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La garde des médecins libéraux: une fausse solution au vrai délabrement de notre système de soins. 15 août, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée en date du 15 août 2017 dans le quotidien nationale d’informations Liberté.

Le secteur de la santé publique est très malade. Ce n’est un secret pour personne, chacun a pu s’en rendre compte et en subir les fâcheuses conséquences. 

Pour aller à son chevet, le tout nouveau ministre de la santé veut obliger les praticiens en exercice libéral à faire des gardes, dans leurs cabinets. Pour autant, il aurait fallu inscrire cette démarche dans le cadre des dispositions prévues par la loi. La convention et la rémunération en conséquence ou encore exceptionnellement la réquisition. Le médecin d’exercice libéral devant alors être intégré dans le dispositif de garde des structures de santé publique qui sont en difficulté. Une démarche qui aurait été plus logique et plus efficace, à condition bien sûr que l’objectif de cette décision soit de rendre opérante la santé publique. Les médecins libéraux s’y seront prêtés sans contestation. La médecine libéral est un choix, une liberté et il est bien entendu que le praticien  privé, comme son confrère du secteur public, n’est pas exonéré de ses devoirs. Il a aussi des droits et ils sont inaliénables.

L’instruction N°5 du 05 août 2017 relative au service de garde pour les praticiens médicaux installés à titre privé n’est pas dans cet état d’esprit. Elle est coercitive et semble vouloir pénaliser les médecins libéraux comme si la faillite du secteur public de la santé était de leur responsabilité.
Cette « circulaire » est anachronique, elle est en décalage avec la réalité au moins parce qu’un service médical de garde doit avoir la vocation et les moyens que les médecins de ville n’ont pas. De plus, un service de garde a besoin de sécurité et il est une obligation de l’assurer aux praticiens, ce que les pouvoirs publics n’arrivent déjà pas à honorer dans les structures qui appartiennent à l’Etat.

Cette instruction – cette décision – est inepte. Elle est une façon déguisée de tourner le dos aux vrais problèmes que rencontre le secteur public de la santé, elle est aussi une fausse solution pour y remédier. Comme si le délabrement de notre système de santé se limitait seulement à un problème de garde!

Chacun sait aujourd’hui, le citoyen lambda plus que tout autre, que notre système de soins est moribond. Non seulement la population n’y a pratiquement plus accès mais il n’offre plus les soins de qualité attendus. Les examens biologiques et radiologiques – les plus élémentaires – sont pratiqués chez le privé, à la charge exclusive du malade car non remboursés par les caisses de sécurité sociale. Des médicaments ne sont pas fournis aux malades, même ceux qui sont hospitalisés doivent les acheter en officines privées… Quand à la prise en charge des malades les plus graves, les malades du cancer notamment, les listes d’attentes sont longues pour accéder aux cures de soins appropriées. L’exemple de la radiothérapie est édifiant. Pour autant la médecine est gratuite dans notre pays. Elle est encore garantie par l’ordonnance N°73-65 du 28 décembre 1973 portant institution de la médecine gratuite dans les structures publiques de la santé. La gratuité des soins est également inscrite dans le chapitre 3 – articles 20 à 22 – de la loi sanitaire N° 85-05 du 16 février 1985 relative à la protection et à la promotion de la santé. Cette loi est toujours en vigueur. C’est peut-être, sans doute (? ) , là que si situe le nœud du problème. Notre système de soins n’a plus les moyens de sa politique, il ne peut plus assumer la gratuité des soins. Cette instruction vient dans la précipitation pour travestir cette situation.

Une jeune femme et son bébé sont morts à Djelfa du fait notamment de la défaillance de ce système de soins. Il y aurait eu négligence et/ou incompétence, le mari aurait empêché sa femme de consulter un médecin de sexe masculin…l’enquête déterminera les responsabilités, il n’en demeure pas moins que c’est tout le système de santé qui est interpellé. Il est mis en cause dans cette affaire et, s’il y a faute avérée des professionnels de santé, la responsabilité incombe non pas au personnel de soins mais à l’administration.  Au ministre de la santé, d’abord.

