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Indépendance de l’Algérie: la thèse « révisionniste » d’un petit roitelet du golfe arabique. 25 mars, 2017

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Le gouverneur de Sharjah, le sultan de ce micro Etat du golfe arabique, Bin Mohammed…, présente ses excuses à l’Algérie.
Après avoir insulté la mémoire de nos martyrs, il recule et fait semblant de faire acte de contrition.
« Mes propos ont été mal interprétés… », a-t-il dit, avec désinvolture, sur son compte Twitter.
Je sais que les autorités de mon pays, prompte à faire des courbettes à tous les roitelets des pétro-monarchies, ont déjà passé l’éponge.
Elles n’ont d’ailleurs pas réagi à cet affront.
Eh bien, moi je ne lui pardonne pas.
Il a porté atteinte à la mémoire de mon père et à celles de tous les valeureux martyrs qui se sont sacrifiés pour que nous vivions, aujourd’hui, libres dans notre pays.
De Gaulle aurait, selon cet individu, donné l’indépendance à notre pays pour séduire le président Nasser d’Egypte.
Ce petit souverain de ce tout petit Etat, fait donc fi du sacrifice du peuple algérien, des souffrances qu’il a enduré, du sang versé.
Il profane le combat libérateur de nos parents et donne le camouflet à nos héros.
Je suis révolté.
J’ai 63 ans.
Je me sens toujours orphelin, je crois qu’il n’y a pas d’âge à cela.
Je n’ai pas connu mon père.
Il est mort pour que je vive libre.
Je ne sais pas où il est tombé, il n’a pas de sépulture.
Peut-être a-t-il été dévoré par des animaux sauvages.
Ma mère est partie sans avoir jamais pu faire le deuil de son mari.
Les plaies ne sont pas refermées.
Cet individu vient – du haut de son arrogante ignorance – revisiter l’histoire de mon pays et faire du révisionnisme.
De Gaulle a fait don de notre indépendance à Nasser.
Une infamie insupportable.
Nos martyrs ont du hurler d’indignation dans leurs tombes.
Une ignominie qui laisse manifestement indifférent ceux qui décident en Algérie.
Non, je ne pardonne pas.
J’ai la rage, en tant que citoyen et patriote, d’avoir été offensé par les propos de ce personnage et j’ai honte du silence déshonorant des autorités de mon pays.
Un pouvoir qui a, par sa nature illégitime et despotique, dégradé l’image de notre pays et autorisé toutes les offenses à son encontre.
Les champions du nationalisme algérien, promptes habituellement à feindre l’amour du pays, sont cette fois-ci aphones.
Nos responsables ne défendent pas la mémoire de nos chouhada, alors il appartient – et c’est un devoir – à chaque citoyen de ce pays de le faire.
Je le fais, je le ferai toujours et j’ai appris à mes enfants à le faire.
Un tel outrage ne peut pas se suffire d’une présentation d’excuses.
Nous ne devons pas les accepter, je ne les accepte pas.
Cela fait déjà quelques jours que je suis indigné.
Aujourd’hui, je le suis encore plus.

