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L’université algérienne est malade. 20 juin, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je ne sais pas vous mais moi je m’inquiète de plus en plus de la violence croissante à l’université.
J’ai déjà eu à m’exprimer à ce sujet.
Un enseignant aurait été, selon la presse, assassiné à Miliana à coup de marteau.
Il aurait eu le tort d’empêcher les deux meurtriers de copier. Des étudiants.

Le fait de personnes marginales il y a quelques années – qui peut, par ailleurs, survenir sous tous les cieux – qui devient un fait ordinaire aujourd’hui.

Cela est, au plus haut point, inquiétant.
Des agressions nombreuses d’enseignants ont déjà eu lieu, par le passé, dans d’autres universités.
Pour les mêmes raisons.
Grave.
Trop grave.
Les autorités ne semblent pas vouloir aller au devant du problème.
Elles ne laissent faire.
Histoire de laisser pourrir la situation et de réduire à néant l’université algérienne?
Histoire de délabrer définitivement la société en ruinant son élite?
Après tout un climat d’insécurité généralisée peut arranger le système.
Un peuple qui a peur est facile à soumettre.
Il faut évidemment faire peur aux universitaires, enseignants et étudiants.
Les étudiants ont aussi peur d’une telle situation de violence.
Tous ne veulent pas copier.
Il serait injuste de mettre tout les étudiants dans le même sac.
Les copieurs et ceux qui se comportent comme des délinquants ne sont pas si nombreux mais ils passent à l’acte.
Ils sont violents.
Ce climat de violence est entretenu par l’agression régulière des étudiants et des enseignants.
Très souvent pour ne pas dire toujours par des personnes extérieurs à l’enceinte universitaire.
Des baltaguis.
Pour des raisons politiques…
Pour empêcher les enseignants de s’organiser librement.
Pour faire taire les étudiants qui militent pour leurs droits ou qui sont engagés dans des activités citoyennes et partisanes.
Il faut empêcher l’université de jouer son rôle d’éveil de la conscience sociale.
Il faut la domestiquer et la soumettre.
Le système y a mis les siens pour ce faire.
Des enseignants…
Qui se comportent aussi comme des délinquants et qui, forts de leur statut, terrorisent étudiants et enseignants.
Dans l’impunité.
Le système a autorisé le plagiat et l’usurpation de titres.
Il a fait de l’imposture un accès privilégié à la responsabilité.
Il a marginalisé la compétence et fait du mérite le maudit, l’exclu de la décision.
C’est une forme de « violence ordinaire », aujourd’hui, dans l’enceinte de nos universités.
Un fait avéré, admis et une communauté universitaire résignée.
Le système ne dédaigne pas, s’il le juge utile, la violence physique.
Il en use très volontiers pour intimider, pour faire peur.
Les baltaguis…
Pendant ce temps, l’institution universitaire se décompose.
Elle se putréfie et l’odeur qu’elle dégage arrive jusque dans la société, déjà elle même en décomposition avancée.
L’une aggravant l’autre par une espèce de contagion…
Tout cela n’est pas bon pour la paix sociale.
Tout cela présage du pire.
Je ne sais pas vous mais moi je suis inquiet.
Si nos étudiants s’attaquent au marteau à nos enseignants et si personne ne fait rien alors…
La situation est grave et l’avenir sombre.
Je suis gagné par l’effroi.

A propos des harragas: correspondance avec une universitaire française. 9 juin, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Le problème des harragas se pose toujours avec autant d’acuité et est, corrélativement avec les problèmes que vit la jeunesse algérienne, plus que jamais d’actualité. – Parce que ce phénomène s’est accentué cet été et a fait quotidiennement l’objet d’écrits dans la presse nationale sans que les pouvoirs publics ne s’en émeuvent outre mesure et ne soient capables d’apporter  de solution autre que la répression. – Parce que le désespoir des candidats à l’émigration clandestine est tellement grand qu’ils refusent « activement » d’être arraisonnés par les gardes côtes. Faut-il rappeler en effet qu’un groupe de harragas, interpellé en haute mer, a jeté son embarcation contre la vedette des gardes côtes. Il y a eu deux morts dans cet accident. – Parce que les parents ont interpellé avec détermination l’Etat pour qu’il trouve de vraies solutions aux vrais problèmes de leurs enfants.

Il est indispensable de rappeler aux lecteurs que trois rencontres ont été initiées, depuis deux ans environ, par les pouvoirs publics – dont une par le Président de la République – pour réfléchir (?) aux problèmes réels de la jeunesse algérienne… sans lendemain.

