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Une femme a été immolée: à nouveau il y a menace sur la paix sociale en Algérie 8 septembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , trackback

Une femme a été aspergée d’essence et brûlée.
Elle meurt, dix jours plus tard, des suites des brûlures.
Dans l’anonymat, enfin presque.
Elle avait 34 ans.
Le responsable de cette « immolation » est un homme.
C’était à Constantine.
Un événement qui a traversé l’opinion publique comme un banal fait divers.
Pourtant, voilà un acte qui doit interpeler la conscience sociale et interroger l’autorité publique.
Un acte qui vient s’ajouter à d’autres qui participent des mêmes motivations et sans doute de la même logique.
Cet acte n’est pas ordinaire, il a un message qu’il faut comprendre et il est une erreur de l’inscrire dans la simple rubrique de la délinquance sociale.
Une femme a été assassinée parce que c’est une femme. Ce fait est à comprendre comme cela. Et de façon implicite, il lui est reproché quelque chose.
Mais je ne vais pas conjecturer sur les motivations qui ont amené cet individu à commettre ce meurtre, il faut attendre les résultats de l’enquête.
Toutefois, je constate que les passages à l’acte de ce type se multiplient dans notre pays. Comme si leurs auteurs s’autorisaient à disposer de leurs victimes, de la vie de celles-ci.
« J’ai le droit de vie ou de mort sur toi ».
Cela est d’autant plus vrai quand la victime est de sexe féminin.
Une espèce de droit divin, coutumier, tutoriel – que sais-je encore? – que le bourreau s’arroge.
Il y a quelques mois, à M’sila, un individu renverse avec sa voiture une jeune femme parce qu’il voulait absolument la posséder, en faire son objet de plaisir, sa proie.
« Tu dois être à moi, sinon je t’élimine ».
Non, je crois qu’il se passe quelque chose de grave dans notre pays.
Il est entrain de s’ériger une mentalité dangereuse pour la paix sociale.
Un scénario, que nous avons déjà vécu, est entrain de se réécrire. Personne ne peut dire que cela se fait à notre insu.
Une violence insidieuse, particulière, différente de la violence sociale « ordinaire » est entrain de (re)prendre possession de la société. Celle-ci, cette violence – pour (ré)infiltrer aisément le corpus social -, se drape des oripeaux de la tradition ou de la religion pour se revendiquer du droit céleste. Une espèce de légitimation morale qui autorise toutes les dérives.
Nous avons connu cette situation.
Une logique qui avait prévalu, il y a plusieurs années, dans l’affaire des femmes de Hassi Messaoud. Des femmes de moeurs légères nous avait-on dit, en ce temps.
Est-ce les mêmes raisons qui ont amené à l’assassinat de cette jeune femme de Constantine?
Cette forme de violence s’abrite derrière la violence sociale ordinaire pour avancer, pour occuper l’espace social, avec pour seul but: faire peur, terroriser la société afin de la soumettre.
Une démarche politique qui est loin de la banale violence sociale mais qui n’hésite pas à s’en servir au besoin.
Le passage à l’acte volontairement spectaculaire et public participe de cette stratégie.
C’est pourquoi la conscience sociale doit être plus que jamais interpelée; c’est pourquoi aussi l’autorité publique doit prendre ses responsabilités et agir vite pour ne pas laisser le pays replonger dans la violence des années 90.

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