Des événements aussi tragiques que celui de Djelfa sont survenus par le passé dans notre pays, à l’intérieur mais aussi dans les grandes villes, dans les CHU. Rien n’a été fait pour apporter des solutions. On a laissé le couvercle au puits. La situation s’est dégradée malgré les alertes qui ont été données par des enquêtes diligentées par le ministère lui-même, et par la cour des comptes… Les choses ont pourri, aujourd’hui il est trop tard. Le point de non retour est atteint, d’autant que la situation économique du pays est peu reluisante. « Taqachouf », le mot qui est dans la bouche de tous nos responsables, la santé est le secteur qui en est le plus touché. Tous les projets, les nouveaux CHU notamment, sont suspendus. Les pouvoirs publics ont fait dans la fuite en avant. Une fuite éperdue qui s’est cristallisée dans un nouveau projet de loi sanitaire qui ne verra sans doute pas le jour parce qu’irréaliste, il fait fi du coût véritable de la prestation de soins.

Si la santé n’a pas de prix, elle a un coût. Faut-il souligner que celui-ci – le coût de la santé  -n’est toujours pas indexé sur l’environnement économique national ? Les tarifs des consultations viennent, s’il en est, le rappeler. A titre d’exemple, la consultation du médecin généraliste est toujours fixée à 50 Dinars – tarif du début des années 80 – et elle est remboursée par la sécurité sociale sur cette base. Aujourd’hui la consultation est à 1000 dinars en moyenne, un tarif qui est en harmonie – en rapport -  avec le coût de la vie. Celui-ci ayant été multiplié, depuis le début des années 80, par 15. Ce prix a naturellement suivi celui du kilogramme de viande, de la banane ou encore de la cerise… Seule le coût de la prestation de soins est resté figé.

La réalité économique nationale a donc rattrapé le système de santé qui a vu les dotations budgétaires de ses structures de soins de plus en plus insuffisantes. La santé publique s’est appauvrie et ne peut plus assurer aux citoyens l’accès aisé à une prise en charge de qualité. Aujourd’hui, le ministre de la santé, aux abois, pense régler un aussi grave problème en montrant d’un doigt presque accusateur le médecin de pratique privée. Le bouc émissaire est tout trouvé. Comme si le praticien privé était le responsable de la descente aux enfers de notre système de santé. Ça ne marche pas dans nos hôpitaux et nos policliniques, il faut faire faire des gardes aux médecins libéraux. La solution magique, un tour de passe passe, de la prestidigitation. De l’incantation, cela fait partie des us.

Point de concertation. On ne demande l’avis de personne, surtout pas de concernés, surtout pas de leurs organisations professionnelles, de leur syndicat. Les choses se font d’autorité…et dans  la précipitation. A la hussarde, l’instruction N°5 est donnée et est immédiatement appliquée. On a travaillé le week end au ministère de la santé et la montagne a accouché d’une souris. Les médecins ont aussitôt reçu des listes de garde, avant même qu’ils ne soient informés de l’existence de cette instruction.

Pour autant, les médecins libéraux sont des partenaires, ils assument pleinement leur appartenance au système national de soins. A ce titre, ils ont droit au respect en tant que praticien mais aussi et avant tout en tant que citoyen. Mais dans notre pays, la responsabilité exonère du respect que chacun doit à chacun. Il y a dans l’esprit de nos responsables confusion entre autorité et autoritarisme, en particulier quand ils sont à court d’arguments. Sauf que les problèmes ne se règlent pas de cette façon, ils se compliquent davantage. Les gardes des médecins libéraux ne régleront pas les problèmes graves que vit notre système de soins. Les solutions sont ailleurs. Il faut bien sûr de l’imagination pour les trouver, il faut aussi la volonté politique. Il n’y a chez nos responsables ni l’un ni l’autre.

