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Bonne et heureuse année. 2 janvier, 2019

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C’est le premier jour de l’an.
Vous vous êtes, pour la plupart, mis au lit après une nuit de fête.
Une nuit de promesses, de résolutions, et pour certains – peut-être beaucoup, d’ailleurs – une nuit dionysiaque ou la recherche du plaisir (avec ses excès possibles) le dispute à l’envie de consumer au plus vite l’année à venir.
Mais c’est ça le réveillon de la nouvelle année, sinon il ne le serait pas.
Certains se réveilleront avec le sourire, d’autres avec la gueule de bois propre aux excès mais qu’à cela ne tienne, ce premier janvier 2019 sera pour tous le jour annonciateur d’une année porteuse d’espoirs.
Le bonheur nait de l’espérance, personnellement j’y crois dur comme fer.
Alors empruntons tous le chemin de la vie avec la conviction qu’il nous appartient de lui donner les contours que nous voulons.
N’oublions pas toutefois que notre bonheur dépend aussi de celui des autres, de celui de la communauté à laquelle nous appartenons.
N’oublions pas que notre bonheur dépend de la prospérité de notre pays.
Alors abandonnons l’égoïsme étroit qui peut nous tenter et ayons le souci du destin commun.
En participant à la construction de notre avenir à tous, c’est notre bonheur que nous garantissons.
C’est l’une des résolutions – la seule vrai (?) – qui doit éclairer le chemin à emprunter pour passer le gué de cette nouvelle année.
Très bonne année à tous.

Voir midi à sa porte 15 novembre, 2018

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je ne sais pas vous mais moi je ne vois pas toujours midi à ma porte.
Je veux dire que je ne vois pas les choses comme je veux les voir, autrement dit en fonction de mes intérêts et de ce qui me parait important pour moi.
Je ne vois pas les choses en fonction de mes désirs.
Je les vois – en tout cas j’essaie de les voir – comme elles sont, comme chacun pourrait les voir.
Vous savez pourquoi?
Eh bien parce que quand on s’obstine à voir les choses comme on le désire, pas comme elles sont, on se raconte des histoires.
On se fait du cinéma.
On se fait plaisir, il est vrai, mais on se goure.
On se fourre le doigt dans l’oeil, parfois jusqu’à l’omoplate, jusqu’à être aveugle.
On se leurre.
On est solitaire dans cette situation.
Parce les autres ne voit pas ces choses comme nous.
Ils les voient autrement.
Il y a certes des nuances, parce que qu’il y a des sensibilités différentes mais il y a consensus, un espace commun où les uns et les autres se retrouvent.
Un lieu d’entente.
Midi passe alors d’une porte à une autre sans problème, sans histoire.
Les intérêts – et les désirs – des uns et des autres sont sauvegardés.
Si on veut enchainer midi à notre porte, on se singularise.
On se met à l’écart des autres.
On veut tout pour soi.
Notre regard sur les choses devient atypique, curieux, en tout cas isolé.
Et si on persiste à penser que midi doit être uniquement à notre porte, alors on n’est pas dans la réalité.
On est tout entier à son désir, on en est esclave.
On est à côté de l’évidence, on est dans le délire.
Ce n’est plus de l’originalité, c’est de la folie.
Voilà, c’est dit.
Une situation qui peut générer des conflits…d’intérêts.
On pense qu’on a nécessairement raison, qu’on est dans le vrai.
C’est notre vérité.
L’illusion.
Mais ce n’est pas la vérité.
Ce n’est pas celle des autres, non plus.
Les autres ne voient pas midi à la porte qui est la notre.
Chacun le voit à la sienne, de porte, mais ils savent que midi est libre et qu’il peut être à celle de l’autre et à la notre, aussi.
C’est toute la différence et c’est là la vérité.
Etre capable de se dire que midi est à la porte de chacun et qu’il peut aller de l’une à l’autre porte.
Parce que midi doit pouvoir aller librement d’une porte à une autre.
Parce que nos désirs ne doivent pas l’enchainer et nos envies l’emprisonner.
Notre vérité n’est pas la vérité.
Elle ne doit pas obscurcir notre conscience et ligoter notre raison.
Je ne sais pas vous mais moi je ne vois pas toujours midi à ma porte.
J’essaie d’imaginer qu’il peut être à l’autre porte.
Plus souvent d’ailleurs à l’autre porte qu’à la mienne.
J’y arrive toujours.
Je sais que c’est ce regard sur midi qui fait que je ne reste pas arc-bouté sur d’hypothétiques certitudes.
Je n’en ai aucune, d’ailleurs.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que pour évoluer, je dois douter et sans doute (?) en permanence interroger ma conscience…pour la maintenir en éveil.
C’est un exercice auquel je me prête toujours avec autant de détermination.