Pendant ce temps, à l’étranger, des universitaires planchent sur ce phénomène qu’ils essaient de comprendre de leur point de vue, c’est-à-dire du point de vue du pays d’accueil et des législations en vigueur. Mais ils essaient également de comprendre le drame des harragas de l’autre point de vue, c’est-à-dire des motivations profondes qui amènent le sujet à se jeter dans cette aventure incertaine.

C’est dans cette perspective que Anne Marie MAISONNEUVE s’est intéressée à ce qui s’est écrit en Algérie sur ce drame humain, véritable, et qu’elle m’a adressé cette correspondance, que je livre à mes lecteurs. Je rappelle que j’ai écrit, à ce sujet, plusieurs contributions dans le quotidien national El Watan (rubrique « idées-débats »). Ces contributions peuvent être retrouvées dans mon blog (rubrique « articles de presse »).

- suicide, toxicomanie, harraga, jeunesse et désespérance

- jeunesse et loi de finances 2008

- harraga, délinquance ou quête du bonheur

- les jeunes, ces oubliés du plan d’action du Président

Voici mes échanges épistolaires avec Anne -Marie MAISONNEUVE.

Je ne la présente pas volontairement aux lecteurs. Elle s’en charge elle-même dans cette correspondance.

lire la suite…

Le vizir premier est mort vive le premier vizir. 7 juin, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Il est parti, Sellal.
Il est arrivé, Tebboune.
Le vizir premier est mort vive le premier vizir.
Et avec, le programme du président.
Vous ne le savez peut-être pas mais moi je le sais.
Je viens de l’apprendre.
Les décisions de l’ancien premier ministre viennent d’être annulées – pas toute, ouf.
Seulement certaines grandes décisions, elles sont bloquées.
Le nouveau premier ministre et son staff sont entrain de plancher pour les remplacer.
Avec de meilleures, naturellement.
On s’est rendu compte « en haut lieu » qu’elles ne sont pas bonnes, les décisions du wazir précédent.
Pour l’économie nationale qu’on nous dit.
Mais peut-être que c’est pour d’autres raisons, pour d’autres intérêts.
Qui sait?
Pour autant, toutes les décisions prises par les ministres – d’avant ou d’après – s’inscrivent dans le programme du président.
C’est ce qu’on nous dit depuis 1962.
La mise en oeuvre le programme du président, c’est nouveau.
C’est depuis 1999.
Le FLN, le RND et d’autres partis politiques défendent toujours celui-ci, ce programme.
Tous les wazirs, premier ou pas, qui sont passés par là, depuis, l’ont mis en oeuvre.
En tout cas, ils ont essayé.
Apparemment ils le font mal ou ils ne le font pas du tout ou…
ce programme n’existe pas.
Ils nous racontent des histoires à dormir debout.
Et nous dormons…debout.
Je ne sais pas vous mais moi je ne l’ai jamais vu, ce programme.
Il est écrit nulle part et je crois que personne ne l’a jamais aperçu.
Même le président ne le connait pas, il ne sait pas de quel programme il s’agit.
Une arlésienne ce programme, on en parle sans arrêt mais il n’est placardé nulle part.
Il n’est sur aucune place ou édifice publics.
On ne le voit nulle part ailleurs.
Ni dans les livres, ni dans la vie de tous les jours, encore moins dans le portefeuille des travailleurs ou dans l’assiette des familles.
Pourtant il est là, il est dans tous les discours, il plane.
Il est même à l’Assemblée nationale et il est voté – chaque année – par les élus de la nation.
Il est là ce programme du président, tout le monde le voit sauf vous et moi.
Nous ne voulons pas le voir.
Nous sommes aveugles, de mauvaise foi ou trop lucides.
Lucides, oui c’est ça.
Fous, en quelque sorte pas normaux.
Si on ne voit pas le programme du président, on n’est pas normal.
Le peuple est fou, il ne voit rien.
Le programme du président est dans sa marmite.
Il bout tranquillement.
Il faut attendre que la cuisson se termine.
Oui, attendez et soyez patients.
Pourtant aucune effluve n’en sort.
Il va falloir attendre longtemps.
Le nouveau wazir vient d’éteindre le feu.
Les ingrédients ne sont pas bons et ce qu’il y a dans la marmite risque de ne pas être bon.
Il y a même risque pour que la marmite prenne feu et que la maison brûle.
Il y a danger.
C’est ce qui est dit, la presse vient de le rapporter.
Alors, on jette tout et on recommence.
Sauf que la marmite du peuple n’est pas la même que celle du wazir et des autres.
Elle n’est pas la même que celle du président, non plus.
Ce qu’on y met est différent – les ingrédients ne sont pas les mêmes.
La marmite du peuple ne bout jamais jusqu’à la fin.
Celles « des autres » bouillent tout le temps, même si le feu risque de déclencher un grave incendie.
Elles mijotent depuis l’indépendance.
La louche y fait des va-et-vient réguliers, sans discontinuer, et puise sans arrêt.
Ils se servent.
Le peuple sent les odeurs et suit le ballet de la louche qui entre et qui sort de la marmite « des autres ».
Il s’accommode, l’odeur lui suffit.
L’espoir est là.
Je ne sais pas si vous êtes comme le peuple ou comme moi mais moi j’ai l’eau à la bouche.
Sauf que je ne veux pas y goutter, pour justement ne pas prendre goût.
C’est dangereux de prendre goût.
Le piège mortel.
La marmite qui bout, la louche et son va-et-vient…
Pendant ce temps, on dit au peuple que le programme du président lui prépare la meilleure marmite.
Décidément, ils se paient notre tête et nous laissons faire.
Nous sommes un peuple trop patient.
Mais 2019 n’est plus trop loin.