Ce système de gardes, qui a existé par le passé et qui a été abandonné parce que peu opérant, est une fausse solution à un vrai problème. Comme toute fausse solution, il avortera. La galère pour nos concitoyens malades continuera. Nos responsables – quant à eux, parce qu’ils n’ont pas confiance dans notre système de soins – iront au besoin se soigner dans les hôpitaux parisiens ou genevoix…aux frais de l’Algérie.

La Wilaya de Tizi Ouzou en immersion dans les ordures 19 juillet, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée dans le quotidien national d’information, El Watan, en date du 24 octobre 2009. Je la propose, aujourd’hui, aux lecteurs de mon blog pour dire que rien n’a changé ou plutôt si, que les choses se sont empirées depuis sa publication, il y a déjà presque huit ans.  Tizi Ouzou, nos villes et nos villages sont dans un état de saleté, de pourriture avancées. Il y a bien quelques initiatives, des volontariats, pour tenter de réduire les dégâts mais il y a tant de choses à faire – des décisions politiques audacieuses à prendre, car il s’agit de cela -, que la simple bonne volonté des citoyens ne suffit pas. Et se contenter de donner un prix annuel pour le village le plus propre ne cachera pas l’insuffisance d’engagement de nos élus, pour la prise en charge déterminée de ce problème.

Quel que soit le chemin que l’on emprunte pour entrer dans la ville de Tizi Ouzou, on est accueilli par des tas d’immondices et des détritus de toutes sortes qui jonchent les bretelles d’accès. A l’intérieur de la cité des genêts, le décor est repoussant. De nombreux dépotoirs occupent les quartiers de la ville et des poubelles crasseuses à la couleur d’un vert franchement laid  sont, – parce qu’elles ont, pour la plupart, perdu leurs roues -, littéralement couchées sur des trottoirs souvent, eux même, éventrés et sales. Horrible vision que celle qui est proposée au citoyen et au voyageur de passage. Toutes les villes et toutes les communes de la wilaya de Tizi Ouzou sont dans le même état. Elles sont vautrées dans les ordures. Une véritable poubelle à ciel ouvert et une pollution de l’environnement qui va hypothéquer, sans doute, l’avenir écologique de la région. Une catastrophe innommable et à terme une menace pour la santé publique.

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Les conduites addictives en Algérie, que faire? 2 juillet, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée hier 1er juillet 2017 dans le quotidien national d’information Liberté. Je l’avais proposé pour le 26 juin,  journée internationale dédiée à la lutte contre les drogues. Cette année, cette journée s’est confondue avec la fête de l’Aïd El Fitr. 
Bonne lecture.


1 – Etat des lieux

Les conduites d’addiction – le vocable toxicomanie aujourd’hui désuet est remplacé par le terme addiction pour désigner les comportements d’intoxication aux drogues – sont un phénomène mondial qui ne peut pas ne pas concerner l’Algérie. Du fait de sa situation géographique et de ses frontières importantes, notre pays constitue une plaque tournante idéale pour inonder le marché européen mais aussi, et cela est plus dangereux pour notre pays, une opportunité pour susciter et développer une consommation locale. De plus, les marchands de stupéfiants ont compris que la population juvénile, majoritaire dans notre pays, est fragilisée par la précarité sociale. Les jeunes, dans la détresse, constituent de ce fait des proies faciles, un marché potentiel. Le pire est donc à venir. Les saisies de stupéfiants, de plus en plus nombreuses, réalisées par les services des douanes ne sont que la partie visible de l’iceberg. L’Algérie est sans aucun doute dans une situation de vulnérabilité sociale et les conduites addictives seront de plus en plus le « recours naturel » au désespoir des personnes. Une grave menace à laquelle les pouvoirs publics doivent se préparer. lire la suite…

L’université algérienne est malade. 20 juin, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Je ne sais pas vous mais moi je m’inquiète de plus en plus de la violence croissante à l’université.
J’ai déjà eu à m’exprimer à ce sujet.
Un enseignant aurait été, selon la presse, assassiné à Miliana à coup de marteau.
Il aurait eu le tort d’empêcher les deux meurtriers de copier. Des étudiants.