Nagerait-on dans le bonheur en Algérie sans le savoir? 22 mars, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je me suis toujours demandé pourquoi les algériens émigrent en Europe ou en Amérique et pas en Afrique.
J’ai maintenant la réponse.
Je la trouve tirée par les cheveux mais c’est tout de même une réponse.
L’Algérie vient d’être classée le pays le plus heureux du continent africain.
Nous sommes donc, selon ce classement, les plus heureux d’Afrique.
Rien que ça!
Un classement établi en 2017 par le rapport mondial sur le bonheur – World Happiness Report.
Nous ne pouvons pas être plus heureux en Afrique, c’est pourquoi nous allons ailleurs, en occident.
Ils y sont plus heureux et nous voulons partager ce bonheur avec eux.
C’est normal, c’est dans la nature humaine.
Le partage, la générosité.
Nous voulons partager ce bonheur mais nous e savons pas si eux le veulent.
Peu importe, nous leur forcerons la main.
Le bonheur?
Chacun le voit à sa porte.
Nos jeunes – et même nos vieux, de plus en plus – voient le bonheur, non pas à leur porte, ni à celles de leurs voisins d’Afrique mais devant celles des européens et des américains.
Ils voient très juste.
Ce classement le confirme.
Nous sommes premier en Afrique, devant nos voisins de gauche et de droite, et logés à la 53ième place mondiale.
Sur 155 pays.
Pour votre information, nous avons reculé de 15 places par rapport à l’année dernière.
Les choses se dégradent.
Ne jetons pas la pierre à tous ceux qui se lancent dans toute forme d’aventure pour aller en quête du bonheur.
Sous d’autres cieux, de préférence en terre occidentale.
Nous sommes tous des harraga.
Et puis, bon sang de bonsoir, chacun de nous sait quand il est heureux et quand il ne l’est pas!…
C’est une évidence.
Personne ne peut savoir une chose pareille à ma place, même avec des enquêtes.
Tout de même…
A chaque fois que je me promène dans ma ville, Tizi Ouzou, ou à chaque fois que je prends ma voiture pour me rendre à Alger, je perds ma bonne humeur.
Le malheur s’abat sur moi.
J’ai envie de partir… n’importe où, même en Afrique.
Même au diable.
Il y fait meilleur.
Vous êtes tous comme moi, je le sais.
Je le sens dans votre quotidienne humeur exécrable.
Nous sommes tous kif kif.
La même enseigne.
« Ici, nous sommes malheureux ».
D’ailleurs, à y regarder de près ce classement, on voit tout de suite que c’est du Festi.
Ce classement est établi selon six critères: le produit intérieur brut par habitant (PIB), l’espérance de vie en bonne santé, la liberté, la générosité, l’aide sociale et la perception de la corruption dans le gouvernement ou les affaires.
Le premier critère m’interpelle.
Le PIB (produit intérieur brut).
Le pétrole.
Une ressource naturelle qui fait grimper le PIB par habitant.
Est-ce que ce PIB profite vraiment au citoyen?
Une véritable illusion.
L’illusion du bonheur qui trompe même les personnes qui ont fait cette enquête (les nations unies).
Nous avons l’ivresse du pétrole et l’illusion du bonheur.
C’est comme si nous buvions chacun sa part…de pétrole.
Jusqu’à l’ivresse.
Les algériens sont tellement saouls de bonheur qu’ils ne le remarquent même pas.
Et la liberté, franchement. Ils ont été la trouver où?
Tous les algériens, société civile et société politique, au grand complet, crient au manque de liberté dans ce pays.
Ceux là viennent nous raconter que nous sommes libres, peut-être pas assez mais nous sommes tout de même libres.
Incroyable.
La corruption et le climat des affaires… des scandales à répétition.
Je ne sais pas vous mais moi je crois que ceux qui ont fait ce sondage sont myopes.
Ils n’ont rien vu, ils n’ont rien compris.
A moins qu’ils ne soient complétement aveuglés par…
Alors, ils ont été complaisants.
Du coup, je me dis qu’ils sont complices de notre malheur.
Bien sûr, toute l’Afrique est ainsi.
Malheureuse.
Sauf que les autres n’ont pas de pétrole et que le PIB fait la différence, en particulier avec nos voisins de l’est et de l’ouest.
Le PIB de ces derniers vient de leur travail, du tourisme, de leur industrie textile…
Quand aux pays d’Europe – la Norvège, le Danemark, l’Islande, la Suède, la Hollande… -, il fait bon y vivre.
Mais c’est la France qui est magnétique.
Ce pays attire le plus grand nombre.
L’ancien colon…une espèce de syndrome de Stockolm.
Chercher et trouver le bonheur auprès de l’ancien bourreau.
Etrange…
Une affaire, à méditer.
En tout cas, ce classement?
Du pipo.

