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Bataille rangée entre étudiants à l’université de Batna. 28 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Une bataille rangée entre étudiants à Batna.
La police et les responsables de l’université ont ouvert une enquête.
Un scoop! Je veux dire l’ouverture de l’enquête…
Il me semble que cela tombe sous le sens, que cela est normal mais il y a tellement de choses qui ont changé dans ce pays.
Tellement de choses qui sont normales alors qu’elles ne devraient pas l’être et tellement de choses qui devraient l’être et qui ne le sont pas.
Je crois que c’est cela que certains désignent par l’expression consacrée « le monde à l’envers ».
Donc une bataille rangée entre étudiants, à coups de sabres faut-il le préciser et une enquête qui est ouverte.
Ce qui m’interpelle, ce n’est pas cette enquête ouverte – vous l’aurez compris – mais cette guerre de gangs dans l’enceinte de cette institution.
Des voyous qui se règlent les comptes.
L’université…
Je ne sais pas vous mais moi un événement pareil m’inquiète au plus haut point.
Comment est-ce possible qu’une chose pareille arrive dans l’enceinte de cette institution?
Les étudiants arrivent armés de sabres et de toutes sortes d’objets dangereux… pour étudier.
Etrange!
A moins d’avoir l’agression et la violence comme projet.
Les belligérants étaient donc venus non pas pour apprendre mais pour en découdre.
En se brossant les dents le matin – s’il se brosse les dents, il est permis d’en douter -, l’étudiant ne se demande pas quels bouquins il doit emmener avec lui mais de quelle arme il doit se munir pour se rendre à l’université.
Il parait que les filles aussi arrivent dans le même état d’esprit.
Armées de l’agressivité.
Bec et ongles dehors.
Une démarche préméditée.
Et c’est ce qui est inquiétant, la préméditation de la violence.
A l’université!
Un endroit où la parole et l’échange sont les vertus cardinales.
Dans nos universités, l’échange est musclé. Armé, je devrais dire.
Et de sabres.
Je pense que le choix du sabre n’est pas anodin.
Il doit avoir une signification profonde, sans doute liée à l’idée du djihad.
Dangereux.
Il n’y a pas longtemps, à l’université d’Alger, des enseignants avaient été violemment agressés par des « inconnus », venus perturbés l’élection du bureau du CNES.
Une violence qui participe sans doute des mêmes raisons ou causes qui ont déclenché cette violence à Batna.
Des interdits ont été franchis.
L’université n’est pas la rue et les individus qui sont dans son enceinte ne sont pas des voyous, enfin ne ils devraient pas l’être.
Mais, y a t-il aujourd’hui une différence entre le voyou et l’étudiant?
De ce point de vue, non.
Ce n’est plus le monde à l’envers comme je le soulignais plus haut, c’est la Khalouta.
C’est le désordre, l’anomie.
Les interdits fondateurs – je ne sais si je peux dire cela comme ça – qui doivent prévaloir de façon pérenne à l’université sont tombés.
C’est pourquoi cette institution est devenue l’otage de toutes sortes de comportements délinquants.
Enseignants comme étudiants sont concernés.
Les pouvoirs publics sont responsables d’une telle descente aux enfers.
Le travail, la compétence et le mérite qui sont les valeurs sur lesquelles est adossée le caractère sacré de l’université ont été d’abord piétinés par le pouvoir politique.
Pour avoir la main mise sur cette institution, il a autorisé toutes les forfaitures et a déconsidéré le savoir et la connaissance.
Il a placé aux différents postes de responsabilité – recteurs et doyens – des sujets parmi les plus contestables.
Alors que dans tous les pays du monde, ces responsabilités échoient à des personnes qui sont choisies par leurs pairs -pour leur compétence, leur charisme, le respect qui leur est dû, leur ancienneté -, dans notre pays, les personnes auxquelles sont confiées ces missions sont les plus serviles et les plus soumis au pouvoir politique.
De mauvais modèles pour les étudiants qui prennent vite conscience ou qui sont convaincus que le travail, le mérite et la compétence ne sont pas la garantie pour l’accès à la responsabilité.
Cela fait désordre.
Le respect que chacun devra à cette institution disparait.
Mais il n’y pas que cela.
L’université est rongée par l’imposture.
Le plagiat gangrène les travaux des enseignants.
Au vu et au su des autorités de l’université qui laissent faire.
Les mémoires et les thèses des étudiants subissent le même sort.
Sans vergogne, tout le monde copie.
Copier/coller, cela est aisé aujourd’hui, les « malfaits » de l’informatique.
Une mentalité de voyou et une atteinte à la moralité qui doit prévaloir dans cette institution.
Un viol des consciences et une violence infligée aux étudiants.
Quelle différence entre ce comportement plagiaire et l’agression au sabre.
Aucune.
L’agression est la même, c’est la nature de celle-ci qui change.
Encore que personnellement je considère qu’autoriser le plagiat est encore plus dangereux sur le plan moral que fermer les yeux sur l’agression physique perpétrée au sein de l’université.
Il n’y a pas eu beaucoup d’enquête sur les plagiats.
J’ai même en souvenir qu’un enseignant avait été condamné à 8 mois de prison pour avoir dénoncé, dans la presse nationale, un plagiat.
C’était à l’université de M’Sila. Le recteur mécontent avait déposé une plainte contre cet enseignant.
Le monde à l’envers.
L’Algérie est sur la tête.
Et avec ça, l’inénarrable chef du FLN va raconter dans ses meetings électoraux que certains mettent en danger l’Algérie.
Il oublie qu’il vient de commettre une forfaiture, que c’est ce type de comportement qui met en danger moral notre pays.
« Le martyr vivant ».
Une espèce de plagiat, disons une imposture.
Ancien condamné à mort.
Décidément, c’est l’Algérie à l’envers.
L’hôpital se moque de la charité.
Le chef du moment du FLN oublie que c’est le régime du parti unique auquel il appartient qui a ruiné la moralité dans ce pays.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que cette violence qui progresse dans notre pays est inquiétante.
Elle est voulue.
Le pouvoir politique en use et abuse à souhait.
Un climat de terreur utile.
Un peuple inquiet, effrayé est facile à soumettre.
Il faut surtout soumettre l’université et les étudiants.
La contestation et la remise en cause viennent de là, n’est-ce pas?
L’université de Tizi Ouzou a fait des émules.

