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A propos du plagiat dans les universités algériennes : un arrêté ministériel pour y mettre fin? 1 septembre, 2016

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , trackback

Je ne veux pas être de mauvais augure mais je peine à croire que le plagiat sera banni de nos universités.
En tout cas, pas de sitôt.
Un arrêté ministériel de l’enseignement supérieur vient d’être signé pour punir toutes formes de copie, de triche et de vol du travail d’autrui.
Vous me direz, il vaut mieux tard que jamais.
Moi je vous dis que le ver est dans le fruit. Le plagiat est devenu dans notre pays la norme, s’il n’est pas normatif.
Le plagiat, le vol du travail d’autrui, prendre ce qui ne nous appartient pas et en faire sa propriété, s’accaparer le fruit de l’intelligence de l’autre…est un état d’esprit qui gangrène toute l’institution universitaire. C’est pourquoi je doute qu’un arrêté – s’il est appliqué, parce que cela n’est pas sûr – puisse venir à bout de ce fléau.
Il faut changer des mentalités. Le vrai travail à faire, c’est celui là.
Et il y a du boulot.
Nous sommes dans un pays qui célèbre l’imposture et la mystification et qui voue aux gémonies le mérite et l’exemplarité.
L’Algérie a divorcé avec l’intelligence et le travail pour convoler en justes noces avec la ruse et l’esbroufe. Les deux seuls arguments en cours, dans notre pays, pour accéder à la responsabilité et à la décision, politique notamment.
Nous vivons une réelle crise de valeurs et je ne suis pas convaincu qu’une décision ministérielle réglera, à elle seule, un problème d’une telle ampleur.
Comme je ne crois pas que cet arrêté suffira à dissuader les faussaires et à réduire le plagiat, les copier-coller…
Il va falloir mener une vraie bataille contre cette « mentalité de rentier » qui fait croire aux auteurs de plagiats que tout leur est dû et qu’ils peuvent s’approprier naturellement, impunément – avec parfois des encouragements – le produit du travail d’autrui.
Le système politique algérien a érigé son pouvoir sur l’imposture.
Il a promu les faussaires et les mystificateurs de tous acabits. Parce que ces derniers lui sont redevables, ils le servent en retour.
Un mode de gouvernance qui a corrompu les esprits et qui a fait des émules, nombreux, à tous les échelons de la responsabilité.
Comment voulez vous qu’un étudiant ne cherche pas à tricher, à plagier, alors qu’il sait que ses enseignants ont eu leur titres et leurs postes en usant de telles pratiques?
Beaucoup de privilèges vont avec la responsabilité et personne n’est prêt à concéder l’un ou l’autre, encore moins les deux.
Pour autant, le seul chemin à emprunter, si l’on veut changer les choses, est celui de la réhabilitation du travail et du mérite.
Sans doute il faut changer le mode gouvernance. Autrement dit, changer la nature du pouvoir.
Tiens! Commencer déjà par changer la façon de nommer les responsables à l’université, les doyens et les recteurs.
Ne pas les désigner selon leur accointance ou leur proximité avec le pouvoir mais les faire élire par leurs pairs selon leur compétence, leurs titres universitaires et leur charisme.
Un gage de la volonté du système de bannir le plagiat de cette honorable institution.
Faute de quoi, tous les arrêtés ne seront que du Festi.
Je rêve.
C’est bon de rêver.

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