L’idée que je me fais de la qualité de la représentation nationale au parlement. 20 mars, 2017

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Je ne sais pas vous mais moi je pense que celui qui prétend me représenter à l’Assemblée nationale ou au Conseil de la nation doit savoir lire avec discernement un projet de loi, et le critiquer avec autant de discernement.
Je pense aussi que cette personne doit pouvoir émettre avec intelligence et clairvoyance une opinion sur les affaires politiques et économiques de notre pays, et éventuellement de coucher cela sur un possible projet de loi à proposer et à défendre auprès de ses collègues.
Je pense, je souhaite, que cette personne – celle qui prétend me représenter dans ces nobles institutions – se soit d’abord accomplie professionnellement et socialement à l’extérieur de la politique, et qu’elle n’ait comme objectif que le seul souci de se rendre utile pour son pays.
Je voudrais enfin que la personne qui me représente ait de l’empathie et de la générosité, qu’elle ne soit pas cynique et qu’elle soit sensible à la souffrance de l’autre.
Des éléments indispensables pour prouver que vous donnez de votre temps afin de servir autrui, ou pour convaincre que vous êtes là, non pas pour vos intérêts, mais pour vous rendre utile à la communauté et à votre pays.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que rares sont les prétendants à cette représentation qui réunissent ces critères.
Je suis peut-être exigent.
Certains diront que je suis élitiste.
J’assume ces deux vérités, ce sont mes vérités.
On ne peut pas débattre d’un projet de loi si on ne sait pas le lire, quant à le comprendre et à en saisir les nuances…
J’ai la conviction que les candidats à la représentation nationale doivent être puisés de l’élite nationale.
Pour les capacités intellectuelles indéniables dont celle-ci recèle naturellement mais aussi parce que l’élite s’est généralement accomplie socialement à l’extérieur du monde de la politique et qu’à ce titre, elle n’en dépend pas sur le plan alimentaire et qu’elle n’a rien à en attendre personnellement.
Son engagement dans l’action politique est au seul service de son pays et de son peuple.
Se rendre utile, le seul crédo, un sacerdoce.

L’élite, pour les raisons que je viens de citer, n’est généralement pas sensible à la concussion.

Elle n’est pas corruptible.
Elle est d’ailleurs subversive.
Alors elle ne plait pas.
Elle est marginalisée et est forcée au silence.
Bien sûr vous me direz que cela a toujours été comme ça.
Je le sais.
Les snipers habituelles vont sans doute m’épingler et me dire: « Tu as fait partie de cette Assemblée… »
J’assume aussi, c’est aussi une vérité.
Que faut-il faire pour changer les choses?
J’ai essayé.
Je pense que nous devrions être beaucoup plus nombreux à essayer.
Quelles que soient les sensibilités et les divergences politiques.
Il est plus aisé de s’entendre quand on peut se comprendre, quand c’est le libre arbitre qui anime l’action politique.
Je crois que la réponse est en chacun de nous. Plutôt que de se détourner de l’action politique, investissons là.
Il y a toujours quelque chose à faire dès lors que nous avons le désir de nous rendre utile pour notre patrie.
Ne confions pas le destin de notre pays à l’ignorance et à la cupidité.

Abderahmane Bouguermouh, le réalisateur du film amazigh « la colline oubliée », est mort. 3 février, 2017

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Abderahmane Bouguermouh, le réalisateur du film amazigh

Abderahmane Bouguermouh vient de s’en aller. Il est parti discrètement… comme il a vécu d’ailleurs, tout aussi discrètement malgré le succès indéniable qu’il a eu après la réalisation de son film « la colline oubliée », une histoire tirée du roman de feu Mouloud Mammeri.

J’ai eu à le connaître, très peu il faut le dire, à l’occasion justement de la réalisation de ce film. J’ai été momentanément un des vice-présidents du comité de soutien au film. Affable, gentil, sensible mais surtout particulièrement compétent est ce que j’ai retenu de ce Monsieur.

