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L’état de l’environnement dans la Wilaya de Tizi Ouzou : le Dr Boudarène interpelle le premier ministre. 31 août, 2017

Posté par docteurboudarene dans : activités politiques , trackback

 

La wilaya de Tizi Ouzou est menacée par les ordures. Son territoire étroit et sa forte densité de la population, une des plus élevées dans le monde, lui confèrent une véritable spécificité; les nombreuses décharges sauvages – 1500 ont été dénombrées – sont particulièrement proches des villages et des villes. Elles sont donc visibles et agressent le quotidien du citoyen. Elles jonchent toutes les voies de circulation de la région et les cours d’eau ne sont pas épargnés.

Au delà de la dégradation de notre environnement et de la violence que celle-ci inflige au citoyen, il y a un réel risque sanitaire. La pollution de l’air, parce que ces décharges brûlent en permanence, et celle des nappes phréatiques menacent la santé des population. Le barrage de Taksebt, un véritable réservoir d’eau potable, n’est pas épargné.

Toutes les villes et toutes les communes de la wilaya de Tizi Ouzou sont dans le même état. Une véritable poubelle à ciel ouvert et une pollution de l’environnement qui va hypothéquer, sans doute, l’avenir écologique de la région. Une catastrophe indescriptible.

Et une menace à terme pour la santé publique.

Pour se prémunir de l’agression visuelle et olfactive mais aussi de la menace sur la santé, engendrée par la décharge, le citoyen n’en veut pas à proximité de son quartier ou de son village, quand bien même les ordures sont les siennes. « La poubelle doit être chez le voisin », en tous cas ailleurs, le plus loin possible du regard et du nez. Situation qui engendre des conflits entre les citoyens et qui compromet, par des oppositions systématiques, les rares décisions d’installation de décharges contrôlées.

La Wilaya de Tizi Ouzou rejette 300 000 tonnes par an de déchets. 1,3 million d’habitants dans un mouchoir de poche, 2958Km2 seulement de superficie avec une densité de 436 habitants au Km2.

Il appartient aux pouvoirs publics de trouver les solutions adaptées et d’y mettre les moyens appropriés en fonction des situations et des spécificités. De ce point de vue, l’Etat a failli. Il n’a pas perçu les mutations des besoins de consommation de la société algérienne et prévu leur augmentation, comme il n’a pas vu venir l’accroissement des déchets des ménages. Il n’a donc pas, au-delà du souci qu’il aurait du avoir pour l’environnement, anticipé sur les moyens à mettre en place pour les collecter, les traiter et pourquoi pas les recycler. Quel est donc le rôle du ministère de l’aménagement du territoire, de l’environnement et du tourisme si ce n’est pas tout cela? Aménager le territoire nationale, le sauvegarder de la pollution, le rendre vivable au citoyen et agréable au visiteur et au touriste.

Quatre centres d’enfouissement technique (en plus de ceux des communes de Tizi Ouzou, des Ouacifs, de Draa El Mizan et Boubhir) et une douzaine de décharges contrôlées sont nécessaire pour mener à bien, uniquement, l’opération de propreté et d’amélioration de notre qualité de vie. La sauvegarde de l’environnement et les préoccupations écologiques sont une autre ambition. 1,8 milliard de dinars est la somme requise pour « construire » notre bien-être.

Neuf stations d’épuration et 5 postes de relevage en amont du bassin versant sont également indispensables et doivent être rapidement édifiés pour protéger de la pollution le barrage de Taksebt. Il faudra sept milliards de Dinars.

Ces sommes sont visiblement difficiles à obtenir puisque le ministère des finances n’a pas accepté d’inscrire cette opération. Pendant ce temps, la wilaya de Tizi Ouzou continue de crouler sous les ordures.

Parce que les pouvoirs publics semblent sourds aux doléances des citoyens de la wilaya de Tizi Ouzou , j’ai – en tant qu’élu de la nation mais aussi en tant que médecin soucieux de la santé de la population et citoyen inquiet de la pollution galopante qui gagne notre environnement – interpellé le premier ministre. Voici le courrier que je lui ai adressé.