Action civique et politique en Algérie: entre opportunisme et démission. 20 octobre, 2018

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Beaucoup de nos concitoyens – et quelques uns parmi ceux qui interviennent dans ma page Facebook – sont pessimistes quant à l’avenir politique de notre pays.
Ils ont une attitude de défiance (et de méfiance) envers l’action politique et envers ceux de nos concitoyens qui s’engagent dans cette dernière, ceux de nos concitoyens qui veulent avoir un rôle politique.
Voilà une attitude qui peut se comprendre, au regard de ce que chacun de nous peut observer et surtout au regard du résultat de l’action de nos acteurs politiques.
Tout le monde est d’accord pour dire que le résultat est lamentable.
Mais n’est-ce pas parce que les « bonnes volontés » sont dans cette attitude de défiance que les autres se sont engouffrés dans l’action politique et qu’ils font…ce qui ne nous convient pas?
« La nature ayant horreur du vide… »
A qui faut-il en vouloir?
A ceux qui mettent la main à la pâte et qui font ou à ceux qui ne s’engagent pas et qui laissent les autres faire, puis qui ne sont pas contents et « s’investissent  » dans la critique acerbe.
Je pense qui si nous restons au bord du chemin à attendre, si nous sommes dans l’expectative, nous ne ferons rien d’autre que nous plaindre – parce que tout le temps insatisfaits.
Personnellement, je suis de ceux qui font.
Je choisis toujours de faire, au risque de me tromper et de subir la critique.
Les critiques font toujours mal mais il faut les encaisser dès lors que nous sommes convaincus de la justesse de notre choix.
C’est d’ailleurs comme cela – avec ce type de déconvenues – que nous apprenons à avancer.
C’est comme ça que nous apprenons à écouter les autres, à entendre la communauté et à tenir compte de ses doléances.
C’est comme ça que nous progressons et que nous faisons progresser les choses.
C’est ainsi que les griefs qui nous sont faits nous font grandir.
Nous apprenons à nous rendre utile.
Si nous restons à distance de l’action politique, nous ne participons pas à la construction de l’avenir commun.
Si nous nous détournons de l’action politique, nous tournons le dos à notre propre destin.
Les autres le font, à l’insu de notre plein gré puisque nous les laissons faire, puisque nous avons déserté le terrain.
Ils bâtissent ce destin comme ils le veulent, pas comme nous le souhaitons
C’est naturel, c’est dans l’ordre des choses.
Alors, nous ne devons pas nous plaindre et critiquer.
Tout n’est pas blanc en politique, ce qui se passe dans le monde politique n’est pas toujours joli à voir.
Je ne vous apprends rien, c’est une vérité.
Mais tout n’est pas noir non plus.
La politique fait de belles choses, vous le savez aussi.
Il y a donc toutes les nuances.
Ces nuances peuvent aussi être de mise dans notre pays, chez nous.
Pourquoi tout serait noir dans notre pays ?
Ne sommes-nous pas, nous algériens, également éligibles à une action politique propre, honnête et au service de la communauté?
Tous ceux qui se sont engagés sur ce chemin ne sont pas des pourris ou des personnes qui ne cherchent que leur intérêt.
Certaines parmi ces personnes – j’en ai la conviction – aiment ce pays et oeuvrent à son bien-être.
Je suis optimiste, je veux croire cela.
Les escrocs politiques existent partout dans le monde.
Ils existent chez nous.
Ils sont trop nombreux, je vous le concède, et ils nous pourrissent la vie.
Ils sont dans le pouvoir, ils sont aussi dans l’opposition, qu’on ne s’y trompe pas.
Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut rester à distance de l’action politique, qu’il ne faut pas faire.
Qu’il faut laisser ceux là faire sans agir.
Il appartient donc à chacun de se libérer de ce pessimiste – qui a engourdi les esprits et ligoté les volontés – et d’entrer dans l’arène, de prendre des risques, le risque.
Et puis, il y a ceux, notamment parmi les intellectuels, qui adoptent une espèce d’arrogante et confortable neutralité politique.
Des personnes qui pensent que c’est cuit, foutu, qu’il n’y a plus rien à faire et qui oublient que c’est parce qu’elles n’ont rien fait quand il fallait faire.
Des personnes qui se considèrent au dessus de la mêlée, des « puristes » qui se tiennent à distance de tout, qui intellectualisent et donnent des leçons.
Qui disent que les médiocres ont pris les places et oublient que, eux, les bons, les génies, ont abandonné les lieux, sont en désertion.
Ceux là ne s’engagent dans rien, ils pensent.
Cela leur suffit.
C’est leur point de vue, sauf que celui-ci est erroné.
Parce que personne n’incarne l’exemplarité et personne n’a de leçon à donner à personne.
Retrousser ses manches et s’engager dans la mêlée, il n’y a que cela de vrai.
Chacun a le devoir de s’impliquer dans la construction du destin commun.
Comme chacun peut, le sent, le souhaite…en toute liberté.
C’est le libre arbitre de chacun.
C’est, de mon point de vue, la condition pour accéder à la pleine citoyenneté, avec les droits et les devoirs que celle-ci implique.
Alors, faisons et n’ayons pas peur de nous tromper, car si nous ne faisons pas, les autres feront.
Nous serons fait(s).
Chacun peut constater, au regard de ce qui se passe présentement dans notre pays, que nous sommes fait(s).
C’est de la faute à qui?