Elections législatives en Algérie: l’opposition crie à la fraude. 8 mai, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Les partis politiques dits de l’opposition qui ont participé aux élections législatives crient à la fraude.
Tous, à l’exception du FLN, RND et MPA.
Je crois même que le FLN s’est plaint… victime de la fraude en faveur d’un parti de l’opposition mais il n’a pas beaucoup insisté.
L’hôpital ne peut pas se moquer de la charité, tout de même…
Après plus d’un demi siècle de pratique de fraude, il ne faut pas pousser.
Il semble – cela reste à vérifier – qu’un chef de parti a décidé de faire la grève de la faim pour protester.
Son parti en a été victime.
Ce chef de parti politique ne fait pas la grève de la faim pour le principe de ne pas frauder à une élection mais parce que son parti en paie les frais.
Donc, chacun pleurent sur son sort.
D’ailleurs, c’est toujours comme ça.
Aucun parti ne pleure sur le sort qui est réservé à l’élection ou encore – et cela aurait mieux et plus crédible – sur le sort de la démocratie dans notre pays.
En tout cas, personne ne pleure pour l’honneur ou la dignité perdues de l’Algérie.
Qui peut les croire?
Tout le monde sait que, au fond, la fraude arrange tout le monde.
Parce que si ces partis ne trouvaient pas, pour finir, leur compte dans cette affaire, ils auraient retiré leurs députés élus.
Ce que Benyounès du MPA a, à juste titre, suggéré.
Tu n’es pas content, retire toi.
Vous imaginez la crise institutionnelle que cela aurait crée?
Tous les partis de l’opposition qui démissionnent avant même que l’Assemblée ne soient installée.
Un fait inédit et une crise sans précédent.
Qu’aurait fait le président de la République?
Refaire l’élection? Peut-être, peut-être pas…
Mais voilà un acte politique qui aurait fait désordre dans notre pays.
Un désordre qui aurait été peut-être fondateur.
On ne peut pas dénoncer une fraude et siéger à l’Assemblée avec ceux qui l’ont commise.
Un problème d’éthique.
En réalité le système politique algérien est ainsi fait.
Chacun se plaint de ce système mais tout le monde contribue à le faire vivre et à le renforcer.
Je pense même que les partis politiques de l’opposition sont partie intégrante de ce système. Ils ne sont pas au coeur mais il a besoin d’eux pour exister.
Si on considère que le système est une simple communauté d’intérêts, alors les partis politiques qui sont à sa périphérie s’en repaissent en échange d’une reconnaissance tacite.
De la caution démocratique.
La relation n’est pas mutuelle parce qu’aucun parti politique n’est indispensable à la survie du système et il peut se débarrasser de l’un ou de l’autre et le remplacer.
Ce qu’il fait d’ailleurs avec la virtuosité d’un marionnettiste.
Aujourd’hui c’est l’un, demain c’est l’autre, un jeu de marionnettes…
La relation est commensale.
Celui qui en profite est l’élu du moment.
Le parti qui est dans les bonnes grâces, sous la protection mais le parti qui manifeste sa reconnaissance et son soutien indéfectible.
Les quotas se font ainsi.
Si les partis politiques de l’opposition crient à la fraude, c’est parce qu’ils sont trop nombreux et qu’il y a peu à partager.
Au final, ils ont perdu des plumes, en tout cas pour la plupart.
Les gagnants sont les petits partis qui assument clairement leur appartenance au système ou ceux qui font un appel du pied pour y entrer.
Au fond, le système n’est système que parce que la communauté d’intérêt s’élargit à la périphérie de celui-ci.
Tout se tient.
Cela veut dire qu’il ne sert à rien de hurler surtout quand c’est avec les loups.
Personne ne vous entendra et personne ne viendra à votre secours.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que ces partis politiques dits de l’opposition veulent nous abuser.
Ils font semblant de hurler.
Ils ne retireront pas leurs députés élus parce que c’est comme ça.
les partis politiques de l’opposition sont demandeurs et le système est un habile négociateur, il les tient par la barbichette.