Il savait ce qu’il voulait, il avait fixé son cap et rien, ni personne, ne pouvait l’en éloigner. Quand bien même, il a rencontré l’adversité tout au long de la construction du film. L’Etat algérien était, en ce temps, particulièrement hostile à la réalisation de ce premier long métrage en langue amazigh (kabyle). Et, il aura fallu toute son énergie et tout son tact pour fédérer toutes les volontés qui se sont manifestées afin de les amener à travailler ensemble et dans la même direction. Ce qui n’était pas évident car il ne faut pas oublier que de nombreuses personnes – des volontaires et des militants de la cause amazigh – ont contribué à l’aboutissement du projet. Il fallait donc gérer la réalisation proprement dite du film mais aussi toutes les susceptibilités qui n’ont pas manqué de s’exprimer. Un exercice qui n’a pas été facile mais qu’Abderahmane Bouguermouh a réussi, parce qu’il était un homme de consensus qui savait reconnaître et mobiliser dans la bonne direction les mérites de chacun.

Son objectif a été atteint, le rêve qu’il nourrissait – parce que, il l’avait confié à ses proches, c’en était un – a été réalisé. Un succès cinématographique mais aussi et surtout un défi relevé : l’acte de naissance du cinéma d’expression amazigh. Ce n’était pas rien. Pour autant, Monsieur Bouguermouh est resté sobre, modeste et plus discret que jamais.

Je l’ai revu plus tard, à Liège, en Belgique. J’y résidais. Il était venu d’Allemagne (Francfort), avec un ami commun, me rendre visite. Nous avions passé une journée ensemble. C’était, je me souviens, une belle journée ensoleillée, comme il est rare d’en avoir dans ce pays. Nous avions flâné une bonne partie de l’après midi et nous avions parlé de choses et d’autres, mais très peu de son travail. Il m’avait donné l’impression de quelqu’un de comblé. Il m’avait semblé que le film qu’il venait de réaliser l’avait rempli de bonheur. Il en avait assez, peut être trop…

Je le revis à la mort de Chérif Kheddam. Il avait tenu, malgré la maladie, à venir rendre un dernier hommage à cette icône de la chanson kabyle. J’ai pu échanger quelques mots avec lui mais il avait l’air très fatigué. Il avait du être éprouvé par le voyage qu’il venait de faire pour arriver au village natal du chanteur défunt et, sans doute aussi, par les échanges qu’il a du avoir avec tous ses admirateurs.

Le voilà parti à son tour. La Kabylie vient de perdre un des siens et pas des moindres. Un immense personnage. Mais pour nous tous, il n’est pas mort, il est juste parti pour un long voyage qui va l’amener de l’autre côté.

Bon voyage Monsieur Bouguermouh, Da Abderahmane, personne de ce côté ci ne t’oubliera. Tu ne seras jamais loin de nous.

Intempéries en Kabylie : le gouvernement emmuré dans son ordinaire inhumanité 21 janvier, 2017

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J’ai publié ce texte dans ce blog en février 2012. L’hiver était rigoureux et on s’en plaignait. Cette année, le mois de février est parti ensoleillé. On s’en plaint aussi parce que nous risquons d’être en état de sécheresse. Comme quoi, la nature prendra toujours le dessus sur la volonté des hommes. Voici le texte publié, il y a maintenant 4 années.

Depuis deux semaines, des régions entières souffrent des intempéries qui se sont abattues, avec une rare intensité, sur notre pays. Territoire essentiellement montagneux, la Kabylie est, plus que toute autre région, durement éprouvée par les neiges. Les citoyens sont livrés à un froid glacial, à l’isolement et à la spéculation sur les prix du gaz et des produits alimentaires.