L’exemplarité. La grande absente dans la gouvernance de notre pays. 28 septembre, 2018

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L’exemplarité, dans notre pays n’est pas à l’ordre du jour. Elle repassera. L’on se demande après pourquoi les plus jeunes vont chercher ailleurs leurs modèles. Pourquoi ils ont été les trouver en Afghanistan ou en Iran, il y a une trentaine années. Et pourquoi ils vont aujourd’hui les ramener de l’Arabie Saoudite. C’est que les modèles que nous avons par ici ne sont pas jolis.

Quand ils sont empruntés, les modèles ne conviennent jamais. Surtout quand ceux-ci veulent « faire table rase » de ce qui s’y trouve déjà. Leur intégration, dans le puzzle local – parce qu’il faut les « digérer » -, pose problème. Ils entrent en conflit avec le « modèle indigène » – mauvais, il faut le souligner – et cela fait mal. Cela fait des dégâts. Ceux-ci, les dégâts, sont encore plus importants quand les modèles importés entrent en conflit, entre eux. Des pièces qui ne trouvent pas de place dans le puzzle complexe mais fragile de chez nous.

La décennie rouge… lire la suite…

La violence dans les hôpitaux:un entretien à paraitre aujourd’hui, 16 septembre 2018, dans le quotidien gouvernemental Horizons. 16 septembre, 2018

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Cette entretien a été réalisé par Madame Dehiles, journaliste au quotidien Horizons.

1 – Comment expliquez-vous les actes de violence enregistrés dans les hôpitaux ?