Le printemps berbère : il y a 35 ans l’espoir a éclos. 19 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée en avril  2015 par le quotidien national d’information « Liberté ».
Depuis, le statut de Tamazight a évolué. Elle était déjà reconnue langue nationale, elle est maintenant devenue officielle. Quand bien même elle n’est pas encore « langue officielle de l’Etat », voilà une évolution qui est, de mon point de vue, importante. Concubine – de deuxième rang, pour l’instant – de la langue arabe, il appartient à ses enfants, par leur détermination et surtout par leur travail, de la hisser au statut qu’elle mérite. Il ne faut pas oublier qu’il y a seulement quelques dizaines d’années, la simple évocation de l’identité Amazigh menait à la prison. Il ne faut pas oublier non plus que le chef d’inculpation d’atteinte à la sûreté de l’Etat était suspendu sur la tête de tout militant qui revendiquait l’appartenance identitaire berbère de l’Algérie. Le chemin est encore long, il est vrai, mais il est moins ardu et le bout est en vue. Il suffit d’être ensemble, unis, déterminés pour atteindre cet objectif. L’histoire est en marche, rien ni personne ne peut l’arrêter. Donnons lui un coup de pouce pour accélérer sa course. Il suffit de peu.

Le printemps berbère : il y a 35 ans l’espoir a éclos.

Le printemps amazigh (avril 1980) est sans doute l’événement fondateur de la revendication identitaire dans notre pays. Mais pas seulement parce que les animateurs du mouvement avaient très tôt compris que cette revendication était indissociable de l’exigence démocratique. C’est pourquoi le printemps berbère reste – quand bien même on a voulu minimiser son impact sur la vie politique nationale – le précurseur de l’ouverture politique dans notre pays.

Les personnes qui s’étaient engagés dans ce combat – pour un certain nombre déjà militants politiques dans la clandestinité – connaissaient les enjeux et savaient le risque qu’ils prenaient en donnant ce premier coup de boutoir au régime du parti unique. Pourtant, chacun avait assumé sa responsabilité. L’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri, qui devait avoir lieu au campus universitaire de Hasnaoua en mars 1980, était venue à point nommé pour constituer l’alibi qui allait permettre d’engager le bras de fer avec le pouvoir. Etudiants, enseignants et travailleurs s’étaient donnés la main pour animer la contestation.

