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Algérie: crise morale, crise de valeurs. 4 septembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , trackback

Nous sommes, dans notre pays, l’Algérie, en pleine crise morale, nous sommes immergés dans une crise éthique.
La pire situation que peut vivre une communauté, une société.
La morale est le principal pilier sur lequel viennent s’ériger – ou à partir desquels vont se constituer – les interdits fondamentaux indispensables à tout groupe social pour vivre dans l’harmonie et la paix.
La morale?
C’est cette sentinelle qui veille en permanence et qui vient rappeler à chacun d’entre nous ce qu’il n’est pas possible de faire.
Un peu comme le « surmoi » – cette instance psychique que Freud a énoncé dans la théorie psychanalytique – qui interdit à l’individu toute transgression des lois sur lesquelles le consensus social est établi.
Quand une société est en pleine crise morale, il n’y a plus de digues pour la protéger, pour maintenir l’ordre social.
La digue?
La culpabilité.
Avoir le sentiment d’être coupable d’avoir commis quelque chose qui est interdit, qui ne se fait pas.
Quand ce sentiment de culpabilité ne se dresse pas dans un coin de la tête de l’individu, quand ce dernier ne peut pas, ne veut pas, prendre conscience de la faute commise, alors la société est en danger.
Les esprits sont corrompus et chacun des individus qui composent la communauté agit pour son propre compte.
Le destin de la communauté est compromis.
Apparaissent, alors, des comportements de prédation avec la violence qui leur est consubstantielle.
Les conduites anti-sociales, de délinquance, se multiplient, la violence sociale s’empare de la cité.
Chacun pour soi, plus personne ne pense au devenir de la communauté, plus personne ne soucie du destin commun.
« Tag 3ala man tag ».
La société est délabrée, defaite.
N’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays?
La course effrénée aux privilèges quoique cela en coûte à la communauté.
Tous les moyens sont permis.
Mais le pire est quand ce phénomène gangrène des institutions comme l’université. Cette histoire de plagiat et du vol du travail intellectuel d’autrui est la pire des prédations qui puisse se produire.
La tête pensante de la société, celle qui « donne le tempo » de l’exemplarité, le modèle à suivre, est avariée, contaminée par la pourriture.
Le témoin de la mortification de la société.
Mais si l’institution universitaire est corrompue, c’est parce que les institutions républicaines le aussi.
Il n’y a plus d’Etat, il n’y a plus d’ordre institutionnel.
C’est pourquoi la promulgation de cet arrêté du ministère de l’enseignement supérieur pour lutter contre le plagiat est un acte dérisoire, une gesticulation pathétique qui – en d’autres circonstances – aurait prêté à rire.
La solution?
Il faut tourner la page de la République née de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et fonder une deuxième République avec un nouveau personnel politique et de nouvelles règles de gouvernance.
Bannir la corruption érigée en mode de gestion des affaires publiques depuis la libération de l’Algérie du joug colonial fran’çais.
Une promesse du congrès de la Soummam du 20 août 1956.
Ce destin appartient à la jeunesse de ce pays; l’histoire les convoque avec insistance à ce rendez vous.
Ils doivent faire preuve d’audace et sonner le glas de ce système politique qui a mené la patrie à l’impasse.
Ils doivent agir et s’impliquer dans l’action politique de façon pacifique mais déterminée.
Il y va de leur avenir.
Mais cela est un autre problème.

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