés les commémorations, les beaux discours, les serments et les sermons.

Histoire re-visitée, gerbes de fleurs, quelques larmes vraies ou fausses et la satisfaction du devoir accompli.
La page est tournée.
Les cérémonies terminées, chacun s’en retourne à ses préoccupations.
Souvenir et oubli.
Ainsi va la vie, ainsi va l’Algérie.
Le premier novembre n’est pas loin…
Tout va recommencer le temps d’un autre jour pas comme les autres, pas ordinaire.
Pendant ce temps, les uns et les autres – les politiques – s’emparent de cet anniversaire pour s’essayer à des échanges à fleurets mouchetés.
Un solde des comptes…en glorifiant nos chouhadas mais en taisant soigneusement ce pourquoi ils ont fait la révolution.
La liberté, la justice sociale, la démocratie…
Donc des escarmouches non pas dans le souci du devenir de la patrie et de son peuple mais parce que chacun joue sa survie.
Il y a ceux qui célèbrent leur gouvernance et qui nous racontent que tout va bien, que le pays est redressé, qu’il vit dans la paix mais, parce qu’il y a un mais, il faut que le peuple se retrousse les manches et qu’il se mette au travail.
Le pétrole ne rapporte plus assez, alors il faut rappeler aux algériens qu’il faut diversifier notre économie.
Les autres – ceux qui prétendent au pouvoir mais qui ne l’ont pas – disent que l’Algérie va mal et que nous nous acheminons vers la catastrophe.
Ceux-là nous servent la même litanie depuis toujours mais ils n’ont pas assez de génie pour dépasser de puériles rivalités et fédérer les énergies afin constituer une véritable alternative au pouvoir en place.
Afin de construire une vraie opposition démocratique.
Les premiers sont « aux affaires » depuis plus d’un demi siècle, les seconds y prétendent depuis autant de temps. Pendant ce temps, le peuple attend de pouvoir exercer sa souveraineté.
Pour autant, ni les premiers, ni les seconds ne lui ont offert cette opportunité.
Une occasion lui a bien été offerte en 1991. Il s’en est saisi. Par dépit, il a failli mener le pays au chaos.
Donc, le peuple attendra encore.
Il a l’habitude.
Les beaux discours, ceux qui vantent ses mérites, qui disent de lui qu’il est un peuple nécessairement héroïque continueront à le caresser, à le bercer d’illusions.
Un héroïsme qu’il a hérité des ainés. Ceux qui ont combattu la puissance coloniale française.
Un héroïsme confisqué par ceux qui ont décidé d’en être les dépositaires exclusifs. Il faut bien se positionner pour téter les mamelles de la révolution et étancher so avidité.
Un million et demi de martyrs.
Des veuves et des orphelins qui ont, plus ou moins bien, survécu à l’épreuve.
Des héros également, mais ceux là ont été oubliés.
L’Algérie attendra aussi.
Toutefois, celle-ci est moins patiente.
Cette terre ne supportera pas longtemps le mensonge. Elle ne veut plus de discours oublieux.
Elle veut sa prospérité pour le bien de ses enfants.
Aujourd’hui, demain et tous les jours à venir, ne sont, au fond, peut-être pas des jours comme les autres.
Ils sortiront de l’ordinaire.
Ils seront, sans doute, porteurs des espérances de ceux qui ont donné leur vie pour que ce pays soit libre.
Leur sacrifice ne peut pas être vain…indéfiniment.