L’économie locale, déjà en situation de fragilité, est mise à mal. Les petites entreprises-qu’elles soient agricoles, industrielles ou dans les travaux publics et le bâtiment-, qui font vivre de nombreuses familles ont subi, pour certaines, des dégâts considérables et sont en danger.
Pour autant, la détresse qui s’est emparée des populations ne semble pas avoir réveillé de sa léthargie le gouvernement qui continue de « vaquer à ses occupations », comme si la catastrophe qui vient de s’abattre sur une grande partie du pays lui était étrangère. Et si les responsables locaux, les élus-notamment les présidents d’APC auxquels il faut rendre un hommage appuyé-, et les citoyens ont vite pris la mesure de la gravité de la situation et ont réagi avec « les moyens de bord », l’Etat central a, quant à lui, fait preuve d’une inhumaine indifférence. Le dernier conseil des ministres-présidé, faut-il le rappeler, par le chef de l’Etat-en est un exemple édifiant. lire la suite…

Frantz Fanon: une prémonition à lire 5 janvier, 2017

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J’ai relu « les damnés de la terre » de Frantz Fanon. Un ouvrage bien connu et que tout psychiatre algérien a lu et relu ou devrait lire et relire.

Fanon est psychiatre. Il est martiniquais d’origine et a travaillé à l’hôpital psychiatrique de Blida – qui porte aujourd’hui son nom – durant la période de la révolution algérienne; une guerre de libération pour laquelle il a immédiatement pris fait et cause. Est-il nécessaire de rappeler que ce psychiatre – qui a rejoint les maquis algériens – a activement participé à la libération de notre pays ? Les algériens de la génération de l’indépendance – et ceux qui ont fait la guerre -  s’en rappellent bien.

Je n’en dirais pas plus à ce sujet. Je n’évoquerai pas non plus son parcours de psychiatre engagé. Ce n’est pas mon objectif de ce jour.

En relisant cet ouvrage, les damnés de la terre, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle entre ce que je redécouvrais progressivement dans ma lecture et les péripéties qui ont émaillé le destin de notre pays au lendemain de sa libération du joug colonial; comme je n’ai pas pu, d’ailleurs, m’empêcher d’établir le lien entre cet épisode de la post-indépendance et ce que vit encore aujourd’hui le peuple algérien.

Je voudrais partager avec les lecteurs de mon blog un petit passage de ce qu’a écrit, il y a plus de cinquante ans, cet auteur. Un visionnaire, s’il en est. 

Une prémonition ? Un avertissement ? Les deux à la fois ? Chacun appréciera. 

Une bourgeoisie telle qu’elle s’est développée en Europe a pu, tout en renforçant sa propre puissance, élaborer une idéologie. Cette bourgeoisie dynamique, instruite, laïque, a réussi pleinement son entreprise d’accumulation du capital et a donné à la nation un minimum de prospérité.

Dans les pays sous développés, nous avons vu qu’il n’existait pas de véritable bourgeoisie mais une sorte de petite caste aux dents longues, avide et vorace, dominée par l’esprit gagne-petit et qui s’accommode des dividendes que lui assure l’ancienne puissance coloniale. Cette bourgeoisie à la petite semaine se révèle incapable de grandes idées, d’inventivité. Elle se souvient de ce qu’elle a lu dans les manuels occidentaux et imperceptiblement, elle se transforme non plus en réplique de l’Europe mais en sa caricature.
lire la suite…