Les législatives algériennes: la gueule de bois du lendemain des résultats. 5 mai, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , 1 commentaire

Bonjour la gueule de bois.
La parodie démocratique est fini.
Le vaudeville a pris fin.
Chacun a fait ce qu’il a pu pour bien jouer son rôle.
Un simulacre de démocratie du début de cette « opération » jusqu’à sa fin.
Une comédie.
Nombreux sont ceux qui ne seront pas retenus pour la suite de la pièce.
C’est comme ça.
Tout le monde n’est pas bon.
Oui, il y a des moins bons aussi et des mauvais.
Il y a surtout ceux qui ont bien joué avant, ceux qui ont été bons lors du premier casting.
La constitution des listes…
Contestée et contestable, qu’il m’a semblé.
Ceux qui ont su plaire au sélectionneur ont été « choisis ».
Il suffisait de… pour figurer en bonne position.
Se mettre à plat ventre et/ou payer… la chkara.
Pas besoin de mouiller la chemise pour être, par la suite, retenu au grand casting, à la sélection finale, au verdict « populaire ».
De grands comédiens ceux-là.
Ils ont su s’assurer un rôle pour cinq ans, même si c’est un tout petit.
Même si c’est un rôle insignifiant, un rôle inaudible…c’est quand même un rôle.
Bien payé, il faut le dire.
Des gens qui n’ont jamais travaillé se sont retrouvés avec des retraites 10 à 15 fois plus importantes que ceux qui ont trimé et sué toute leur vie.
Alléchant.
Injuste aussi.
C’est d’ailleurs peut-être ce qui compte le plus, ce qui fait se bouger tous ceux qui veulent être dans cette mascarade.
Chacun sait que les petits rôles font office de figuration, de décor.
Même quand le comédien essaie par des gesticulations tonitruantes de faire entendre sa petite voix.
Personne ne l’entend, ni ceux qui jouent avec lui, ni les spectateurs.
Je veux dire le peuple.
D’ailleurs dans ce spectacle, toutes les voix sont petites, elles ne comptent pas vraiment.
Mais certaines voix reviennent plus souvent, trop souvent, alors elles paraissent audibles.
On les entend, elles semblent importantes.
Elles décident, enfin elles donnent l’illusion de décider.
Les voix qui portent sont en réalité ailleurs, en dehors de ce carnaval.
Fi Dechra, disent certains.
Bizarrement, les voix qui portent on ne les entend pas.
Etrange!
Pour les autres, ceux qui n’ont pas été retenus au grand casting d’hier, la gueule de bois est assurée, ce matin.
La déception et le goût de l’amertume dureront longtemps.
Ils y ont cru jusqu’à la fin.
On leur a fait croire qu’ils pouvaient être dans le jeu.
Un jeu de dupes, pourtant.
Ils ne pouvaient pas ne pas savoir que la partie était perdue d’avance.
Mais n’est-ce pas la raison même d’exister de la comédie?
Faire illusion.
Faire croire pendant un instant que la chose est possible.
Faire rêver en quelque sorte.
Transformer le rêve en réalité.
Mystifier.
Vous voyez, même le comédien peut s’y tromper.
Lui aussi, en participant au vaudeville, peut s’en trouver abusé.
Et le peuple dans tout cela.
Le dindon de la farce?
Sans doute, non.
Cette fois-ci, il n’est pas entré dans la comédie, il est resté spectateur.
Il sera sans doute ainsi de plus en plus.
Il a bien raison, la comédie est la même depuis l’indépendance du pays.
Les mêmes grands comédiens, les mêmes rôles, le même scénario, le même monologue.
Sauf que les spectateurs ne sont plus les mêmes. Ceux là veulent un autre scénario et ils veulent l’écrire.
Tout cela va être bouleversé.
L’histoire est en marche et elle fera inéluctablement son oeuvre, elle apportera le changement.
2019 n’est plus très loin.
Il faut y croire.
Il faut un souffle de jeunesse et de fraicheur à l’action politique dans notre pays. Les acteurs actuels sont usés par la démagogie et la corruption.
L’Algérie est riche de la vitalité de ses jeunes, c’est à eux qu’il appartiendra de bâtir l’avenir.