A propos de l’appel de moudjahidate et moudjahidine pour moraliser le FLN. 1 août, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je suis perplexe.
Je n’arrive pas à comprendre.
Des moudjahidates et des moudjahidines s’insurgent contre l’actuelle direction du FLN qu’ils traitent de tous les noms.
Des qualificatifs durs, infamants…
Des moudjahidates et moudjahidines en colère.
Colère vraie ou feinte, sincère ou calculée et command(it)ée?
Difficile de le savoir, comme il est difficile de percer le mystère des tenants et éventuels aboutissants d’une telle déclaration.
Un message dans lequel ils appellent les militants sincères du FLN – et tous les algériens – à chasser le secrétaire général et les personnes qui l’entourent.
Pourquoi maintenant?
Que se passe-t-il?
Chacun sait que l’actuel chef du FLN est à cette place par le fait du roi.
Pour une mission…
Ose-t-on contesté le choix du roi?
Un message qui n’est pas anodin, qui survient à un moment qui doit s’inscrire dans un agenda bien défini.
Un appel qui prend aussi – fait surprenant – à témoin le citoyen algérien auquel il est demandé de s’impliquer, comme si le destin du FLN était intimement lié à celui de l’Algérie.
Un amalgame qui ne doit pas être innocent, d’autant que les auteurs de cet appel entretiennent, sans doute volontairement, une confusion entre le FLN qu’il dénonce avec celui, l’historique, qui a appelé à libérer le pays du colonialisme français.
Le message des moudjahidate et des moudjahidine est, de mon point de vue, suspect dans la mesure où il épargne les dérives politiques du FLN de la post-indépendance pour se concentrer uniquement sur une critique en règle des personnes qui président aujourd’hui au destin de ce parti.
Un FLN de la post-indépendance qui a régné sans partage et qui a systématiquement voué aux gémonies toutes les voix discordantes.
Nous nous souvenons tous de l’article 120 qui mettait obligatoirement sous le giron du FLN toute personne prétendant à occuper un poste de responsabilité dans la vie économique nationale.
Donc, un autre règlement de comptes, un de plus, aux dépens des intérêts suprêmes du pays?
Le FLN d’aujourd’hui ne peut pas se revendiquer du FLN historique. Ce dernier a libéré l’Algérie du joug colonial, l’autre l’a dépouillée de son indépendance et s’est mis au service d’un pouvoir qui a mené le pays à l’impasse politique et économique dans laquelle il se débat présentement.
Deux destins différents et un amalgame intolérable.
Alors pourquoi entretenir cette confusion?
Pour tromper le citoyen, le peuple, et faire croire que c’est l’avenir du pays qui préoccupe?
Il est en effet question, dans cet appel, de faire barrage à une « oligarchie » qui a, en collusion avec un FLN devenu affairiste, pris en otage l’Etat et le pays.
Si l’intention est donc de lever l’OPA faite sur la décision politique et économique par le secrétaire général du FLN et ses « amis », pourquoi ne pas appeler carrément les algériens à se mettre au devant de la menace qui pèse sur le patrie, à sauver l’Algérie des griffes des prévaricateurs et autres corrompus qui se sont emparés des commandes de l’Etat.
Les choses auraient plus claires et le message des moudjahidate et des moudjahidine aurait eu davantage de crédibilité.
Par cet appel « à moraliser la vie du parti du FLN », je pense qu’un marché de dupes vient de nous être proposé.
Un prise à témoin du peuple mêlé à une espèce de chantage affectif, à l’amour de la patrie.

Qui en sont les vrais auteurs? Pour quel dessein? L’avenir proche, très proche, nous le dira.

Il faut souhaiter que, dans cette affaire, l’Algérie et son peuple ne seront pas de nouveau les dindons de la farce.
Au fait, pourquoi l’appel des moudjahidate et moudjahidine n’a pas – par fidélité à leur engagement pour leur pays sous la bannière du Front – réclamé la restitution du sigle FLN au peuple et à l’histoire de la nation?
Après tout, que ceux qui veulent faire de la politique le fassent sous un autre acronyme que celui qui désigne le Front de Libération Nationale.

