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Le Pr M. Boucebci, un enseignant dévoué et un exemple d’engagement intellectuel et citoyen. 16 juin, 2018

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette année, le congrès de psychiatrie et de neurologie de langue française (CPNLF) a réservé, dans son programme, une plage horaire pour rendre hommage au professeur Mahfoud Boucebci. C’était en mai dernier à Bastia en Corse. J’étais parmi les personnes invitées à témoigner, je n’ai pas pu m’y rendre. Voici l’hommage que je devais lui rendre.
Mahfoud Boucebci avait, dans sa carrière, rencontré d’énormes difficultés, sans doute à cause de sa rigueur intellectuelle et de son amour du travail. Il avait, sa vie durant, célébré le mérite et la compétence et dénoncé l’imposture. Cela ne plaisait pas, cela dérangeait. Mettre sur pied le service que l’on venait de lui attribuer était un véritable challenge. Un couvent de soeurs blanches, perdu dans une forêt à la périphérie d’Alger, difficile d’accès, et qu’il fallait adapter aux besoins de l’activité de soins qu’il projetait d’offrir à ses concitoyens. Un « cadeau » sans mesures d’accompagnement matériel et financier. Sa nomination à cet endroit était un piège, il le savait. Un défi à relever, ce qu’il fit en dépit de l’adversité permanente qui avait émaillé cette aventure. C’en était une. C’était fin des années soixante dix. Personne ne s’occupait encore des enfants présentant des troubles mentaux, il avait décidé de le faire. C’était à ce moment là qu’il prit conscience de la complexité du problème et de ses ramifications sociales et politiques. Le drame de l’enfance abandonnée et des mères célibataires était pour lui une révélation. Il s’y était investi et avait décidé de révéler au grand jour la tragédie qui se déroulait dans les pouponnières d’Alger. Il avait fait faire des travaux de recherches à ses élèves et fait soutenir des mémoires de psychologie pour montrer que les désordres psychiques dont étaient victimes les enfants élevés en pouponnière étaient dévastateurs. Les carences affectives précoces et les troubles de l’attachement. Il n’avait de cesse de dénoncer les conditions inhumaines dans lesquelles vivaient ces enfants sans familles et militait pour leur adoption rapide en dépit d’une législation algérienne qui refusait, en ce temps, le placement de ces enfants dans des familles. lire la suite…

Pour venir à bout de la violence sociale, il faut la volonté politique. 14 juin, 2018

Posté par docteurboudarene dans : interviews , ajouter un commentaire

Cet entretien est paru ce jour 14 juin 2018, sous la plume de Amine Bouali, dans le quotidien national d’information Le Quotidien d’Oran.

1/ Dans votre dernier livre, «La violence sociale en Algérie», vous écrivez que «la violence est devenue banale, ordinaire dans notre pays. Elle s’est emparée du corps social et est devenue structurelle». «Les individus se promènent, écrivez-vous, avec des gourdins dans les voitures, des couteaux dans la poche, des sabres sous les kechabias». Comment expliquez-vous, Dr Mahmoud Boudarène, de tels comportements? L’Algérien est-il agressif de naissance? Y aurait-il des êtres, des époques (je pense à la terrible décennie rouge algérienne des années 1990) et même des peuples moins pacifiques que d’autres? 

La violence est croissante dans notre pays et le passage à l’acte agressif est pratiquement devenu la seule voie de résolution des conflits entre les individus. Le dialogue passe par l’anathème, l’insulte, les coups, le pugilat, par le règlement de comptes entre factions rivales ou encore par des guerres entre les communautés. Les gens ne se parlent plus et l’algérien est devenu violent, cela est une réalité. Toutefois, je ne crois pas que la société ait pu par ses seuls dysfonctionnements et le désordre social qui en aurait découlé engendrer ce climat de violence. L’algérien n’est pas né violent, il a été amené à le devenir. Son histoire récente et les conditions dans lesquelles il vit présentement l’ont conduit à ne connaitre rien d’autre que l’agressivité. La colonisation française, la guerre de libération nationale, la violence politique qui a surgi durant la révolution et qui a prévalu au lendemain de l’indépendance, la violence terroriste des années 90 sont autant de traumatismes qui n’ont pas pu ne pas laisser de séquelles et se transmettre à travers les générations. La pauvreté, les inégalités  sociales et la Hogra, le manque de liberté et de démocratie, conditions dans lesquels le jeune algérien vit encore aujourd’hui s’y sont additionnés et ont fini par l’acculer dans ses derniers retranchements. Il est pris au piège d’une vie anxiogène, il est au plus mal et ne réagit plus qu’en mordant. lire la suite…