Alger le 02 septembre 2009

Monsieur le Premier Ministre

 Objet : Question écrite

- vu les dispositions de la constitution notamment l’article 134 ;

- vu l’article 72 de la loi organique n°02-99 fixant l’organisation et le fonctionnement de l’Assemblée Populaire Nationale et de Conseil de la Nation ;

- en vertu des articles 98, 99, 100 et 101 du Règlement intérieur de l’APN.

Monsieur le Premier Ministre,

           Je m’adresse à vous parce que ma question concerne, en réalité, trois ministres de votre gouvernement ; celui de l’aménagement du territoire, de l’environnement et du tourisme d’abord, celui de l’hydraulique et des ressources en eau ensuite et enfin celui des finances.

La wilaya de Tizi Ouzou croule sous les ordures. Des tas d’immondices jonchent la moindre voie de circulation, de la plus petite piste agricole au chemin de wilaya. Ces espaces servent de décharges « opportunes » où sont déversés des rejets de toutes sortes.

Nous avons conscience, Monsieur le premier Ministre, que le problème de rejets et de pollution de notre environnement concernent tout le territoire national. Toutefois, la situation dramatique que vit la wilaya de Tizi Ouzou est inédite. A cela, au moins deux raisons :

1 – la première est liée à la faible superficie du territoire de la wilaya – 2958 Km2 environ – et à la crise « endémique » du foncier qui la caractérise. Ce qui rend, sans financements de l’Etat, difficile voire impossible l’acquisition de terrain pour y installer des décharges contrôlées.

2 – la deuxième est en rapport avec une population importante (1,3 million d’habitants) avec une forte densité, 436 habitants/Km2 et une quantité de rejets proportionnelle, 300 000 tonnes/an.

Les décharges sauvages, très nombreuses – il y a environ 1500 décharges incontrôlées dans la wilaya -, représentent bien sûr un danger pour la santé publique et le risque est constamment présent, mais elle défigure aussi notre environnement et constitue une violence quotidienne infligée au citoyen.  Cette situation menace sérieusement la cohésion sociale parce que ces ordures constituent la pomme de discorde entre les citoyens, d’un village à un autre et d’un quartier à un autre. Les uns et les autres refusant, plus souvent à raison d’ailleurs qu’à tort, la localisation d’une décharge à proximité. La crainte de « subir » une décharge, même contrôlée, rappelle chez chacun l’image hideuse et agressive de la décharge sauvage, et le risque que celle-ci peut comporter pour la santé. C’est ainsi que sont nés, dans certaines communes, des conflits entre citoyens. Les cas des communes de Fréha et d’Azazga sont, à ce titre, édifiants.

Cette situation, à risque sanitaire et social, a fait réagir les élus locaux. L’assemblée populaire de wilaya a organisé, le 15 octobre 2008, une session extraordinaire consacré à l’environnement dans son territoire.

Un sévère constat sur l’état de la wilaya a été dressé. A terme, une catastrophe écologique. Tous les intervenants, élus et responsables ont été unanimes pour tirer la sonnette d’alarme. La sauvegarde de l’environnement et la gestion des ordures est une urgence. Le risque de pollution du barrage de Taksebt a également été, durant cette session, évoqué avec insistance.

Des recommandations ont été faites à l’issue de cette session et un plan d’action a été arrêté en collaboration avec la direction de l’environnement de la wilaya.

Trois fiches techniques ont été élaborées et adressées au ministère de tutelle.

La première est en rapport avec l’élimination et le traitement des déchets ménagers. La deuxième concerne la protection des eaux du barrage de Taksebt et la troisième propose une étude sur l’état de l’environnement dans la wilaya.

Le ministère de l’aménagement du territoire, de l’environnement et du tourisme a saisi en février 2009 la direction du budget du ministère des finances. Les services de ce dernier ont enregistré la demande lors des arbitrages mais elle n’a été suivie d’aucune inscription. Pour autant le ministère de l’aménagement du territoire, de l’environnement et du tourisme a bien mentionné l’acuité des problèmes posés par la wilaya de Tizi Ouzou et l’urgente nécessité de les prendre en charge.

Nos questions sont les suivantes.

Un grave problème d’environnement se pose dans la wilaya de Tizi Ouzou. Les élus locaux et les responsables de l’administration ont convenu de l’urgente nécessité d’agir. Les besoins ont été identifiés et répercutés aux plus hautes autorités de la nation. La demande ne semble pourtant pas avoir été entendue.