Les actes de violence qui se produisent dans les hôpitaux ne doivent pas être dissociés de la violence sociale croissante qui s’est emparée de la société. L’algérien est à bout de nerf, il est en permanente ébullition et son agressivité est à fleur de peau. La moindre situation conflictuelle le fait entrer dans le cycle infernal de la violence. Il passe à l’acte au moindre mécontentement, à la moindre contrariété ou encore au moindre obstacle qu’il rencontre sur son chemin. La goutte qui fait déborder le vase. Un cas de figure qui peut se produire dans une enceinte hospitalière s’il est malade ou si un des siens présente des soucis de santé. Il y a des raisons, bien sûr, à cette violence sociale. L’algérien n’est pas violent « génétiquement », il a été amené à le devenir. La vie qu’il mène, son quotidien difficile, le mépris dont il est victime, l’injustice sociale et l’impossible accès à la décision concernant son destin et celui de la communauté l’ont poussé à ses derniers retranchements. Il vit dans l’indignité, c’est pourquoi il a de la rancoeur, quelquefois de la haine, et qu’il est en colère permanente. Il veut cogner et il le fait dès que l’occasion se présente. Dans nos structures de santé, les occasions de donner libre cours à sa rage ne manquent pas. Le sujet arrive à l’hôpital avec l’idée qu’à sa souffrance s’ajoutera la difficulté d’accéder aux soins. Un préjugé fréquent mais souvent vrai. lire la suite…

Le sentiment d’impuissance. Et maintenant que vais-je faire? 11 septembre, 2018

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Il m’arrive d’avoir un sentiment d’impuissance quand je suis face à un(e) personne qui souffre beaucoup, qui souffre trop.
Une personne qui est accablée et qui est dans le désespoir absolu.
Un sentiment d’impuissance paralyse mes neurones et inhibe mes ressources intellectuelles.
Mon cerveau est hors service, inopérant.
Un sentiment d’incapacité qui me fait croire au dérisoire d’une possible action et à l’inutilité de ce que je peux apporter comme aide.
Pourtant je fais.
Je m’obstine à agir. lire la suite…

Le chewing gum, ce fléau… 26 août, 2018

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Je ne m’accommode pas de ce désordre qui s’est emparé de notre quotidien et de notre société.
Chacun fait ce qu’il veut, chacun est dans son désir et peu importe ce que notre comportement peut apporter comme nuisance au voisin.
Regarder par exemple le chewing gum, beaucoup de personnes le mâchouillent.
Ce faisant, certains individus donnent l’impression de ruminer, d’autres le font bruyamment.
Des bulles qui éclatent et une bouche ouverte au point de laisser apparaître jusqu’aux amygdales.
Cela est désagréable si vous êtes à proximité, si vous partagez un transport en commun, une salle d’attente ou encore un bureau.
Mais le pire est que le chewing gum est polluant.
Il est jeté à terre, dans la rue et vient se coller à votre chaussure.
Allez vous en débarrasser.
Il est collé sous la chaise où l’on est assis, dans la salle d’attente ou du bus.
Quelques fois vous le prenez dans le fond de votre culotte. lire la suite…

Enlèvements et meurtres d’enfants et peine de mort: le débat est relancé. 22 août, 2018