La riposte de l’Etat avait été féroce. De nombreuses arrestations avaient eu lieu. Les personnes appréhendées avaient été emprisonnés à Berrouaghia; accusées d’atteinte à la sureté de l’Etat pour appartenance à une « organisation clandestine visant au renversement du gouvernement et pour intelligence avec l’étranger », elles étaient passibles de la peine capitale. lire la suite…

Le printemps amazigh : un message de tolérance et de liberté 18 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cet article a été publié dans la rubrique « idées débats » du quotidien national El Watan du 20 avril 2010. J’espère que la population berbérophone de l’Algérie mais aussi de toute la Numidie antique continuera, avec la même détermination, à revendiquer le droit à son existence. Le Maroc a déjà officialisé Tamazight, la Lybie le fera, à n’en pas douter, dans un avenir proche, notre pays « traîne les pieds ». Pour autant, l’Histoire est en marche et rien ni personne ne peut l’arrêter. Tamazight entrera un jour prochain dans les institutions de la République algérienne. En attendant, ne baissons pas les bras et soyons nombreux aux marches du 20 avril. Un devoir sacré.

Voici cette contribution,  je la propose à nouveau aux lecteurs de mon blog.

Faut-il rappeler que ce mois d’avril 1980 a vu naître, à l’Université de Tizi ouzou, un mouvement de contestation pacifique dont l’origine était l’interdiction, par le pouvoir de Chadli, d’une conférence que devait y tenir feu Mouloud Mammeri ? Les étudiants et des enseignants avaient, d’un commun accord, décidé d’organiser la protestation. « Que la conférence ait lieu ou non, nous marcherons », avaient-ils convenu, pour bien signifier leur détermination à lutter pour la promotion des langue et culture amazigh et pour l’émancipation des libertés démocratiques. L’Université de Tizi Ouzou avait quitté ses remparts. Est arrivé ce qui devait arriver. Toute la Kabylie, on s’en souvient, s’était soulevée pour soutenir les étudiantes et les étudiants  agressés par les forces de la répression qui avaient investi dans la nuit les cités universitaires.

Grèves générales et marches, ponctuées par les expéditions punitives des services de police et de la gendarmerie, avaient fait le quotidien des citoyens de la région durant plusieurs semaines. 24 animateurs du mouvement, avaient été arrêtés. Ce n’était la mobilisation sans faille de la population, les détenus risquaient la peine capitale pour cause d’ « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

lire la suite…

L’action politique n’est le privilège de personne. 16 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

La politique n’est le privilège de personne, un métier qui peut être appris vite et bien par tous.
J’en ai la conviction.
Il suffit pour cela d’avoir des neurones qui se connectent bien.
Je crois que des neurones tout le monde en a, quand bien même quelquefois ces derniers manquent de souplesse et ne se connectent pas avec célérité.
Cela ne rend pas inéligible à l’action politique.
Cela n’empêche pas d’avoir des opinions et de les défendre.
Cela n’empêche pas surtout d’avoir envie de se rendre utile à sa communauté, à son pays.
Si vous avez envie de donner pour les autres et pour votre pays, alors les premières connexions de vos neurones, les connexions indispensables, se font.
C’est là un très bon début.
Les autres connexions dans votre cerveau se feront, avec ou sans rapidité mais elles se feront.
L’essentiel est là.
Si votre objectif – dans l’action politique – est vous rendre utile pour vous même, uniquement pour votre petite personne, vos connexions se feront aussi.
Elles seront peut-être plus rapides mais elles finiront par tourner en rond.
Vous allez briller, vous allez être sur les feux de la rampe mais vous finirez par vous éteindre et disparaitre.
Parce qu’il vous manque l’indispensable.
L’objectif étant votre nombril – votre ego ou votre poche -, vos connexions emprunteront toujours, tout le temps, le même chemin.
Elles ne vont pas se diversifier, se multiplier, s’enrichir. Elles vont s’appauvrir et vous finirez par n’être plus rien.
Les connexions du cerveau ne se nourrissent pas seulement du désir de plaire et de séduire, elles s’abreuvent aussi – surtout – de la générosité et de l’empathie.
Le cerveau se nourrit nécessairement de la sève que lui donne le coeur.
C’est le coeur – parce qu’il est sensible à ce qui nous entoure – qui donne le tempo au cerveau et à ses connexions.
Si le coeur bat vite, les connexions neuronales s’accélèrent et s’assouplissent.
Elles s’enrichissent.
Cela se voit sur vous, vous rayonnez.
Alors tout est possible, vous pouvez tout faire, vous pouvez soulever des montagnes.
En tout cas vous pouvez faire de la politique.
Personne ne peut vous dénier ce droit, personne ne peut la faire mieux que vous.
Si vous êtes en carence de générosité, si vous ne pensez qu’à votre devenir, votre coeur ne battra que pour votre petite personne.
Ce n’est pas énorme votre petite personne.
Le coeur est immense.
Ses capacités sont aussi immenses que votre générosité, et il a besoin de les activer, de les utiliser.
Si vous êtes petit, votre coeur finira par se lasser de vous.
Il ne vous nourrira plus.
Il vous abandonnera.
Alors vous serez terne, vous perdrez votre éclat.
Le coeur est fait pour que sa sève irrigue le cerveau afin que ce dernier, à son tour, le nourrisse de son regard sur les autres.
Le coeur – pour bouger, pour frémir, pour montrer ses capacités – a besoin de ce regard.
Il a besoin de ce regard surtout quand celui-ci est chargé de tendresse, d’amour, de compassion, d’empathie…
La politique c’est ça.
La politique, ce n’est pas la froideur, l’indifférence.
Ce n’est pas être « une bête en politique ».
La politique c’est sentir, ressentir.
C’est échanger, c’est la porosité.
La politique a besoin d’émotion.
Quand vous faites semblant, le coeur le sait.
Quand vous avez perdu votre humanité, le coeur le sait.
Le cerveau aussi.
Vous ne pouvez pas les tromper, en tout cas, pas longtemps.
Vous avez besoin du coeur pour faire de la politique.
L’envie d’en faire, à elle seule, ne suffit pas.
Le cerveau non plus, à lui seul, ne suffit pas.
Pour durer en politique – je veux dire – pour rester dans la postérité, il ne faut pas tromper.
Vous pouvez continuer à briller parce que vous trompez mais vous ne scintillerez plus, vous n’éclairerez plus les esprits une fois que vous n’êtes plus là.
Vous serez à jamais éteint.
Oui je sais, je suis naïf mais ce matin mes neurones se connectent à l’insu de mon plein gré.