Tentative de coup d’Etat en Turquie! 17 juillet, 2016

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Tentative de coup d’Etat en Turquie!
Un putsch qui pas n’a pas abouti.
Le peuple et une partie de l’armée n’a pas suivi. Et pour cause.
Les putschistes ne semblent pas bien connaître la sociologie de leur pays.
Pour autant, rien ne peut être fait si la population s’oppose par son indifférence, son inertie; et en particulier si elle n’adhère pas et si elle le manifeste.
Ce qui semble s’être produit hier en Turquie.
La Turquie profonde est acquise aux thèses islamistes et la majorité des turques a donné sa confiance à Erdogan. Ce dernier n’a fait qu’utiliser le ferment idéologique qui était là pour asseoir progressivement son pouvoir et pour pousser la Turquie vers plus de fondamentalisme religieux.
Le terreau est fertile, Erdogan et ses amis politiques le savent.
Ils savent que les valeurs « imposées » par Kemal n’ont pas pris. Que la greffe a échoué malgré toutes ces années de laïcité et de modernité dont a été garant, jusque là, le régime militaire.
Les islamistes du parti d’Erdogan ont savamment orchestré leur progression dans les sphères du pouvoir avant de prendre, en catimini, mais définitivement le gouvernail du navire Turquie.
L’échec des valeurs initiées par Ataturc – le père de la Turquie moderne – est sans doute dû au fait que les tenants de la laïcité et de la démocratie kémaliennes se sont contentés de les consommer sans les transmettre et surtout sans les partager avec le pays profond.
Ils ont fait de celles-ci (les valeurs de modernité) un espace réservé, un privilège, une espèce d’héritage dédié à une caste que la population turque n’a pas pu s’approprier.
C’est ce qui est arrivé dans tous les pays musulmans, arabes notamment.
Le résultat?
La plèbe, déjà historiquement acquise – les années d’or de l’empire ottoman sont là pour le lui rappeler -, adhère pleinement au discours populiste des religieux. Elle s’est ainsi naturellement engouffrée dans la rigueur dogmatique et l’obscurantisme qui lui est subséquent, parce qu’elle (la population) s’y reconnait et s’y sent bien.
Voilà, de mon point de vue, pourquoi la Turquie est un pays laïque et moderne, en apparence, mais un société profondément attachée à l’esprit de l’islamisme et aux archaïsmes dans lesquels l’Islam politique veut enfermer les peuples.
Il est une erreur de penser que la société turque dans son ensemble est moderne. Son industrie touristique – qui est un véritable poumon économique – et son désir de rentrer dans l’espace européen ne sont qu’un simulacre, un « cheval de Troie », une façon de donner le change et de rassurer les démocraties occidentales, et…une manne économique
Erdogan a très bien compris cela. Ce qui explique assurément son arrogante assurance et ce pourquoi il continue à cultiver cette fausse image de la Turquie.
Ce qui explique aussi le ratage de ce putsch.
Mais Erdogan et ses amis ne trompent plus personne. Les masques sont tombés.
Le putsch qui vient de se produire -même s’il est raté – est une grave fissure. Elle deviendra sans doute béante dans un avenir proche. L’Etat Islamique s’y appliquera.
A moins que…
Je ne le souhaite pas, bien sûr.
Que l’on s’entende bien. Je refuse toute forme de prise de pouvoir par la force et la violence; je ne suis pas favorable aux coups d’Etat militaires mais je rejette également le totalitarisme des Républiques islamistes. L’Algérie, mon pays, a beaucoup souffert du régime militaire et a failli faire – par la faute du pouvoir des képis – l’expérience mortifère du faschisme vert.

Lounès Matoub, 18 ans après sa disparition, il est toujours présent parmi les siens. 26 juin, 2016