Le charlatanisme reprend possession de notre société 19 décembre, 2016

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« Le génie a besoin d’esprit… une société qui n’a pas de génie est vouée à la disparition ».
Un père de famille me parlant, hier, de sa fille malade dit qu’elle est possédée.
« Quand sa crise la prend, elle est déchainée, elle est forte et parle comme un homme.
C’est l’homme qui l’habite qui parle à sa place ».
Je l’écoute avec intérêt.
Un discours que j’entends souvent, un discours, auquel nous psychiatres, sommes habitués.
Comme s’il n’avait pas réussi à me convaincre, ce bon père de famille ajoute.
« D’ailleurs j’ai fait une photo d’elle quand elle était agitée, eh bien docteur, sur la photo c’était un homme que je voyais ».
Avec son smartphone.
Je lui dis alors: « vous êtes sûr de ce vous dites, monsieur? Sur la photo c’était bien un homme que vous avez vu ».
« Oui, docteur » et de jurer par tous les saints de la région.
C’était trop.
Je ne l’avais pas encore entendue, celle là.
Je lui demande de me montrer la photo.
« Ah! C’est dommage docteur, je l’ai effacée ».
Ce bon père de famille était de bonne foi, je veux dire de bonne conviction, peut-être qu’il est plus exact de dire de bon obscurantisme.
Il a peut-être eu l’illusion de voir un homme.
C’était son désir. Il a pu le réaliser.
L’illusion.
Ce n’est pas un fanatique, ce monsieur.
Il n’avait pas l’air obtus, non plus.
Il voulait juste me dire que ce qui est arrivé à sa fille est extraordinaire et que cela n’est pas de la faute de la malade, ni de sa faute à lui, ni celle de sa famille.
La faute est extérieure, un hypothétique ennemi qui est venu s’installer dans sa fille.
Une espèce de squat.
La jeune demoiselle qui revenait me voir pour la deuxième fois était beaucoup mieux, elle était très bien, de l’avis même de son père.
Elle écoutait celui-ci d’un air amusé.
Elle savait très bien qu’il n’y avait rien de ce qu’il était entrain de raconter.
Elle avait enduré des pressions familiales difficiles à assumer.
Elle avait étouffé.
Les désordres psychologiques qu’elle a présentés ont servi de soupape de sécurité.
Cette petite histoire est, si je puis dire, ordinaire dans notre société.
Des croyances, une pensée magique, des vestiges des temps anciens, des ténèbres de l’ignorance.
Aujourd’hui, la lumière du savoir est là.
J’ai l’inquiétante impression que notre société la refuse obstinément.
Elle sortait doucement mais sûrement des ténèbres de l’ignorance et était en passe de s’engager dans la voie de la connaissance et de la lumière.
Soudaincoup (?), elle (notre société) s’arrête.
Un moment d’hésitation puis elle s’engage résolument sur le chemin du charlatanisme.
Les guides sur ce chemin sont légions, ils savent y faire. Ils ont déjà préparé les destinations.
Des cliniques…
Il semble que l’une d’elle vient d’ouvrir ses portes en grandes pompes…à l’ouest du pays.
Ne me demandez pas, dans vos commentaires, ce qu’il faut faire.
Je ne sais pas.
Ne me demandez pas non plus ce que font nos responsables.
Ils ne font rien. Ou plutôt si, ils poussent le peuple à l’ignorance.
Parce qu’un peuple ignorant est sans génie.
Une société sans génie n’est pas.
Le pouvoir en profite.