Elections législatives: je ne sais pas encore si je vais voter. 11 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je ne sais pas encore si je vais voter.
Je n’ai pas d’opinion tranchée à propos de ces législatives.
Boycotter ou aller voter.
Mettre un bulletin blanc ou donner ma voix à une liste de mon choix.
A vrai dire, je ne me pose pas la question.
Ce n’est pas bien mais je pense que c’est peut-être ce que tout le monde fait.
Je veux dire que personne ne se pose la question, quand bien même beaucoup ont déjà décidé de boycotter, certains d’aller voter.
La vérité est que les algériens, en particulier les jeunes n’ont pas la conscience politique.
Ils n’ont pas la conscience sociale.
Ils n’ont pas conscience que leur destin se joue sans eux et que l’engagement en politique constitue un important levier pour la construction de leur avenir.
Personne ne leur a appris cela.
Personne ne s’est occupé d’eux.
Ils ont été oubliés par la, les, politique(s).
La vie qu’il mène en a fait des sujets désabusés, sceptiques.
Ils ne croient en rien, surtout pas en leur avenir.
Alors, ils errent dans la vie.
Ils vagabondent à travers le temps.
Ils voyagent sans destination, vers rien, vers le néant, l’inexistence.
Même ceux qui ont un destin plus ou moins tracé, ceux qui étudient par exemple, vont au hasard.
Ils naviguent à vue et flirtent avec les événements sans seulement essayer d’infléchir leur cour.
Ceux là existent sans vivre.
Un fardeau.
Ceux là ne votent pas.
Ils ne savent pas ce que c’est. Ils en ont entendu parler mais la chose a effleuré leur esprit sans y pénétrer.
La jeunesse de ce pays, la vitalité de la nation.
Laissée en jachère.
Ignorée, méprisée, et abandonnée à l’indignité.
Elle se venge à sa manière.
A son tour elle ignore les affaires de la cité, elle se détourne de la construction du destin commun.
Elle vit à côté de la communauté, elle y est étrangère.
Elle ne vote pas, elle ne sait pas ce que c’est.
Elle en a rien à cirer des élections, de son avenir, de son pays.
Il est inutile de vouloir faire vibrer la « corde » patriotique de cette jeunesse.
Elle est trop dure, elle est raide de désillusions.
Elle a trop macéré dans le désespoir.
La désespérance est la seule patrie et ils ne l’aiment pas.
Ils ne la défendront pas.
Le chemin qui conduit vers l’isoloir est le même que celui qui a toujours mené à la Hogra.
Les jeunes mais aussi les moins jeunes connaissent bien ce chemin.
Ils l’évitent depuis toujours.
Ils continueront à ne pas l’emprunter quoique vous leur chantiez.
Même Kassaman, le chant de l’hymne national, n’y fera rien.
Je ne sais pas vous, mais moi je ne sais toujours pas ce que je vais faire le 04 mai prochain.
Mon opinion n’est pas tranchée.
Pourtant, si voter n’est pas une obligation, cela demeure un acte citoyen.
Mais j’ai conscience aussi que le boycott est le moyen pour punir durement le système qui a pris en otage le pays.
Est-il seulement sensible à ce châtiment, ce système?
Je ne le crois pas.
Un mauvais élève…