1- Que faut-il faire de plus pour qu’un aussi grave problème – qui hypothèque l’avenir de la région – soit pris en charge ? 

2- Combien de temps faudra-t-il attendre avant de voir les ministères de tutelle montrer leur préoccupation et insister auprès du ministère des finances pour obtenir les financements nécessaires.

3- Allez-vous, Monsieur le Premier Ministre, vous inquiéter de la situation de l’environnement dans notre wilaya et agir pour, rapidement, trouver un début de solution à ce problème ?

Recevez, Monsieur le Premier Ministre, mes salutations respectueuses.

               Docteur BOUDARENE Mahmoud

Un commentaire de la presse nationale

DECHARGES SAUVAGES: Le Premier Ministre interpellé

La prolifération des décharges sauvages qui constituent une atteinte à l’environnement et au cadre de vie a fait l’objet d’une interpellation écrite du Premier ministre par le Dr Boudarène, député RCD de Tizi-Ouzou. «La wilaya de Tizi-Ouzou croule sous les ordures», écrit d’emblée ce député, soulignant le caractère «inédit» et «dramatique» de la situation que vit en la matière la wilaya de Tizi-Ouzou par rapport au reste du pays, en raison, argumente-t-il, de la faiblesse du territoire, de son morcellement et du caractère quasi privatif des propriétés.
En outre, la wilaya connaît une forte densité démographique : 436 habitants au km2 pour une population de 1,3 million d’habitants. Proportionnellement, ce sont 300 000 tonnes de rejets en tous genres qui sont générés annuellement. Ce volume colossal de déchets conjugué à la faible disponibilité foncière rend plus que nécessaire le concours financier de l’Etat afin d’acquérir des assiettes de terrain pour l’implantation de décharges contrôlées. Les 1 500 décharges sauvages font planer un danger pour la santé publique et constituent une atteinte avérée à l’environnement, selon l’auteur de l’interpellation, qui attire l’attention sur le fait que «cette situation menace sérieusement la cohésion sociale et constitue une pomme de discorde entre les citoyens d’un village à un autre et d’un quartier à un autre. Les uns et les autres refusent l’implantation d’une décharge à leur proximité». Pourtant, rappelle le député, un programme d’action arrêté conjointement par l’APW et la direction de l’environnement et articulé en trois fiches techniques ayant trait à la protection des eaux du barrage de Takesebt, au traitement et à l’élimination des déchets ménagers et à l’élaboration d’une étude sur l’état de l’environnement de la wilaya a été adressé au ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme qui a saisi en février 2009 la direction du budget du ministère des Finances. «Les services de ce dernier ont enregistré la demande lors des arbitrages, mais elle n’a été suivie d’aucun effet», se désole l’auteur de l’interpellation.
S. A. M.

Le soir d’Algérie du 15 septembre 2009

 

                               

 

 

Commentaires»