Risques liés à la sexualité des jeunes, prévention et nouvelle loi sanitaire algérienne. 3 juin, 2018

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Une étude réalisée par le ministère de la santé, et rendue publique il y a un an environ, a révélé que les garçons commencent leur vie sexuelle à 16 ans et les filles à 17 ans.
C’est dit, la sexualité existe chez nos jeunes.
Ce n’est plus un tabou.
Il est évident que cette situation – somme tout normale – suscite des questions, notamment en ce qui concerne les risques liés à l’activité sexuelle et les moyens à mettre en place pour s’en prémunir.
Une autre enquête qui n’a interrogé que les filles âgées de 15 à 19 ans (?) a montré que 6,8% d’entre elles seulement connaissent ce qu’est le SIDA et ses modes de transmission.
Deux arguments importants pour mettre en place l’information et l’éducation, notamment sexuelle, en direction des jeunes, dès lors que ceux-ci ont atteint l’âge pour entendre et comprendre un tel discours. lire la suite…

Les médecins résidents face à un système de santé anachronique. 11 mai, 2018

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée le 09 mai 2018 dans le quotidien national d’information Liberté.
Le titre est de la rédaction. La nouvelle loi sanitaire a été entre temps votée par l’Assemblée nationale. Il faut espérer que le sénat la rejettera (?).

Le service civil est un dispositif anachronique et totalement inopérant. Une expérience qui a montré son inefficacité sur le terrain et que les pouvoirs publics s’entêtent à poursuivre.

Ne nous y trompons pas, le bras de fer engagé par les médecins résidents avec les pouvoirs publics est un acte éminemment politique. Ils ne défendent pas leurs intérêts comme il est dit ici ou là. De la propagande de mauvaise facture qui a pour objectif de ternir l’image de ce corps de métier qui passe des jours et des nuits à prendre soin du citoyen, du peuple. Pour cette raison, les Algériens doivent se déterminer et les soutenir dans ces revendications.
Les médecins résidents ne veulent rien d’autre que de bonnes conditions de travail pour bien prendre en charge la santé de la population. Ils se battent présentement pour un système de santé soucieux d’un égal et juste accès à des soins de qualité pour tous les Algériens.
Vous qui êtes en train de lire cet écrit, vous vous êtes sans doute déjà rendu compte de l’état de délabrement de notre système de soins et surtout de son iniquité, sa partialité. lire la suite…

Transmettre le savoir : un devoir, une exigence éthique. 6 mai, 2018

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée ce jour, 03 décembre 2013, dans le quotidien national d’informations Liberté. Il s’agit d’un témoignage que j’ai rendu au Pr Boucebci à l’occasion du colloque organisé le 15 juin dernier pour commémorer l’anniversaire de son assassinat. Pour le rappeler à la mémoire de tous ceux qui l’ont connu et qui n’ont pas l’occasion de participer aux journées de la Fondation éponyme, j’ai pensé opportun de publier ce témoignage dans la presse écrite. C’est chose faite. Le voici pour les lecteurs de mon blog.

Le mois de novembre, le 22, est la date anniversaire de la naissance du Pr Boucebci. Une occasion pour le rappeler à notre souvenir et une opportunité pour mettre en relief une vertu qui avait, de son vivant, animé cet homme de Sciences: la transmission du savoir et de la connaissance. Une valeur sacrée qui a, pour lui, constitué non seulement une exigence de tous les instants mais également un objectif permanent. Voilà un véritable engagement patriotique qui a été longtemps ignoré puis cruellement stoppé par la bêtise et l’ignorance. lire la suite…