Ce qu’a dit Issad Rebrab aux étudiants de Tizi Ouzou. 5 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Issad Rebrab était hier matin à Tizi Ouzou, chez lui.
Il a été invité par les étudiants à venir leur parler.
Malgré un planning très chargé, il est venu.
Les étudiants l’ont honoré.
Ils étaient très nombreux.
L’auditorium de l’Université Mouloud Mammeri était plein comme un oeuf.
De nombreux étudiants ont du rester dehors.
Je ne vous ferai pas le résumé de sa conférence. Je n’en fait pas mon objectif.
Je peux vous dire qu’il a fait de la pédagogie.
Je ne vous présenterai pas non plus Issad Rebrab.
Tout le monde sait qui il est.
De plus, il est aisé d’accéder, sur le Net, à son CV.
Je veux vous faire part du message qu’il a voulu délivrer à l’endroit de l’auditoire.
Je vais vous faire de la substance de son propos, de ce que j’en ai personnellement compris.
Issad Rebrab a parlé durant une heure, simplement, avec son coeur.
Il a fait part aux étudiants de ses craintes, de ses espérances et de l’amour de son pays.
Il a expliqué comment il a pu construire un empire aussi prospère que CEVITAL,
Il a répété que le travail est la seule vraie clé de la réussite, que c’est là une vertu cardinale que chacun doit nourrir en son sein.
Il a dit que tout est possible dès lors qu’on est déterminé à bâtir, dès lors que l’on est mû par l’intérêt commun et que la seule motivation est le destin partagé.
Il a évoqué les tracas auxquels son entreprise est confrontée, il a parlé des entraves qu’il a rencontré et qu’ils rencontre encore aujourd’hui, sans animosité, sans rancoeur, sans haine,
Juste de l’amertume et de la tristesse parce que ces entraves sont des obstacles au développement, à la création des richesses et de l’emploi, à la prospérité de son pays.
Il a montré sa détermination à avancer, avec pour seul désir, non pas réussir pour soi mais être utile pour sa communauté, participer à lui assurer la sécurité alimentaire.
Issad Rebrab est venu à la rencontre des étudiants de Tizi Ouzou pour aussi apporter le témoignage de la réussite de son entreprise.
Pour dire que cela peut arriver à tous, à tout un chacun.
Une « success story » nourrie par le travail, le mérite et la compétence.
Un heureuse histoire qu’il est possible de partager, de multiplier dès lors que le chemin emprunté est celui de l’honnêteté et de la probité.
Une histoire possible à reproduire par chacun de ceux qui sont venus l’écouter, une histoire que chacun peut vivre si l’intégrité morale et la droiture tracent le chemin à suivre.
Issad Rebrab est venu semer l’espoir dans les coeurs des étudiants de Tizi ouzou et faire croitre dans les esprits le désir de réussir.
Il est venu faire germer en chacun des présents l’amour du travail.
Il est venu partager avec les futurs cadres du pays sa détermination à entreprendre et à avancer, avec pour seul viatique le bien-être de sa communauté et l’amour de son pays.
De ce point de vue, je crois que son message est passé.
Issad Rebrab est reparti confiant.
Les étudiants de Tizi Ouzou ont fait preuve de beaucoup de maturité.
Le débat était riche et dense, et les échanges ont été profitables aussi pour le conférencier.
Il reviendra sans doute.

Quand un ministre de la République enfonce un autre! 27 mars, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je ne sais pas vous mais moi je trouve que nos ministres ne savent pas parler.
Enfin, je crois.
En tout cas, quand ils parlent, ils font des dégâts.
Je veux dire qu’ils disent des choses inquiétantes.
Ils nous font peur.
Tenez, voici ce qu’a dit, il y a quelques jours, l’actuel ministre par intérim du commerce.
« On ne peut pas protéger l’économie nationale en faisant de l’Algérie une poubelle ».
Il justifiait ainsi le gel des importations.
La seule compréhension que j’ai de ce propos est que ce commis de l’Etat deux en un – parce qu’il est d’abord ministre de l’habitat, il faut le rappeler – désavoue les actions de ses prédécesseurs.
Ils auraient transformé l’Algérie en poubelle.
Un aveu qui me parait grave.
Ainsi, on aura dépensé des dollars et des euros pour faire de notre pays un dépotoir.
Nos ministres n’ont donc ni sauvegarder notre argent, ni protéger notre pays de la pollution des importations.
Du coup, je me pose la question de savoir pourquoi ces responsables ont agi ainsi.
Ignorance?
Cupidité?