Bataille rangée entre étudiants à l’université de Batna. 28 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Une bataille rangée entre étudiants à Batna.
La police et les responsables de l’université ont ouvert une enquête.
Un scoop! Je veux dire l’ouverture de l’enquête…
Il me semble que cela tombe sous le sens, que cela est normal mais il y a tellement de choses qui ont changé dans ce pays.
Tellement de choses qui sont normales alors qu’elles ne devraient pas l’être et tellement de choses qui devraient l’être et qui ne le sont pas.
Je crois que c’est cela que certains désignent par l’expression consacrée « le monde à l’envers ».
Donc une bataille rangée entre étudiants, à coups de sabres faut-il le préciser et une enquête qui est ouverte.
Ce qui m’interpelle, ce n’est pas cette enquête ouverte – vous l’aurez compris – mais cette guerre de gangs dans l’enceinte de cette institution.
Des voyous qui se règlent les comptes.
L’université…
Je ne sais pas vous mais moi un événement pareil m’inquiète au plus haut point.
Comment est-ce possible qu’une chose pareille arrive dans l’enceinte de cette institution?
Les étudiants arrivent armés de sabres et de toutes sortes d’objets dangereux… pour étudier.
Etrange!
A moins d’avoir l’agression et la violence comme projet.
Les belligérants étaient donc venus non pas pour apprendre mais pour en découdre.
En se brossant les dents le matin – s’il se brosse les dents, il est permis d’en douter -, l’étudiant ne se demande pas quels bouquins il doit emmener avec lui mais de quelle arme il doit se munir pour se rendre à l’université.
Il parait que les filles aussi arrivent dans le même état d’esprit.
Armées de l’agressivité.
Bec et ongles dehors.
Une démarche préméditée.
Et c’est ce qui est inquiétant, la préméditation de la violence.
A l’université!
Un endroit où la parole et l’échange sont les vertus cardinales.
Dans nos universités, l’échange est musclé. Armé, je devrais dire.
Et de sabres.
Je pense que le choix du sabre n’est pas anodin.
Il doit avoir une signification profonde, sans doute liée à l’idée du djihad.
Dangereux.
Il n’y a pas longtemps, à l’université d’Alger, des enseignants avaient été violemment agressés par des « inconnus », venus perturbés l’élection du bureau du CNES.
Une violence qui participe sans doute des mêmes raisons ou causes qui ont déclenché cette violence à Batna.
Des interdits ont été franchis.
L’université n’est pas la rue et les individus qui sont dans son enceinte ne sont pas des voyous, enfin ne ils devraient pas l’être.
Mais, y a t-il aujourd’hui une différence entre le voyou et l’étudiant?
De ce point de vue, non.
Ce n’est plus le monde à l’envers comme je le soulignais plus haut, c’est la Khalouta.
C’est le désordre, l’anomie.
Les interdits fondateurs – je ne sais si je peux dire cela comme ça – qui doivent prévaloir de façon pérenne à l’université sont tombés.
C’est pourquoi cette institution est devenue l’otage de toutes sortes de comportements délinquants.
Enseignants comme étudiants sont concernés.
Les pouvoirs publics sont responsables d’une telle descente aux enfers.
Le travail, la compétence et le mérite qui sont les valeurs sur lesquelles est adossée le caractère sacré de l’université ont été d’abord piétinés par le pouvoir politique.
Pour avoir la main mise sur cette institution, il a autorisé toutes les forfaitures et a déconsidéré le savoir et la connaissance.
Il a placé aux différents postes de responsabilité – recteurs et doyens – des sujets parmi les plus contestables.
Alors que dans tous les pays du monde, ces responsabilités échoient à des personnes qui sont choisies par leurs pairs -pour leur compétence, leur charisme, le respect qui leur est dû, leur ancienneté -, dans notre pays, les personnes auxquelles sont confiées ces missions sont les plus serviles et les plus soumis au pouvoir politique.
De mauvais modèles pour les étudiants qui prennent vite conscience ou qui sont convaincus que le travail, le mérite et la compétence ne sont pas la garantie pour l’accès à la responsabilité.
Cela fait désordre.
Le respect que chacun devra à cette institution disparait.
Mais il n’y pas que cela.
L’université est rongée par l’imposture.
Le plagiat gangrène les travaux des enseignants.
Au vu et au su des autorités de l’université qui laissent faire.
Les mémoires et les thèses des étudiants subissent le même sort.
Sans vergogne, tout le monde copie.
Copier/coller, cela est aisé aujourd’hui, les « malfaits » de l’informatique.
Une mentalité de voyou et une atteinte à la moralité qui doit prévaloir dans cette institution.
Un viol des consciences et une violence infligée aux étudiants.
Quelle différence entre ce comportement plagiaire et l’agression au sabre.
Aucune.
L’agression est la même, c’est la nature de celle-ci qui change.
Encore que personnellement je considère qu’autoriser le plagiat est encore plus dangereux sur le plan moral que fermer les yeux sur l’agression physique perpétrée au sein de l’université.
Il n’y a pas eu beaucoup d’enquête sur les plagiats.
J’ai même en souvenir qu’un enseignant avait été condamné à 8 mois de prison pour avoir dénoncé, dans la presse nationale, un plagiat.
C’était à l’université de M’Sila. Le recteur mécontent avait déposé une plainte contre cet enseignant.
Le monde à l’envers.
L’Algérie est sur la tête.
Et avec ça, l’inénarrable chef du FLN va raconter dans ses meetings électoraux que certains mettent en danger l’Algérie.
Il oublie qu’il vient de commettre une forfaiture, que c’est ce type de comportement qui met en danger moral notre pays.
« Le martyr vivant ».
Une espèce de plagiat, disons une imposture.
Ancien condamné à mort.
Décidément, c’est l’Algérie à l’envers.
L’hôpital se moque de la charité.
Le chef du moment du FLN oublie que c’est le régime du parti unique auquel il appartient qui a ruiné la moralité dans ce pays.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que cette violence qui progresse dans notre pays est inquiétante.
Elle est voulue.
Le pouvoir politique en use et abuse à souhait.
Un climat de terreur utile.
Un peuple inquiet, effrayé est facile à soumettre.
Il faut surtout soumettre l’université et les étudiants.
La contestation et la remise en cause viennent de là, n’est-ce pas?
L’université de Tizi Ouzou a fait des émules.