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« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».
Je reprends, aujourd’hui, cette citation de Etienne de la Boétie, pour rendre hommage à Lounès Matoub.
Je ne sais pas s’il connaissait ce personnage mais il a fait – intuitivement – de ce propos son crédo.
Lounès avait refusé de plier le genou.
Son désir de liberté qui était chevillé à son caractère – entier, fougueux, combattif – n’était pas négociable, quel qu’en fût le prix à payer.
Il a payé de sa vie.
Mais je suis certain – moi qui le connaissait peu mais assez pour dire cela – qu’il ne regrette rien et que s’il devait recommencer, il aurait agi de la même façon.
Il aurait pris le même risque.
Sa personne comptait peu, une particularité des personnes généreuses.
Lounès Matoub était comme ça. Sans concession quand il s’agit de sa souveraineté, de son libre arbitre.
Il était d’ailleurs comme ça en toute chose.
Il ne négociait pas ses convictions – je dis bien convictions et non pas certitudes.
Parce que Lounès n’avait pas de certitudes, il avait même beaucoup de doutes.
Il aimait confronter son opinion et n’hésitait pas à regarder autrement les choses quand un avis contraire lui paraissait plus juste, plus pertinent.
Il savait qu’il devait s’améliorer et aimait apprendre.
C’était cela Lounès Matoub.
Il paraissait intraitable mais il était capable de souplesse, de flexibilité. Il savait reconnaître les qualités des autres.
C’était un artiste et un artiste, c’est malléable.
Mais il était dur quand cela était necéssaire.
Cela est vrai pour un certain nombre de choses, pour des principes qui lui paraissaient inaliénables: son identité, sa kabylité, son amazighité mais aussi son algérianité, quand bien même beaucoup amputaient et ampute toujours sa pensée de cette aspect de sa quête identitaire… pour des raisons que chacun peut comprendre.
Lounès adorait par dessus tout sa Kabylie natale, c’était ses tripes, sa raison d’être, son amour premier; mais il aimait aussi son pays, l’Algérie dont il se revendiquait toujours.
Tout le reste, pour lui, pouvait se discuter et je crois pouvoir dire que c’était cela qui faisait son charisme.
Derrière son apparence d’enfant terrible, il était capable d’écouter et d’évoluer.
Un atout qui a été amplifié par ses capacités extraordinaires à faire de son art – la chanson – un instrument de contestation.
De la belle poésie nourrie de la langue du terroir et des musiques joliment composées.
Un artiste au sens plein du terme et un vrai professionnel qui ne laissait rien au hasard dans ses compositions et l’organisation de ses représentations publiques.
C’était d’abord avec son art, qu’il exécutait avec brio, que Lounès Matoub avait su gagner ses fans. Il était crédible de ce point de vue.
Ses textes engagés et ses prises de position politique avaient fait le reste.
De son vivant, il avait des fans, aujourd’hui qu’il n’est plus là, il est la figure de proue de la revendication amazigh.
Il est, pour toute une génération, une icône et incarne incontestablement l’identité amazigh.
Pas seulement en Kabylie et en Algérie mais aussi au Maroc, en Libye ou encore en Tunisie.
Lounès Matoub aura marqué l’histoire de notre région. Il aura marqué l’histoire récente de l’Algérie mais aussi celle de toute l’Afrique du Nord.
Il n’avait pas plié le genou.
Il savait que ceux qui ont décidé d’étouffer les libertés et de mettre à mort son identité n’étaient pas si grands que cela.
Le temps lui donnera sans doute raison.
Il y a 18 ans qu’il a été assassiné.
Lounès manque aux siens, il nous manque à tous.
Mais il ne manque qu’au regard car il est plus que jamais présent dans les coeurs et les esprits, et sa voix résonne comme un écho qui veut que les consciences soient en constant éveil.
Il appelait sans cesse à l’union, il y croyait dur comme fer.
« Ahaw sen ».
La seule façon de lui rendre hommage est de donner du sens à son rêve: s’unir.
Tout le reste n’est que palabres ou larmes de crocodile.

Après une fraude massive, une session spéciale pour le baccalauréat. 7 juin, 2016

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Ainsi, certaines épreuves du baccalauréat vont être refaites.
Un désastre pour le moral des candidats honnêtes et celui de leurs parents.
Une injustice validée par les pouvoirs publics.
Une violence insupportable.
Un aveu d’impuissance de l’Etat qui n’a pas été capable d’assurer des épreuves sans fraude.
Qui va garantir q’il n’y aura pas de fraude à cette nouvelle session?
L’incurie des pouvoirs publics?
Bien sûr, ils vont encore brouiller la 3G et mobiliser 160 000 surveillants. lire la suite…

Le brouillage de la 3G: la solution pour lutter contre la fraude aux épreuves du baccalauréat. 2 juin, 2016

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Le réseau Internet 3G est brouillé à proximité des centres d’examen du baccalauréat.
Ceci bien sûr pour empêcher la fraude.
Un parent d’élève me l’avait annoncé mais je n’y croyais pas.
Je m’étais dit que la bonne solution est d’interdire l’introduction des téléphones portables dans les salles d’examen. Attitude logique, le bon sens. C’est ce qu’il me semblait.
Ce n’est pas la solution qui a été choisie. Il faut parasiter la 3G et causer les désagréments collatéraux aux usagers du téléphone portable qui évoluent à proximité des centres d’examen.
Oui, le brouillage ne peut pas être ciblé et ne concerner que le périmètre où se déroule l’examen.
Du coup, tout la ville de Tizi Ouzou est privé du réseau Internet.
Je me demandais pourquoi je n’ai pas pu avoir hier accès à la toile.
Maintenant, je le sais.
Selon le quotidien El watan, de ce jour, les brouilleurs concernent tous les opérateurs.
A n’y rien comprendre. lire la suite…

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