Quelle que soit la raison qui sera retenue, elle est inacceptable.
Vous en conviendrez.
Il faudra que le responsable intérimaire du commerce nous explique clairement ce qui s’est produit par le passé dans ce département ministériel.
Qu’est-ce qui a été importé et qui a pollué notre pays?
Mais nous ne sommes pas habitués à la transparence.
L’opacité est notre monde à nous.
Notre pays est plongé dans les ténèbres.
Les affaires se font dans l’obscurité totale… des containers qui alimentent la poubelle Algérie.
Il vaut mieux renoncer à comprendre ce que veut dire le ministre.
De quoi devenir fou.
Il faut donc laisser le couvercle au puits, ne pas venir à la lumière.
Une question d’hygiène mentale.
Il n’empêche que cette histoire d’importations et de poubelle me reste en travers de la gorge.
Je ne sais pas vous mais moi quitte à perdre la raison – pas la tête, j’espère que vous me direz la nuance dans vos commentaires -, je veux savoir.
Qu’est-ce qui est importé avec les deniers du peuple et qui pollue notre pays?
Je veux savoir aussi à qui cela profite.
Parce que cela profite sans doute à …
Et si cela profite à… je doute de la bonne foi du ministre.
Il ne pourra pas geler les importations.
Il ne le voudrait pas.
La solidarité.
Après tout, nous sommes habitués à leur cinéma, à la mise en scène!
Ils nous racontent des histoires.
Ils savent que nous n’y croyons pas mais ils savent aussi que nous laisserons toujours faire.
Alors, ils continuent à faire ce qu’ils ont à faire. Les importations se feront.
Les deniers publics continueront à s’évaporer dans le ciel Algérie pour se condenser et finir par retomber ailleurs, de l’autre côté.
Qui voudrait que ce cycle de la nature – du système, bien sûr – s’arrête?
Personne.
Nous le savons tous.
Même si vous me dites que vous ne le saviez pas, je ne vous croirai pas.
Tout le monde sait ça, vous aussi.

Indépendance de l’Algérie: la thèse « révisionniste » d’un petit roitelet du golfe arabique. 25 mars, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire
Le gouverneur de Sharjah, le sultan de ce micro Etat du golfe arabique, Bin Mohammed…, présente ses excuses à l’Algérie.
Après avoir insulté la mémoire de nos martyrs, il recule et fait semblant de faire acte de contrition.
« Mes propos ont été mal interprétés… », a-t-il dit, avec désinvolture, sur son compte Twitter.
Je sais que les autorités de mon pays, prompte à faire des courbettes à tous les roitelets des pétro-monarchies, ont déjà passé l’éponge.
Elles n’ont d’ailleurs pas réagi à cet affront.
Eh bien, moi je ne lui pardonne pas.
Il a porté atteinte à la mémoire de mon père et à celles de tous les valeureux martyrs qui se sont sacrifiés pour que nous vivions, aujourd’hui, libres dans notre pays.
De Gaulle aurait, selon cet individu, donné l’indépendance à notre pays pour séduire le président Nasser d’Egypte.
Ce petit souverain de ce tout petit Etat, fait donc fi du sacrifice du peuple algérien, des souffrances qu’il a enduré, du sang versé.
Il profane le combat libérateur de nos parents et donne le camouflet à nos héros.
Je suis révolté.
J’ai 63 ans.
Je me sens toujours orphelin, je crois qu’il n’y a pas d’âge à cela.
Je n’ai pas connu mon père.
Il est mort pour que je vive libre.
Je ne sais pas où il est tombé, il n’a pas de sépulture.
Peut-être a-t-il été dévoré par des animaux sauvages.
Ma mère est partie sans avoir jamais pu faire le deuil de son mari.
Les plaies ne sont pas refermées.
Cet individu vient – du haut de son arrogante ignorance – revisiter l’histoire de mon pays et faire du révisionnisme.
De Gaulle a fait don de notre indépendance à Nasser.
Une infamie insupportable.
Nos martyrs ont du hurler d’indignation dans leurs tombes.
Une ignominie qui laisse manifestement indifférent ceux qui décident en Algérie.
Non, je ne pardonne pas.
J’ai la rage, en tant que citoyen et patriote, d’avoir été offensé par les propos de ce personnage et j’ai honte du silence déshonorant des autorités de mon pays.
Un pouvoir qui a, par sa nature illégitime et despotique, dégradé l’image de notre pays et autorisé toutes les offenses à son encontre.
Les champions du nationalisme algérien, promptes habituellement à feindre l’amour du pays, sont cette fois-ci aphones.
Nos responsables ne défendent pas la mémoire de nos chouhada, alors il appartient – et c’est un devoir – à chaque citoyen de ce pays de le faire.
Je le fais, je le ferai toujours et j’ai appris à mes enfants à le faire.
Un tel outrage ne peut pas se suffire d’une présentation d’excuses.
Nous ne devons pas les accepter, je ne les accepte pas.
Cela fait déjà quelques jours que je suis indigné.
Aujourd’hui, je le suis encore plus.