Le printemps berbère : il y a 35 ans l’espoir a éclos. 19 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée en avril  2015 par le quotidien national d’information « Liberté ».
Depuis, le statut de Tamazight a évolué. Elle était déjà reconnue langue nationale, elle est maintenant devenue officielle. Quand bien même elle n’est pas encore « langue officielle de l’Etat », voilà une évolution qui est, de mon point de vue, importante. Concubine – de deuxième rang, pour l’instant – de la langue arabe, il appartient à ses enfants, par leur détermination et surtout par leur travail, de la hisser au statut qu’elle mérite. Il ne faut pas oublier qu’il y a seulement quelques dizaines d’années, la simple évocation de l’identité Amazigh menait à la prison. Il ne faut pas oublier non plus que le chef d’inculpation d’atteinte à la sûreté de l’Etat était suspendu sur la tête de tout militant qui revendiquait l’appartenance identitaire berbère de l’Algérie. Le chemin est encore long, il est vrai, mais il est moins ardu et le bout est en vue. Il suffit d’être ensemble, unis, déterminés pour atteindre cet objectif. L’histoire est en marche, rien ni personne ne peut l’arrêter. Donnons lui un coup de pouce pour accélérer sa course. Il suffit de peu.

Le printemps berbère : il y a 35 ans l’espoir a éclos.

Le printemps amazigh (avril 1980) est sans doute l’événement fondateur de la revendication identitaire dans notre pays. Mais pas seulement parce que les animateurs du mouvement avaient très tôt compris que cette revendication était indissociable de l’exigence démocratique. C’est pourquoi le printemps berbère reste – quand bien même on a voulu minimiser son impact sur la vie politique nationale – le précurseur de l’ouverture politique dans notre pays.

Les personnes qui s’étaient engagés dans ce combat – pour un certain nombre déjà militants politiques dans la clandestinité – connaissaient les enjeux et savaient le risque qu’ils prenaient en donnant ce premier coup de boutoir au régime du parti unique. Pourtant, chacun avait assumé sa responsabilité. L’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri, qui devait avoir lieu au campus universitaire de Hasnaoua en mars 1980, était venue à point nommé pour constituer l’alibi qui allait permettre d’engager le bras de fer avec le pouvoir. Etudiants, enseignants et travailleurs s’étaient donnés la main pour animer la contestation.

La riposte de l’Etat avait été féroce. De nombreuses arrestations avaient eu lieu. Les personnes appréhendées avaient été emprisonnés à Berrouaghia; accusées d’atteinte à la sureté de l’Etat pour appartenance à une « organisation clandestine visant au renversement du gouvernement et pour intelligence avec l’étranger », elles étaient passibles de la peine capitale. lire la suite…

Le printemps amazigh : un message de tolérance et de liberté 18 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cet article a été publié dans la rubrique « idées débats » du quotidien national El Watan du 20 avril 2010. J’espère que la population berbérophone de l’Algérie mais aussi de toute la Numidie antique continuera, avec la même détermination, à revendiquer le droit à son existence. Le Maroc a déjà officialisé Tamazight, la Lybie le fera, à n’en pas douter, dans un avenir proche, notre pays « traîne les pieds ». Pour autant, l’Histoire est en marche et rien ni personne ne peut l’arrêter. Tamazight entrera un jour prochain dans les institutions de la République algérienne. En attendant, ne baissons pas les bras et soyons nombreux aux marches du 20 avril. Un devoir sacré.

