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Les violences conjugales faites aux femmes : le point de vue du psychiatre 24 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres conférences , ajouter un commentaire

Un colloque nationale sur les violences conjugales faites au femmes se tiendra le 12 et le 13 juin 2013 à l’auditorium de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Un colloque organisée à l’initiative du laboratoire de recherche Mondialisation et Droit national (Lamod) de la faculté de droit de l’université. Des spécialistes d’horizons professionnels différents interviendront durant ces deux journées. Des juristes, des médecins, des psychologues, etc. C’est dans ce cadre qu’il m’ a été demandé de donner le point de vue du psychiatre. Un exercice auquel je me prêterai volontiers. Voici en quoi consistera mon propos.

Les femmes victimes de violences conjugales ne s’adressent pas en première intention au psychiatre. Elles consultent d’abord le médecin somaticien pour soigner les séquelles des sévices physiques qu’elles ont subis, ou chez le médecin légiste pour obtenir un certificat médical descriptif. Pourtant quand les «  bleus au corps » se sont estompés, les « bleus à l’âme » marquent – par leur persistance ou leur indélébile cicatrice – la vie psychique de ces femmes. Et c’est bien plus tard, après plusieurs épisodes de bleus au corps, que ces personnes viennent au psychiatre pour dire leur souffrance.

Une souffrance profonde qui vient, non seulement, des agressions conjugales dont elles sont l’objet mais surtout d’une violence sociale insidieuse qui en fait un bouc émissaire permanent, parce que maillon faible d’une société dont le fonctionnement et les mécanismes régulateurs restent dominés par des archaïsmes traditionnels et un patriarcat bien souvent validés par l’ordre institutionnel. Une souffrance « historique » qui exige silence et résignation, et qui prend son origine, sans doute aussi sa légitimité, de l’aube de l’humanité.

« C’est ton frère que Dieu te le garde ». Qui ne connait pas cette phrase ? La réponse de la mère de Fouroulou (Le fils du pauvre, Mouloud Feraoun) à la sœur de ce dernier, quand elle avait été se plaindre de son frère cadet qui venait de la battre. Une expression d’apparence anodine, pourtant lourde de sens et chargée – ce que voulait montrer l’écrivain – du pesant fardeau de l’implacable violence symbolique (P. Bourdieu) qui caractérise notre société. L’apprentissage de l’homme en devenir à la domination de la femme et l’éducation de la petite fille à sa soumission future et inconditionnelle au mâle. lire la suite…

La violence sociale en Algérie : des éléments pour comprendre son émergence. 5 novembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres conférences , ajouter un commentaire

I – INTRODUCTION.

La violence est devenue banale, ordinaire, dans notre pays. Elle s’est emparée du corps social et est devenue structurelle. Cela doit inquiéter au plus haut point et interpeler la société et les pouvoirs publics, car la loi et l’autorité ne constituent plus un obstacle à la montée de la violence et au passage à l’acte agressif.

Il est indéniable que notre société est aujourd’hui à bout de nerf et que les algériens ont l’agressivité à fleur de peau. Les individus se promènent avec des gourdins dans les voitures, des couteaux dans les poches, des sabres sous les kechabias. Le passage à l’acte violent semble inscrit dans le projet des individus, il est d’une certaine façon prémédité. La violence est là, elle est à l’affût et n’attend que l’occasion pour se manifester. Parce que le dialogue n’est plus possible entre les uns et les autres, l’agressivité est devenue la voie privilégiée de résolution des conflits.

Un différend insignifiant – une dispute d’enfants, un litige de voisinage, un incident sur la voie publique – donne lieu à une rixe, à un pugilat ou encore à une bataille rangée; des situations où les sujets laissent libre cours à leur hostilité sans imaginer un seul instant la portée de leurs actes.

Des comportements qui montrent que le lien social est dissolu, que les mécanismes régulateurs qui organisent la vie en communauté sont inopérants et qu’ils ne constituent plus un rempart à l’émergence de la violence. Toutefois, il est une erreur de penser que c’est là une spécificité de l’Algérie, une espèce d’atavisme propre à notre société. L’algérien n’est pas agressif de naissance, violent ou encore dangereux, comme il est répété ici ou là. Les circonstances, la vie qu’il mène, l’ont conduit à le devenir. lire la suite…