Exiber sa chaussure, une manière insolite de tromper… 2 mai, 2018

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Il a enlevé sa chaussure et l’a exibée pour assurer qu’il soutient le « made in Bladi ».
J’aurai applaudi si j’avais pu croire un instant qu’il pensait ce qu’il disait.
A l’instar de tous les autres, il ment …
Il ment pour tromper.
Un abus de confiance, un de plus.
Un autre viol des consciences.
Il portait peut-être ce jour là, hier, une chaussure faite ici mais est-ce cela l’essentiel?
Lui suffit-il de porter une godasse made in chez nous pour nous assurer qu’il travaille réellement à faire le bonheur des algériens?
Bien sûr que non.
Il aurait même dit qu’il ne portera jamais un costume St Laurent.
Pourquoi pas?
Porter un costume Cardin ou même Smalto peut être conjugué avec honnêteté et amour de son pays.
Cela ne me semble pas constituer une trahison si ces vêtements ne sont pas achetés avec de l’argent volé, celui du peuple notamment.
Si cela ne constitue pas un bien mal acquis.
Le quidam peut s’habiller d’un costume Sonitex ou encore de haillons et être un véritable mystificateur.
Et un voleur.
Ali Baba cachait bien son butin dans une caverne !
Mais cela participe du populisme habituel.
L’habit ne fait pas probablement pas le moine mais déguise assurément le bonimenteur.
Quand l’hypocrisie s’habille des oripeaux de la vertu…
La chaussure n’était qu’une mise en scène, du théâtre de mauvais aloi.
Et le comédien est lamentable, affligeant.
Le costume et les chaussures « intaj watani » ne trompent plus personne.
Les enjeux sont ailleurs, les fortunes aussi.
Chacun de nous le sait.
Nous savons tous aussi que ce n’est pas au discours que l’on reconnait l’homme vertueux mais à ses actes.
Le scénario de la chaussure n’est pas bon.
Le décor choisi – le premier mai, une date symbole – est mauvais.
Suspect !
La mise en scène a fait rire…jaune.
Elle a fait sourire certains, d’autre ont en fait un moment de dérision.
L’histoire en fera un autre moment tragique pour notre pays.
Également une trahison.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que la comédie a trop duré.
Elle doit prendre fin.
Le rideau doit tomber et jeter dans l’oubli tous ces imposteurs.

La nouvelle loi sanitaire algérienne: que devient la médecine gratuite? 28 avril, 2018

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

J’ai envie de faire un peu de pédagogie et vous expliquer ce que propose la nouvelle loi sanitaire.
Je n’irai pas dans les détails des différents articles proposés mais je m’appesantirai sur sa signification politique.
Elle est – sur le plan social – en net recul par rapport à celle en cours, la loi 85-05.
Le principe de la médecine gratuite est définitivement écarté par la loi qui est proposée au débat à l’Assemblée nationale, quand bien même le pouvoir et ses relais politiques claironnent sans cesse que la gratuité des soins est toujours garantie.
Un acquis social inaliénable, qu’ils nous disent…
Il y a une nuance entre la médecine gratuite et la gratuité des soins.
La médecine gratuite est une décision politico-idéologique consacrée dans un premier temps par l’ordonnance 73-65 du 28 décembre 1973 et dans un deuxième temps par l’article 67 de la constitution (de 1976) qui garantit les soins gratuits au citoyen.
Au frais de l’Etat, bien entendu. lire la suite…

Mouvement des médecins résidents, le pouvoir algérien envoie les fourgons cellulaires. 25 avril, 2018

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je ne sais pas vous mais moi je pense que le pouvoir politique est le seul ennemi de ce pays.
L’ennemi intérieur.
N’allez pas penser, en lisant ce que je vais écrire, que je suis corporatiste.
Vous ne l’avez pas dit, pas encore.
Ne vous y trompez pas, le bras de fer engagé par les médecins résidents avec les pouvoirs publics est un acte éminemment politique.
Ils ne défendent pas leurs intérêts.
Pour cette raison, les citoyens doivent être à leurs côtés et les soutenir. lire la suite…

Quand les barbichettes se tiennent… 16 avril, 2018

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Quand tu me tiens et que je te tiens par la barbichette, cela veut dire que nos sorts sont liés.
Tu me défends et je te défends, envers et contre tout, parce que si tu me donnes, je te donne aussi.
Cela veut dire également que si tu dis je dis aussi, et que si je tombe tu tombes avec moi.
Alors, tu me soutiens et je te soutiens, ainsi aucun de nous deux ne tombera.
Et quand il y a plusieurs qui se tiennent les uns les autres par la barbichette, cela s’appelle un système.
Et c’est du solide.
Ça ne tombe pas, enfin rarement. lire la suite…

2019, élection présidentielle, la fièvre gagne le sommet du pouvoir algérien. 11 avril, 2018

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

2019, élection présidentielle, la fièvre gagne le sommet du pouvoir algérien. 