Voici cette contribution,  je la propose à nouveau aux lecteurs de mon blog.

Faut-il rappeler que ce mois d’avril 1980 a vu naître, à l’Université de Tizi ouzou, un mouvement de contestation pacifique dont l’origine était l’interdiction, par le pouvoir de Chadli, d’une conférence que devait y tenir feu Mouloud Mammeri ? Les étudiants et des enseignants avaient, d’un commun accord, décidé d’organiser la protestation. « Que la conférence ait lieu ou non, nous marcherons », avaient-ils convenu, pour bien signifier leur détermination à lutter pour la promotion des langue et culture amazigh et pour l’émancipation des libertés démocratiques. L’Université de Tizi Ouzou avait quitté ses remparts. Est arrivé ce qui devait arriver. Toute la Kabylie, on s’en souvient, s’était soulevée pour soutenir les étudiantes et les étudiants  agressés par les forces de la répression qui avaient investi dans la nuit les cités universitaires.

Grèves générales et marches, ponctuées par les expéditions punitives des services de police et de la gendarmerie, avaient fait le quotidien des citoyens de la région durant plusieurs semaines. 24 animateurs du mouvement, avaient été arrêtés. Ce n’était la mobilisation sans faille de la population, les détenus risquaient la peine capitale pour cause d’ « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

lire la suite…

L’action politique n’est le privilège de personne. 16 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

La politique n’est le privilège de personne, un métier qui peut être appris vite et bien par tous.
J’en ai la conviction.
Il suffit pour cela d’avoir des neurones qui se connectent bien.
Je crois que des neurones tout le monde en a, quand bien même quelquefois ces derniers manquent de souplesse et ne se connectent pas avec célérité.
Cela ne rend pas inéligible à l’action politique.
Cela n’empêche pas d’avoir des opinions et de les défendre.
Cela n’empêche pas surtout d’avoir envie de se rendre utile à sa communauté, à son pays.
Si vous avez envie de donner pour les autres et pour votre pays, alors les premières connexions de vos neurones, les connexions indispensables, se font.
C’est là un très bon début.
Les autres connexions dans votre cerveau se feront, avec ou sans rapidité mais elles se feront.
L’essentiel est là.
Si votre objectif – dans l’action politique – est vous rendre utile pour vous même, uniquement pour votre petite personne, vos connexions se feront aussi.
Elles seront peut-être plus rapides mais elles finiront par tourner en rond.
Vous allez briller, vous allez être sur les feux de la rampe mais vous finirez par vous éteindre et disparaitre.
Parce qu’il vous manque l’indispensable.
L’objectif étant votre nombril – votre ego ou votre poche -, vos connexions emprunteront toujours, tout le temps, le même chemin.
Elles ne vont pas se diversifier, se multiplier, s’enrichir. Elles vont s’appauvrir et vous finirez par n’être plus rien.
Les connexions du cerveau ne se nourrissent pas seulement du désir de plaire et de séduire, elles s’abreuvent aussi – surtout – de la générosité et de l’empathie.
Le cerveau se nourrit nécessairement de la sève que lui donne le coeur.
C’est le coeur – parce qu’il est sensible à ce qui nous entoure – qui donne le tempo au cerveau et à ses connexions.
Si le coeur bat vite, les connexions neuronales s’accélèrent et s’assouplissent.
Elles s’enrichissent.
Cela se voit sur vous, vous rayonnez.
Alors tout est possible, vous pouvez tout faire, vous pouvez soulever des montagnes.
En tout cas vous pouvez faire de la politique.
Personne ne peut vous dénier ce droit, personne ne peut la faire mieux que vous.
Si vous êtes en carence de générosité, si vous ne pensez qu’à votre devenir, votre coeur ne battra que pour votre petite personne.
Ce n’est pas énorme votre petite personne.
Le coeur est immense.
Ses capacités sont aussi immenses que votre générosité, et il a besoin de les activer, de les utiliser.
Si vous êtes petit, votre coeur finira par se lasser de vous.
Il ne vous nourrira plus.
Il vous abandonnera.
Alors vous serez terne, vous perdrez votre éclat.
Le coeur est fait pour que sa sève irrigue le cerveau afin que ce dernier, à son tour, le nourrisse de son regard sur les autres.
Le coeur – pour bouger, pour frémir, pour montrer ses capacités – a besoin de ce regard.
Il a besoin de ce regard surtout quand celui-ci est chargé de tendresse, d’amour, de compassion, d’empathie…
La politique c’est ça.
La politique, ce n’est pas la froideur, l’indifférence.
Ce n’est pas être « une bête en politique ».
La politique c’est sentir, ressentir.
C’est échanger, c’est la porosité.
La politique a besoin d’émotion.
Quand vous faites semblant, le coeur le sait.
Quand vous avez perdu votre humanité, le coeur le sait.
Le cerveau aussi.
Vous ne pouvez pas les tromper, en tout cas, pas longtemps.
Vous avez besoin du coeur pour faire de la politique.
L’envie d’en faire, à elle seule, ne suffit pas.
Le cerveau non plus, à lui seul, ne suffit pas.
Pour durer en politique – je veux dire – pour rester dans la postérité, il ne faut pas tromper.
Vous pouvez continuer à briller parce que vous trompez mais vous ne scintillerez plus, vous n’éclairerez plus les esprits une fois que vous n’êtes plus là.
Vous serez à jamais éteint.
Oui je sais, je suis naïf mais ce matin mes neurones se connectent à l’insu de mon plein gré.