Café littéraire de Larbaa Nath Irathen 19 décembre, 2015

Posté par docteurboudarene dans : autres conférences , 2 commentaires

L’entreprise d’organisation des événements culturels, économiques et scientifiques (EMEV) dirigée par Amirouche Malek m’a demandé d’animer à Larbâa Nath Irathen (LNI) une conférence sur le stress. Ce que j’ai fait. Le public était particulièrement attentionné et j’ai été agréablement surpris par l’intérêt que l’auditoire a manifesté à ce problème. Les questions ont été nombreuses, toutes aussi pertinentes les unes que les autres. Un débat qui a duré un peu plus d’une heure et qui s’est prolongé durant la vente dédicace de mes deux livres. Le stress, entre bien-être et souffrance et l’action politique en Algérie, une expérience, une bilan et le regard du psychiatre. Je suis redescendu de LNI à la tombée de la nuit avec une sensation agréable. Celle d’avoir été utile et d’avoir échangé sur un thème qui préoccupe particulièrement le citoyen algérien compte tenu des aléas de son quotidien…un quotidien stressant, faut-il le souligner.

Voici ma conférencefichier ppt Qu’est-ce que le stress?

Violence et droits de l’homme 8 juin, 2015

Posté par docteurboudarene dans : autres conférences , ajouter un commentaire

« Violence et droits de l’homme », c’est le titre de la conférence que j’ai animée aujourd’hui, à la demande de mon ami Arezki ABBOUT, à la maison des droits de l’homme et du citoyen de Tizi Ouzou. Une occasion qui m’a permis d’avoir un échange particulièrement enrichissant avec de jeunes militants; pour la plupart des étudiants qui veulent s’investir dans la défense des droits Humains et qui ont le souci du devenir des libertés démocratiques dans notre pays.

Beaucoup de questions et d’interrogations ont émaillé cet échange, et si le thème de la violence-objet de la rencontre d’aujourd’hui-a été au centre du débat, l’avenir de notre pays a été évoqué par plusieurs intervenants. En particulier par rapport à ce qui se passe dans les pays voisins, la Tunisie et l’Egypte. Est-ce que le syndrome tunisien, après s’être propagé en Egypte, en Jordanie et au Yémen, va contaminer l’Algérie? Quelles en seront les conséquences? Un souci qui a été exprimé par plus d’un… une inquiétude, au demeurant justifiée, quand au risque que ferait peser sur l’avenir du pays une possible explosion sociale.  Notamment dans le cas où la violence venait à s’emparer de la rue pour dévoyer le mécontentement populaire et l’amener vers une  logique destructrice, nihiliste et dangereuse pour la cohésion sociale. Une préoccupation légitime. lire la suite…

La violence en milieu scolaire 26 mars, 2015

Posté par docteurboudarene dans : autres conférences , ajouter un commentaire

C’est le thème du séminaire organisé le 28 avril 2013, à la maison de la culture de Tizi Ouzou, par la direction de l’éducation de la wilaya.

Une rencontre qui a permis aux participants – en majorité des directeurs d’établissements, tous paliers confondus – de débattre de ce problème crucial qui ne cesse de prendre de l’ampleur et d’inquiéter, élèves, parents, enseignants et administration. Les interventions des uns et des autres ont pointés du doigt la réalité quotidienne de chacun et l’inquiétude grandissante qui ronge d’abord les enfants qui sont les principales victimes et ensuite les enseignants, parce que de plus en plus objets des agressions des élèves et quelques fois des parents.

Les syndicats des enseignants, le CLA (coordination des lycées d’Algérie) notamment, ont tiré la sonnette d’alarme. Au plus fort moment de leur inquiétude, ils ont appelé à la grève parce que leur tutelle, interpelée, est restée sourde et indifférente à leur détresse. La presse nationale a largement relayé cet appel.

Quoiqu’il en soit, l’idée de la progression de la violence dans nos établissements de l’éducation est maintenant imprimée dans les esprits. La direction de l’éducation de la wilaya de Tizi Ouzou le reconnait explicitement, c’est pourquoi elle a organisé ce séminaire, et cela dans la perspective d’aller à l’avenir encore plus loin dans la démarche. Organiser des ateliers d’information et de formation en direction des enseignants, des élèves mais aussi en direction des psychologues et des médecins qui travaillent au sein des établissements scolaires. L’objectif principal étant de prévenir la violence en apportant, en particulier, un soutien effectif aux personnes en difficulté, enfants et enseignants, parce que ceux-ci sont susceptibles d’être « bourreaux » et auteurs de passages à l’acte violents ou encore d’en être les victimes. Quand aux psychologues et médecins scolaires, ils doivent apprendre à aller au devant de telles situations pour les prévenir.

Il faut espérer que cette initiative se poursuivra et qu’elle fera des émules à travers le territoire national.

J’ai été convié pour intervenir à ce séminaire. Je ne savais pas trop si le psychiatre que je suis serait utile dans ce type de débat. J’ai toutefois accepté de participer et d’apporter ma contribution. La voici.

Les origines de la violence à l’école

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