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Bataille rangée entre étudiants à l’université de Batna. 28 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , trackback

Une bataille rangée entre étudiants à Batna.
La police et les responsables de l’université ont ouvert une enquête.
Un scoop! Je veux dire l’ouverture de l’enquête…
Il me semble que cela tombe sous le sens, que cela est normal mais il y a tellement de choses qui ont changé dans ce pays.
Tellement de choses qui sont normales alors qu’elles ne devraient pas l’être et tellement de choses qui devraient l’être et qui ne le sont pas.
Je crois que c’est cela que certains désignent par l’expression consacrée « le monde à l’envers ».
Donc une bataille rangée entre étudiants, à coups de sabres faut-il le préciser et une enquête qui est ouverte.
Ce qui m’interpelle, ce n’est pas cette enquête ouverte – vous l’aurez compris – mais cette guerre de gangs dans l’enceinte de cette institution.
Des voyous qui se règlent les comptes.
L’université…
Je ne sais pas vous mais moi un événement pareil m’inquiète au plus haut point.
Comment est-ce possible qu’une chose pareille arrive dans l’enceinte de cette institution?
Les étudiants arrivent armés de sabres et de toutes sortes d’objets dangereux… pour étudier.
Etrange!
A moins d’avoir l’agression et la violence comme projet.
Les belligérants étaient donc venus non pas pour apprendre mais pour en découdre.
En se brossant les dents le matin – s’il se brosse les dents, il est permis d’en douter -, l’étudiant ne se demande pas quels bouquins il doit emmener avec lui mais de quelle arme il doit se munir pour se rendre à l’université.
Il parait que les filles aussi arrivent dans le même état d’esprit.
Armées de l’agressivité.
Bec et ongles dehors.
Une démarche préméditée.
Et c’est ce qui est inquiétant, la préméditation de la violence.
A l’université!
Un endroit où la parole et l’échange sont les vertus cardinales.
Dans nos universités, l’échange est musclé. Armé, je devrais dire.
Et de sabres.
Je pense que le choix du sabre n’est pas anodin.
Il doit avoir une signification profonde, sans doute liée à l’idée du djihad.
Dangereux.
Il n’y a pas longtemps, à l’université d’Alger, des enseignants avaient été violemment agressés par des « inconnus », venus perturbés l’élection du bureau du CNES.
Une violence qui participe sans doute des mêmes raisons ou causes qui ont déclenché cette violence à Batna.
Des interdits ont été franchis.
L’université n’est pas la rue et les individus qui sont dans son enceinte ne sont pas des voyous, enfin ne ils devraient pas l’être.
Mais, y a t-il aujourd’hui une différence entre le voyou et l’étudiant?
De ce point de vue, non.
Ce n’est plus le monde à l’envers comme je le soulignais plus haut, c’est la Khalouta.
C’est le désordre, l’anomie.
Les interdits fondateurs – je ne sais si je peux dire cela comme ça – qui doivent prévaloir de façon pérenne à l’université sont tombés.
C’est pourquoi cette institution est devenue l’otage de toutes sortes de comportements délinquants.
Enseignants comme étudiants sont concernés.
Les pouvoirs publics sont responsables d’une telle descente aux enfers.
Le travail, la compétence et le mérite qui sont les valeurs sur lesquelles est adossée le caractère sacré de l’université ont été d’abord piétinés par le pouvoir politique.
Pour avoir la main mise sur cette institution, il a autorisé toutes les forfaitures et a déconsidéré le savoir et la connaissance.
Il a placé aux différents postes de responsabilité – recteurs et doyens – des sujets parmi les plus contestables.
Alors que dans tous les pays du monde, ces responsabilités échoient à des personnes qui sont choisies par leurs pairs -pour leur compétence, leur charisme, le respect qui leur est dû, leur ancienneté -, dans notre pays, les personnes auxquelles sont confiées ces missions sont les plus serviles et les plus soumis au pouvoir politique.
De mauvais modèles pour les étudiants qui prennent vite conscience ou qui sont convaincus que le travail, le mérite et la compétence ne sont pas la garantie pour l’accès à la responsabilité.
Cela fait désordre.
Le respect que chacun devra à cette institution disparait.
Mais il n’y pas que cela.
L’université est rongée par l’imposture.
Le plagiat gangrène les travaux des enseignants.
Au vu et au su des autorités de l’université qui laissent faire.
Les mémoires et les thèses des étudiants subissent le même sort.
Sans vergogne, tout le monde copie.
Copier/coller, cela est aisé aujourd’hui, les « malfaits » de l’informatique.
Une mentalité de voyou et une atteinte à la moralité qui doit prévaloir dans cette institution.
Un viol des consciences et une violence infligée aux étudiants.
Quelle différence entre ce comportement plagiaire et l’agression au sabre.
Aucune.
L’agression est la même, c’est la nature de celle-ci qui change.
Encore que personnellement je considère qu’autoriser le plagiat est encore plus dangereux sur le plan moral que fermer les yeux sur l’agression physique perpétrée au sein de l’université.
Il n’y a pas eu beaucoup d’enquête sur les plagiats.
J’ai même en souvenir qu’un enseignant avait été condamné à 8 mois de prison pour avoir dénoncé, dans la presse nationale, un plagiat.
C’était à l’université de M’Sila. Le recteur mécontent avait déposé une plainte contre cet enseignant.
Le monde à l’envers.
L’Algérie est sur la tête.
Et avec ça, l’inénarrable chef du FLN va raconter dans ses meetings électoraux que certains mettent en danger l’Algérie.
Il oublie qu’il vient de commettre une forfaiture, que c’est ce type de comportement qui met en danger moral notre pays.
« Le martyr vivant ».
Une espèce de plagiat, disons une imposture.
Ancien condamné à mort.
Décidément, c’est l’Algérie à l’envers.
L’hôpital se moque de la charité.
Le chef du moment du FLN oublie que c’est le régime du parti unique auquel il appartient qui a ruiné la moralité dans ce pays.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que cette violence qui progresse dans notre pays est inquiétante.
Elle est voulue.
Le pouvoir politique en use et abuse à souhait.
Un climat de terreur utile.
Un peuple inquiet, effrayé est facile à soumettre.
Il faut surtout soumettre l’université et les étudiants.
La contestation et la remise en cause viennent de là, n’est-ce pas?
L’université de Tizi Ouzou a fait des émules.

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