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

A la suite du viol et du meurtre de la petite Salsabil, à Oran, un ancien ministre de la République demande l’exécution sur la place publique des personnes qui se rendent coupables de tels crimes.
Le débat sur la peine de mort est ainsi relancé.
L’irruption de ce type de crime n’est pas un épiphénomène.
Il est l’arbre qui cache la forêt, et s’il se manifeste à nouveau aujourd’hui c’est parce que la société est défaite et que les interdits fondamentaux qui garantissent l’ordre social se sont effondrés.
Des comportements naturellement facilités par le délabrement des institutions de la République et le recul de l’autorité de l’Etat.
Ce sont là les éléments cardinaux qui contribuent à l’émergence de cette nouvelle forme de violence sociale.
Une délinquance horrible, effroyable.
Une abomination d’autant plus insupportable que les sévices infligés à l’enfant enlevé sont cruels.
Une cruauté qui inquiète et interpelle la conscience sociale, une libération des instincts qui interroge la société, une débauche de monstruosité qui témoigne de l’inhumanité des auteurs de tels forfaits.
Une délinquance qui constitue un véritable traumatisme psychique et génère dans le corps social un indicible et envahissant sentiment d’insécurité.
Pour autant, brandir le spectre de la peine de mort – le « meurtre légal, officiel » – ne constitue pas la bonne réponse à cette situation.
Agiter le fantôme de l’exécution du coupable – sur la place publique – ne rétablira pas l’autorité de l’Etat et ne restaurera l’ordre social.
La cruauté des criminels ne disparaitra pas du fait de la brutalité de la loi et des institutions.
Le spectre de cette peine extrême ne fera donc pas se reculer la violence sociale – croissante dans notre pays – et définitivement disparaître, de la cité, la criminalité.
Si cela devait être le cas, la peine capitale aurait été instaurée depuis longtemps à travers toute la planète ; l’Humanité est dans le mouvement contraire, dans le sens de son abolition.
La peine de mort constitue une vengeance collective, la réciprocité dans le crime, et le fait de reproduire le meurtre – de façon légale (légitime, je devrais dire) – ne peut pas conjurer celui-ci et constituer une garantie pour l’avenir.
« Faire du coupable une victime serait accomplir l’acte même que réclame la vengeance, ce serait obéir strictement aux exigences de l’esprit violent », a écrit l’historien et philosophe René Girard (la violence et le sacré, éditions Pluriel).
La violence ne peut pas – ne doit pas – constituer une réponse à la violence.
Pour autant, l’Etat algérien a, par l’amendement du code pénal et l’introduction de l’article 293 bis, autorisé les représailles institutionnelles.
Une démarche qui a, sans doute, valeur de catharsis sociale mais qui est inopérante, d’abord parce que la peine de mort ne restaurera pas les interdits sociaux qui fondent l’ordre social, ensuite parce que l’Algérie a ratifié les conventions internationales contre l’application de la peine de mort.
Pour que la violence et la délinquance reculent, il faut reconstituer le ciment social.
Alors, il faut moins de misère, moins d’inégalités et moins de hogra.
Il faut plus de justice.
Il faut que la loi soit au dessus de tous et qu’elle ne s’applique pas uniquement au citoyen lambda et au faible.
Il faut que l’algérien accède au statut de citoyen digne, avec la possibilité d’exercer son libre arbitre et de participer à la décision politique, celle qui engage son destin propre mais aussi celui de sa patrie.
Il faut que la probité et la droiture soient érigées en valeurs pérennes et que le pouvoir politique en soit à la fois le garant et le modèle.
L’intelligence et la compétence ne doivent plus être marginalisées et forcées au silence ou à l’exil, elles doivent être réhabilitées et constituer les seuls arguments sur lesquels doivent reposer le mérite et l’accès à la responsabilité.
La ruse et l’imposture ne doivent plus être des critères d’accession à la décision, notamment politique, et l’exemplarité doit prévaloir dans l’exercice de la responsabilité et ce, quel que soit le niveau où elle se situe.
Ce sont là les arguments à même de permettre l’érection des interdits fondamentaux qui fondent l’ordre social et la mise en place des mécanismes régulateurs indispensables au maintien de la paix dans la communauté.
Tout le reste participe de l’incantation et/ou d’arrières pensées politico-religieuses.

Le Pr M. Boucebci, un enseignant dévoué et un exemple d’engagement intellectuel et citoyen. 16 juin, 2018