Qui se souvient de l’article 120 ? 21 novembre, 2016

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Qui se souvient de l’article 120?
Les personnes de ma génération sans doute, mais les jeunes ne l’ont pas connu.
Peut-être faut-il le leur apprendre? Why not?
Je me jette à l’eau et je prends le risque.
Il était redoutable cet article. Il était tellement redoutable que tout le monde le craignait.
Il incarnait une autorité invisible.
Il se dressait au dessus de toutes les têtes de ceux qui voulaient – ou qui pensaient seulement – respirer, mettre la tête hors de l’eau, s’organiser.
C’était la terreur, c’était le parti unique, la pensée unique.
Personne, absolument personne, ne pouvait tenter de bouger ou de faire bouger les choses en Algérie sans en référer à l’article 120 et…au FLN (le Front de Libération National).
C’était l’héritier, le nouveau propriétaire de notre pays, quand les anciens – je veux dire les colons – ont été chassés.
L’article 120?
C’est le sens interdit.
C’est ce qu’il ne faut pas franchir, c’est le prohibé.
Non! C’est l’illicite, le non légitime. Au bout c’est la condamnation.
Sa transgression pouvait mener loin, très loin, jusqu’à disparaitre.
Des disparus, sans laisser de traces, il y en a eu.
L’article 120, c’est ceci:
 » Le parti du Front de Libération Nationale joue un rôle d’impulsion. d’orientation et de contrôle vis-à-vis des organisations de masse. Sans se substituer à elles ou affaiblir leurs capacités d’initiative. Ne peut assumer des responsabilités au sein des organisations de masse que celui qui est militant structuré au sein du parti. Le Comité central arrêtera les étapes d’application de ce dernier principe» .
C’est l’article phare, vedette, des statuts du FLN – le parti unique, le parti Etat -, adopté par le congrès extraordinaire de 1980.
C’était sous Chadli.
L’article 120?
Une chape de plomb qui venait de « tomber » sur le pays.
Aucune organisation sociale, de la société civile, n’était possible si elle n’est pas sous le contrôle du FLN.
Autrement dit, personne ne peut prétendre créer une organisation, une association…s’il n’est pas militant du FLN et si cette organisation n’est pas sous le label de « organisation de masse ».
Comme nous ne faisons rien à moitié dans notre pays et que nous sommes dans cet état d’esprit, cet article a été poussé à son extrême.
Alors, personne ne pouvait prétendre accéder à un poste de responsabilité dans l’administration, dans les entreprises publiques…s’il n’émarge pas au FLN.
C’était dur, très dur, pour tous.
Il fallait donc signer son allégeance au parti unique même si on adhère pas à son idéologie.
Il fallait bien travailler et accéder à la responsabilité!
Et puis, il y a des privilèges, c’est tentant.
Il faut se laisser tenter. Ils l’ont fait, certains du moins.
Aujourd’hui, on nous dit que le FLN n’est plus le parti unique.
Je ne sais pas si l’article 120 a disparu des textes de ce parti.
Dans les faits, il existe toujours.
Puisqu’il faut toujours faire allégeance pour accéder à la responsabilité.
L’allégeance a peut-être changé de maître, ce n’est plus tout à fait au FLN, tout seul, qu’elle est due.
Il partage, il sous-traite, mais il ne veut pas lâcher.
La légitimité historique est encore son alliée objective.
La responsabilité est une propriété privée.
Elle est distribuée par le (s) propriétaire (s) selon quelque chose – chacun peut deviner de quoi est faite cette chose – qui rappelle le tristement célèbre article 120.
Une pensée particulière aux jeunes. Ils en sont les victimes aujourd’hui.
En espérant qu’il ne désespéreront pas de leur pays et qu’ils continueront à l’aimer, malgré toutes les maltraitantes qu’on leur fait subir.
L’article 120 pour eux signifie, chômage, emplois précaires et pré-emploi, insécurité, mal vie et indignité…