La fébrilité s’est emparé du sérail.
Le remue ménage a commencé là haut.
On a fait donner la mesure au chef du FLN, le parti-Etat.
Des choses se passent, vont se passer.
Des « pousse-toi que je me m’y mette ».
Une main experte, invisible, se prépare à déplacer les pions.
A tout changer ou à laisser les choses en l’état.
Les pions, eux, sentent la menace.
Ils ne sont pas contents, certains le disent.
Ensemble ou regroupés en association.
Il y en a qui se rebiffent, puis qui changent d’avis parce qu’ils se disent que peut-être…
Ils ont peur.
Il y a des coups de balai et des mécontents.
Le sérail, un échiquier et un véritable jeu.
La partie a commencé.
Elle va être rude.
Tous les coups seront permis.
Dehors, près ou loin du palais, les conjectures vont bon train.
Les paris aussi.
Des mains se frottent, des réjouissances se manifestent.
Des alliances se tissent et chacun se prépare à occuper la place qui sera libérée.
Il y en a même qui prennent parti avec zèle, trop, beaucoup trop.
La surenchère.
Il y en a qui pense que le gentil est arrivé et qu’il va chasser le méchant.
Je ne sais pas vous mais moi je pense qu’ils sont tous méchants.
Chacun convoite et est prêt à tout, même au pire.
Les places à prendre coûtent.
C’est toujours ainsi dans notre pays.
Lui s’en va, l’autre s’en vient.
Cela ne finit pas depuis l’indépendance.
Celui qui s’en va connait bien celui qui s’en vient.
Ils se saluent à la porte du palais.
Ils ne s’entendent pas, ils sont des ennemis féroces mais ils acceptent « l’alternance » et se saluent.
C’est ça, chacun son tour, avec le sourire jaune, forcé.
Le peuple, lui, il est absent.
Il ne compte pas, il n’existe pas.
Il n’a que ce qu’il mérite.
Il regarde indifférent le spectacle qui se joue devant lui.
Il applaudira le vainqueur, c’est son habitude.
Sauf qu’aujourd’hui ceux qui occupent le palais ne veulent pas partir.
Ils le montrent.
Ils font du bruit, ils semblent déterminés.
Ils se mettent en ordre, ils s’organisent.
Ils montrent les dents, prêts à mordre.
Prêts à livrer bataille.
Le pouvoir et les nombreux privilèges qu’il offre méritent d’engager le bras de fer.
Et puis, le perdant perd tout.
Même si ce n’est pas la coutume chez nous, le vainqueur peut demander des comptes au vaincu – au nom de la République…
Le règlement de comptes.
Alors le perdant risque de perdre ce qu’il a pris.
Il ne perdra pas la vie, ni même son honneur.
Peut-être la liberté…
Il perdra des plumes, surtout s’il n’a pas accepté les règles du jeu de « cette alternance ».
Quel est l’autre adversaire dans la partie qui se prépare?
Quelle est cette main invisible qui crée un vent de panique parmi les pions du cheikh?
Qui se prépare à faire Echec et Mat?
Au sérail, on le sait sans doute.
Tout le monde se connait.
Le temps du changement n’est peut-être pas encore venu.
A moins que…
Cela a trop tardé pour les uns, et pour les autres il est encore trop tôt.
Pourtant, il faudra bien.
Le vent nouveau, celui de l’amour de la patrie.
Telle une bourrasque, il se mettra à souffler.
Peut-être, si nous ne le voulons vraiment.
Le changement qui se prépare sera alors celui que nous désirons.
Il viendra.
Je sais! Votre pessimisme est justifié.
J’y crois, moi.

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