Elections législatives: je ne sais pas encore si je vais voter. 11 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je ne sais pas encore si je vais voter.
Je n’ai pas d’opinion tranchée à propos de ces législatives.
Boycotter ou aller voter.
Mettre un bulletin blanc ou donner ma voix à une liste de mon choix.
A vrai dire, je ne me pose pas la question.
Ce n’est pas bien mais je pense que c’est peut-être ce que tout le monde fait.
Je veux dire que personne ne se pose la question, quand bien même beaucoup ont déjà décidé de boycotter, certains d’aller voter.
La vérité est que les algériens, en particulier les jeunes n’ont pas la conscience politique.
Ils n’ont pas la conscience sociale.
Ils n’ont pas conscience que leur destin se joue sans eux et que l’engagement en politique constitue un important levier pour la construction de leur avenir.
Personne ne leur a appris cela.
Personne ne s’est occupé d’eux.
Ils ont été oubliés par la, les, politique(s).
La vie qu’il mène en a fait des sujets désabusés, sceptiques.
Ils ne croient en rien, surtout pas en leur avenir.
Alors, ils errent dans la vie.
Ils vagabondent à travers le temps.
Ils voyagent sans destination, vers rien, vers le néant, l’inexistence.
Même ceux qui ont un destin plus ou moins tracé, ceux qui étudient par exemple, vont au hasard.
Ils naviguent à vue et flirtent avec les événements sans seulement essayer d’infléchir leur cour.
Ceux là existent sans vivre.
Un fardeau.
Ceux là ne votent pas.
Ils ne savent pas ce que c’est. Ils en ont entendu parler mais la chose a effleuré leur esprit sans y pénétrer.
La jeunesse de ce pays, la vitalité de la nation.
Laissée en jachère.
Ignorée, méprisée, et abandonnée à l’indignité.
Elle se venge à sa manière.
A son tour elle ignore les affaires de la cité, elle se détourne de la construction du destin commun.
Elle vit à côté de la communauté, elle y est étrangère.
Elle ne vote pas, elle ne sait pas ce que c’est.
Elle en a rien à cirer des élections, de son avenir, de son pays.
Il est inutile de vouloir faire vibrer la « corde » patriotique de cette jeunesse.
Elle est trop dure, elle est raide de désillusions.
Elle a trop macéré dans le désespoir.
La désespérance est la seule patrie et ils ne l’aiment pas.
Ils ne la défendront pas.
Le chemin qui conduit vers l’isoloir est le même que celui qui a toujours mené à la Hogra.
Les jeunes mais aussi les moins jeunes connaissent bien ce chemin.
Ils l’évitent depuis toujours.
Ils continueront à ne pas l’emprunter quoique vous leur chantiez.
Même Kassaman, le chant de l’hymne national, n’y fera rien.
Je ne sais pas vous, mais moi je ne sais toujours pas ce que je vais faire le 04 mai prochain.
Mon opinion n’est pas tranchée.
Pourtant, si voter n’est pas une obligation, cela demeure un acte citoyen.
Mais j’ai conscience aussi que le boycott est le moyen pour punir durement le système qui a pris en otage le pays.
Est-il seulement sensible à ce châtiment, ce système?
Je ne le crois pas.
Un mauvais élève…

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