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette année, le congrès de psychiatrie et de neurologie de langue française (CPNLF) a réservé, dans son programme, une plage horaire pour rendre hommage au professeur Mahfoud Boucebci. C’était en mai dernier à Bastia en Corse. J’étais parmi les personnes invitées à témoigner, je n’ai pas pu m’y rendre. Voici l’hommage que je devais lui rendre.
Mahfoud Boucebci avait, dans sa carrière, rencontré d’énormes difficultés, sans doute à cause de sa rigueur intellectuelle et de son amour du travail. Il avait, sa vie durant, célébré le mérite et la compétence et dénoncé l’imposture. Cela ne plaisait pas, cela dérangeait. Mettre sur pied le service que l’on venait de lui attribuer était un véritable challenge. Un couvent de soeurs blanches, perdu dans une forêt à la périphérie d’Alger, difficile d’accès, et qu’il fallait adapter aux besoins de l’activité de soins qu’il projetait d’offrir à ses concitoyens. Un « cadeau » sans mesures d’accompagnement matériel et financier. Sa nomination à cet endroit était un piège, il le savait. Un défi à relever, ce qu’il fit en dépit de l’adversité permanente qui avait émaillé cette aventure. C’en était une. C’était fin des années soixante dix. Personne ne s’occupait encore des enfants présentant des troubles mentaux, il avait décidé de le faire. C’était à ce moment là qu’il prit conscience de la complexité du problème et de ses ramifications sociales et politiques. Le drame de l’enfance abandonnée et des mères célibataires était pour lui une révélation. Il s’y était investi et avait décidé de révéler au grand jour la tragédie qui se déroulait dans les pouponnières d’Alger. Il avait fait faire des travaux de recherches à ses élèves et fait soutenir des mémoires de psychologie pour montrer que les désordres psychiques dont étaient victimes les enfants élevés en pouponnière étaient dévastateurs. Les carences affectives précoces et les troubles de l’attachement. Il n’avait de cesse de dénoncer les conditions inhumaines dans lesquelles vivaient ces enfants sans familles et militait pour leur adoption rapide en dépit d’une législation algérienne qui refusait, en ce temps, le placement de ces enfants dans des familles. lire la suite…

Pour venir à bout de la violence sociale, il faut la volonté politique. 14 juin, 2018

Posté par docteurboudarene dans : interviews , ajouter un commentaire

Cet entretien est paru ce jour 14 juin 2018, sous la plume de Amine Bouali, dans le quotidien national d’information Le Quotidien d’Oran.

1/ Dans votre dernier livre, «La violence sociale en Algérie», vous écrivez que «la violence est devenue banale, ordinaire dans notre pays. Elle s’est emparée du corps social et est devenue structurelle». «Les individus se promènent, écrivez-vous, avec des gourdins dans les voitures, des couteaux dans la poche, des sabres sous les kechabias». Comment expliquez-vous, Dr Mahmoud Boudarène, de tels comportements? L’Algérien est-il agressif de naissance? Y aurait-il des êtres, des époques (je pense à la terrible décennie rouge algérienne des années 1990) et même des peuples moins pacifiques que d’autres? 

La violence est croissante dans notre pays et le passage à l’acte agressif est pratiquement devenu la seule voie de résolution des conflits entre les individus. Le dialogue passe par l’anathème, l’insulte, les coups, le pugilat, par le règlement de comptes entre factions rivales ou encore par des guerres entre les communautés. Les gens ne se parlent plus et l’algérien est devenu violent, cela est une réalité. Toutefois, je ne crois pas que la société ait pu par ses seuls dysfonctionnements et le désordre social qui en aurait découlé engendrer ce climat de violence. L’algérien n’est pas né violent, il a été amené à le devenir. Son histoire récente et les conditions dans lesquelles il vit présentement l’ont conduit à ne connaitre rien d’autre que l’agressivité. La colonisation française, la guerre de libération nationale, la violence politique qui a surgi durant la révolution et qui a prévalu au lendemain de l’indépendance, la violence terroriste des années 90 sont autant de traumatismes qui n’ont pas pu ne pas laisser de séquelles et se transmettre à travers les générations. La pauvreté, les inégalités  sociales et la Hogra, le manque de liberté et de démocratie, conditions dans lesquels le jeune algérien vit encore aujourd’hui s’y sont additionnés et ont fini par l’acculer dans ses derniers retranchements. Il est pris au piège d’une vie anxiogène, il est au plus mal et ne réagit plus qu’en mordant. lire la suite…

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