Que serait la vie sans la philosophie? 26 octobre, 2016

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Quelqu’un – une amie FB – s’est demandée ce que serait la vie sans philosophie.
Une bonne question, j’en conviens mais qu’est-ce que, au fond, la philosophie?
Chacun ira de sa définition.
Elles seront nombreuses, sans doute.
Je crois, en ce qui me concerne, que la philosophie consiste à se prendre la tête pour essayer de comprendre et de bâtir le monde selon sa convenance.
Simplet comme raisonnement, c’est ce que vous allez me dire.
Pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit, en tout cas du questionnement au tout début de l’humanité.
Une espèce de « proto »science qui tente d’abord de donner un sens et une signification aux phénomènes de la vie – à ce qui nous entoure – et qui essaie ensuite de comprendre les interactions humaines et les relations qui fondent et caractérisent la communauté.
La philosophie est donc une espèce de proto-sociologie, de proto-anthropologie et par certains de ses aspects une proto-médecine, etc.
Le philosophe est un peu comme Pandore, cette femme de la mythologie grecque qui, poussée par la curiosité, ouvre la boîte – interdite d’ouverture – pour en libérer ce qui s’y trouve.
La comparaison s’arrête là car Pandore en ouvrant la boite en libéra tous les maux qui se sont répandus à travers l’humanité, sauf l’espérance qui est restée au fond interdisant ainsi aux hommes toute forme d’aspiration à vivre heureux.
La philosophie est dans la démarche contraire.
Sauf qu’en ouvrant la boite, le mystère devient encore plus opaque pour le philosophe et exige de ce dernier – pour y voir plus clair – l’ouverture d’une autre boite…tout aussi obscure.
Autrement dit, la philosophie est une forme de questionnement permanent et de raisonnement scientifique continuel.
A ses balbutiements, cependant et sans l’exigence de la rigueur scientifique, sans l’impératif de la preuve par la réplication ou la reproduction de l’expérience et de l’obtention à souhait du même résultat.
Sans la philosophie, il n’y aurait pas eu de questionnement et l’humanité serait restée stérile. Elle n’aurait pas accouché de tant de merveilles et, sans doute, elle n’aurait pas produit autant de malheur.
La vie serait restée un mystère.
En tout cas la vie sans philosophie ressemblerait à une vie sans musique, sans couleur, sans parfum, sans tendresse… Ce qu’a répondu une autre amie FB.
Une vie qui serait sans relief, fade, triste.
Je suis d’accord avec cela.
Le piquant – comprenez le piment – de la vie vient aussi de cela. Aller au devant du mystère et tenter de le percer. Aller au devant des craintes, des frayeurs, archaïques et les vaincre parce que le mystère n’est plus.
Une aventure permanente qui permet à l’humanité d’avancer vers son destin avec chaque fois un accès vers plus de lumière – la lumière de la connaissance et du savoir.
C’est cela la philosophie.
C’est celle d’Aristote, de Platon, de Newton et de tant d’autres.
La philosophie des lumières que j’aime.
Pas celle de BHL ou de ceux qui lui ressemblent.
Il n’est pas besoin de les citer.
Ceux là abusent et violent les consciences en distillant, sous couvert du débat philosophique, toutes sortes d’idées qui invitent à l’exclusion et au racisme. Le postulat étant que certains peuples ne sont pas éligibles à la liberté de conscience.
Je ne les aime pas.

Belkacem Bélaïd, une figure emblématique que l’on n’oublie pas. 1 octobre, 2016

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J’ai écrit ce témoignage à la demande de Youcef Mérahi. Ce dernier voulait écrire un ouvrage sur les personnalités qui ont marqué notre région, la Kabylie. Il m’a demandé d’y contribuer. Bien sûr, j’ai tout de suite pensé à ce personnage particulier – Belkacem Bélaïd – qui a marqué les années que j’ai passées au Lycée Amirouche de Tizi ouzou, un internat que j’ai fréquenté de 11 à 18 ans, de la sixième jusqu’en terminales, de 1965 à 1972. Sept années de tendres souvenirs.Voici celui (le souvenir) que je garde de ce Monsieur.

Ce témoignage est maintenant publié dans le livre « ALMANACH de Tizi Ouzou » de Y. Mérahi , ouvrage paru aux éditions Alpha et depuis quelques jours sur les étals de librairies.

Belkacem Bélaïd, une légende qui emplit, sans doute, la mémoire de nombreuses générations d’élèves du lycée Amirouche de Tizi Ouzou. Des anecdotes cocasses, des histoires drôles, du vécu en direct et assurément des souvenirs tendres.

La réputation du surveillant général, car ce statut a fortement collé au personnage, a naturellement fait le mur du lycée – comme souvent les potaches aiment à le faire – pour aller se répandre dans la ville et bâtir un mythe autour d’un homme certainement exceptionnel. Le futur élève de ce lycée sait qui est Belkacem avant d’y entrer. A éviter, quand bien même la curiosité invite à aller irrésistiblement à sa rencontre. Dans tous les cas, et comme par un effet du hasard, c’est la première personne à qui le nouvel arrivant a affaire.

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