Nagerait-on dans le bonheur en Algérie sans le savoir? 22 mars, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je me suis toujours demandé pourquoi les algériens émigrent en Europe ou en Amérique et pas en Afrique.
J’ai maintenant la réponse.
Je la trouve tirée par les cheveux mais c’est tout de même une réponse.
L’Algérie vient d’être classée le pays le plus heureux du continent africain.
Nous sommes donc, selon ce classement, les plus heureux d’Afrique.
Rien que ça!
Un classement établi en 2017 par le rapport mondial sur le bonheur – World Happiness Report.
Nous ne pouvons pas être plus heureux en Afrique, c’est pourquoi nous allons ailleurs, en occident.
Ils y sont plus heureux et nous voulons partager ce bonheur avec eux.
C’est normal, c’est dans la nature humaine.
Le partage, la générosité.
Nous voulons partager ce bonheur mais nous e savons pas si eux le veulent.
Peu importe, nous leur forcerons la main.
Le bonheur?
Chacun le voit à sa porte.
Nos jeunes – et même nos vieux, de plus en plus – voient le bonheur, non pas à leur porte, ni à celles de leurs voisins d’Afrique mais devant celles des européens et des américains.
Ils voient très juste.
Ce classement le confirme.
Nous sommes premier en Afrique, devant nos voisins de gauche et de droite, et logés à la 53ième place mondiale.
Sur 155 pays.
Pour votre information, nous avons reculé de 15 places par rapport à l’année dernière.
Les choses se dégradent.
Ne jetons pas la pierre à tous ceux qui se lancent dans toute forme d’aventure pour aller en quête du bonheur.
Sous d’autres cieux, de préférence en terre occidentale.
Nous sommes tous des harraga.
Et puis, bon sang de bonsoir, chacun de nous sait quand il est heureux et quand il ne l’est pas!…
C’est une évidence.
Personne ne peut savoir une chose pareille à ma place, même avec des enquêtes.
Tout de même…
A chaque fois que je me promène dans ma ville, Tizi Ouzou, ou à chaque fois que je prends ma voiture pour me rendre à Alger, je perds ma bonne humeur.
Le malheur s’abat sur moi.
J’ai envie de partir… n’importe où, même en Afrique.
Même au diable.
Il y fait meilleur.
Vous êtes tous comme moi, je le sais.
Je le sens dans votre quotidienne humeur exécrable.
Nous sommes tous kif kif.
La même enseigne.
« Ici, nous sommes malheureux ».
D’ailleurs, à y regarder de près ce classement, on voit tout de suite que c’est du Festi.
Ce classement est établi selon six critères: le produit intérieur brut par habitant (PIB), l’espérance de vie en bonne santé, la liberté, la générosité, l’aide sociale et la perception de la corruption dans le gouvernement ou les affaires.
Le premier critère m’interpelle.
Le PIB (produit intérieur brut).
Le pétrole.
Une ressource naturelle qui fait grimper le PIB par habitant.
Est-ce que ce PIB profite vraiment au citoyen?
Une véritable illusion.
L’illusion du bonheur qui trompe même les personnes qui ont fait cette enquête (les nations unies).
Nous avons l’ivresse du pétrole et l’illusion du bonheur.
C’est comme si nous buvions chacun sa part…de pétrole.
Jusqu’à l’ivresse.
Les algériens sont tellement saouls de bonheur qu’ils ne le remarquent même pas.
Et la liberté, franchement. Ils ont été la trouver où?
Tous les algériens, société civile et société politique, au grand complet, crient au manque de liberté dans ce pays.
Ceux là viennent nous raconter que nous sommes libres, peut-être pas assez mais nous sommes tout de même libres.
Incroyable.
La corruption et le climat des affaires… des scandales à répétition.
Je ne sais pas vous mais moi je crois que ceux qui ont fait ce sondage sont myopes.
Ils n’ont rien vu, ils n’ont rien compris.
A moins qu’ils ne soient complétement aveuglés par…
Alors, ils ont été complaisants.
Du coup, je me dis qu’ils sont complices de notre malheur.
Bien sûr, toute l’Afrique est ainsi.
Malheureuse.
Sauf que les autres n’ont pas de pétrole et que le PIB fait la différence, en particulier avec nos voisins de l’est et de l’ouest.
Le PIB de ces derniers vient de leur travail, du tourisme, de leur industrie textile…
Quand aux pays d’Europe – la Norvège, le Danemark, l’Islande, la Suède, la Hollande… -, il fait bon y vivre.
Mais c’est la France qui est magnétique.
Ce pays attire le plus grand nombre.
L’ancien colon…une espèce de syndrome de Stockolm.
Chercher et trouver le bonheur auprès de l’ancien bourreau.
Etrange…
Une affaire, à méditer.
En tout cas, ce classement?
Du pipo.