  1. Bonjour !
    Ramassage et Gestion des déchets: est-ce Mission impossible ?
    Non et mille fois non ! Suivons l’exemple Japonais :
    https://www.vivrelejapon.com/a-savoir/voyager-au -japon/trouver-poubelle-tokyo-japon-recyclage-kombini
    On ne voit ça qu’à Tokyo (et ailleurs au Japon) : des rues propres, mais pas une poubelle à portée de vue ! Mais que font donc les Tokyoïtes de leurs ordures ? En voyage dans la capitale japonaise, que faire de ses « gomi » (déchets) ?
    Les poubelles semblent se cacher à Tokyo… Mais cela n’a pas toujours été le cas. En fait, la plupart des poubelles publiques ont été supprimées en 1995, après l’attentat au gaz sarin perpétré par la secte Aum dans le métro de la capitale. Peu de chances également d’y trouver des poubelles de particuliers ou d’habitats collectifs : le Japon pratique le recyclage à grande échelle, et avec une rigueur toute nippone. Les bacs poubelles (comme en France) n’existent pas, et des collectes des déchets privés, placés dans des sacs multicolores, ont lieu chaque matin.
    Discipline et recyclage
    Depuis 1995 donc, les Tokyoïtes font preuve d’un CIVISME de tous : on ne jette pas de papier par terre, et on ne sort pas sans un sac plastique pour y fourrer les petits déchets du quotidien. Les fumeurs, par exemple, le savent bien, eux qui ont interdiction de s’en griller une dans plusieurs quartiers de Tokyo, et qui ailleurs doivent le faire dans les endroits indiqués, ou bien mettre cendres et mégots dans un « pocket ashtray » (cendrier de poche).
    Une autre raison explique cette propreté urbaine : de Shinjuku à Ueno en passant par Ginza, on croise toutes les cinq minutes des employés chargés d’entretien, qui armés de pinces à déchets s’escriment à faire disparaître chewing gums et papiers… Mais il est beaucoup plus rare d’y croiser une poubelle, et même quand cela ça arrive, ce n’est pas une mais trois poubelles ou plus qu’on trouvera, et mieux vaut être à la page sur le recyclage… pour ne pas confondre les bacs à combustibles, verres, plastiques, ou magazines !
    Mais alors, comment faire pour ne pas déambuler dans Tokyo les poches chargées de petits déchets à la recherche d’une hypothétique poubelle pour les accueillir ?
    Prenez toujours avec vous un sac plastique, dont vous vous débarrasserez, une fois rempli, dans n’importe quel grand magasin, ou dans les stations de métro (on y trouve toujours toilettes et poubelles).
    - Jetez vos canettes et bouteilles dans les bacs prévus à cet effet qui voisinent les dizaines de milliers de distributeurs de boissons à Tokyo.
    Bref, une solution simple à multiplier par 40 millions.
    A bientôt.

  2. Ramassage et Gestion des déchets: est-ce Mission impossible ?
    Non et mille fois non ! Suivons l’exemple Japonais :
    https://www.vivrelejapon.com/a-savoir/voyager-au -japon/trouver-poubelle-tokyo-japon-recyclage-kombini
    On ne voit ça qu’à Tokyo (et ailleurs au Japon) : des rues propres, mais pas une poubelle à portée de vue ! Mais que font donc les Tokyoïtes de leurs ordures ? En voyage dans la capitale japonaise, que faire de ses « gomi » (déchets) ?
    Les poubelles semblent se cacher à Tokyo… Mais cela n’a pas toujours été le cas. En fait, la plupart des poubelles publiques ont été supprimées en 1995, après l’attentat au gaz sarin perpétré par la secte Aum dans le métro de la capitale. Peu de chances également d’y trouver des poubelles de particuliers ou d’habitats collectifs : le Japon pratique le recyclage à grande échelle, et avec une rigueur toute nippone. Les bacs poubelles (comme en France) n’existent pas, et des collectes des déchets privés, placés dans des sacs multicolores, ont lieu chaque matin.
    Discipline et recyclage
    Depuis 1995 donc, les Tokyoïtes font preuve d’un CIVISME de tous : on ne jette pas de papier par terre, et on ne sort pas sans un sac plastique pour y fourrer les petits déchets du quotidien. Les fumeurs, par exemple, le savent bien, eux qui ont interdiction de s’en griller une dans plusieurs quartiers de Tokyo, et qui ailleurs doivent le faire dans les endroits indiqués, ou bien mettre cendres et mégots dans un « pocket ashtray » (cendrier de poche).
    Une autre raison explique cette propreté urbaine : de Shinjuku à Ueno en passant par Ginza, on croise toutes les cinq minutes des employés chargés d’entretien, qui armés de pinces à déchets s’escriment à faire disparaître chewing gums et papiers… Mais il est beaucoup plus rare d’y croiser une poubelle, et même quand cela ça arrive, ce n’est pas une mais trois poubelles ou plus qu’on trouvera, et mieux vaut être à la page sur le recyclage… pour ne pas confondre les bacs à combustibles, verres, plastiques, ou magazines !
    Mais alors, comment faire pour ne pas déambuler dans Tokyo les poches chargées de petits déchets à la recherche d’une hypothétique poubelle pour les accueillir ?
    Prenez toujours avec vous un sac plastique, dont vous vous débarrasserez, une fois rempli, dans n’importe quel grand magasin, ou dans les stations de métro (on y trouve toujours toilettes et poubelles).
    - Jetez vos canettes et bouteilles dans les bacs prévus à cet effet qui voisinent les dizaines de milliers de distributeurs de boissons à Tokyo.
    Bref, une solution simple à multiplier par 40 millions.
    A bientôt.

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