L’idée que je me fais de la qualité de la représentation nationale au parlement. 20 mars, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je ne sais pas vous mais moi je pense que celui qui prétend me représenter à l’Assemblée nationale ou au Conseil de la nation doit savoir lire avec discernement un projet de loi, et le critiquer avec autant de discernement.
Je pense aussi que cette personne doit pouvoir émettre avec intelligence et clairvoyance une opinion sur les affaires politiques et économiques de notre pays, et éventuellement de coucher cela sur un possible projet de loi à proposer et à défendre auprès de ses collègues.
Je pense, je souhaite, que cette personne – celle qui prétend me représenter dans ces nobles institutions – se soit d’abord accomplie professionnellement et socialement à l’extérieur de la politique, et qu’elle n’ait comme objectif que le seul souci de se rendre utile pour son pays.
Je voudrais enfin que la personne qui me représente ait de l’empathie et de la générosité, qu’elle ne soit pas cynique et qu’elle soit sensible à la souffrance de l’autre.
Des éléments indispensables pour prouver que vous donnez de votre temps afin de servir autrui, ou pour convaincre que vous êtes là, non pas pour vos intérêts, mais pour vous rendre utile à la communauté et à votre pays.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que rares sont les prétendants à cette représentation qui réunissent ces critères.
Je suis peut-être exigent.
Certains diront que je suis élitiste.
J’assume ces deux vérités, ce sont mes vérités.
On ne peut pas débattre d’un projet de loi si on ne sait pas le lire, quant à le comprendre et à en saisir les nuances…
J’ai la conviction que les candidats à la représentation nationale doivent être puisés de l’élite nationale.
Pour les capacités intellectuelles indéniables dont celle-ci recèle naturellement mais aussi parce que l’élite s’est généralement accomplie socialement à l’extérieur du monde de la politique et qu’à ce titre, elle n’en dépend pas sur le plan alimentaire et qu’elle n’a rien à en attendre personnellement.
Son engagement dans l’action politique est au seul service de son pays et de son peuple.
Se rendre utile, le seul crédo, un sacerdoce.

L’élite, pour les raisons que je viens de citer, n’est généralement pas sensible à la concussion.

Elle n’est pas corruptible.
Elle est d’ailleurs subversive.
Alors elle ne plait pas.
Elle est marginalisée et est forcée au silence.
Bien sûr vous me direz que cela a toujours été comme ça.
Je le sais.
Les snipers habituelles vont sans doute m’épingler et me dire: « Tu as fait partie de cette Assemblée… »
J’assume aussi, c’est aussi une vérité.
Que faut-il faire pour changer les choses?
J’ai essayé.
Je pense que nous devrions être beaucoup plus nombreux à essayer.
Quelles que soient les sensibilités et les divergences politiques.
Il est plus aisé de s’entendre quand on peut se comprendre, quand c’est le libre arbitre qui anime l’action politique.
Je crois que la réponse est en chacun de nous. Plutôt que de se détourner de l’action politique, investissons là.
Il y a toujours quelque chose à faire dès lors que nous avons le désir de nous rendre utile pour notre patrie.
Ne confions pas le destin de notre pays à l’ignorance et à la cupidité.

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