Le fait de personnes marginales il y a quelques années – qui peut, par ailleurs, survenir sous tous les cieux – qui devient un fait ordinaire aujourd’hui.

Cela est, au plus haut point, inquiétant.
Des agressions nombreuses d’enseignants ont déjà eu lieu, par le passé, dans d’autres universités.
Pour les mêmes raisons.
Grave.
Trop grave.
Les autorités ne semblent pas vouloir aller au devant du problème. lire la suite…

A propos des harragas: correspondance avec une universitaire française. 9 juin, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Le problème des harragas se pose toujours avec autant d’acuité et est, corrélativement avec les problèmes que vit la jeunesse algérienne, plus que jamais d’actualité. – Parce que ce phénomène s’est accentué cet été et a fait quotidiennement l’objet d’écrits dans la presse nationale sans que les pouvoirs publics ne s’en émeuvent outre mesure et ne soient capables d’apporter  de solution autre que la répression. – Parce que le désespoir des candidats à l’émigration clandestine est tellement grand qu’ils refusent « activement » d’être arraisonnés par les gardes côtes. Faut-il rappeler en effet qu’un groupe de harragas, interpellé en haute mer, a jeté son embarcation contre la vedette des gardes côtes. Il y a eu deux morts dans cet accident. – Parce que les parents ont interpellé avec détermination l’Etat pour qu’il trouve de vraies solutions aux vrais problèmes de leurs enfants.

Il est indispensable de rappeler aux lecteurs que trois rencontres ont été initiées, depuis deux ans environ, par les pouvoirs publics – dont une par le Président de la République – pour réfléchir (?) aux problèmes réels de la jeunesse algérienne… sans lendemain.

Pendant ce temps, à l’étranger, des universitaires planchent sur ce phénomène qu’ils essaient de comprendre de leur point de vue, c’est-à-dire du point de vue du pays d’accueil et des législations en vigueur. Mais ils essaient également de comprendre le drame des harragas de l’autre point de vue, c’est-à-dire des motivations profondes qui amènent le sujet à se jeter dans cette aventure incertaine.

C’est dans cette perspective que Anne Marie MAISONNEUVE s’est intéressée à ce qui s’est écrit en Algérie sur ce drame humain, véritable, et qu’elle m’a adressé cette correspondance, que je livre à mes lecteurs. Je rappelle que j’ai écrit, à ce sujet, plusieurs contributions dans le quotidien national El Watan (rubrique « idées-débats »). Ces contributions peuvent être retrouvées dans mon blog (rubrique « articles de presse »).

- suicide, toxicomanie, harraga, jeunesse et désespérance

- jeunesse et loi de finances 2008

- harraga, délinquance ou quête du bonheur

- les jeunes, ces oubliés du plan d’action du Président

Voici mes échanges épistolaires avec Anne -Marie MAISONNEUVE.

Je ne la présente pas volontairement aux lecteurs. Elle s’en charge elle-même dans cette correspondance.

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Le vizir premier est mort vive le premier vizir. 7 juin, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Il est parti, Sellal.
Il est arrivé, Tebboune.
Le vizir premier est mort vive le premier vizir.
Et avec, le programme du président.
Vous ne le savez peut-être pas mais moi je le sais.
Je viens de l’apprendre.
Les décisions de l’ancien premier ministre viennent d’être annulées – pas toute, ouf.
Seulement certaines grandes décisions, elles sont bloquées.
Le nouveau premier ministre et son staff sont entrain de plancher pour les remplacer.
Avec de meilleures, naturellement.
On s’est rendu compte « en haut lieu » qu’elles ne sont pas bonnes, les décisions du wazir précédent.
Pour l’économie nationale qu’on nous dit.
Mais peut-être que c’est pour d’autres raisons, pour d’autres intérêts.
Qui sait?
Pour autant, toutes les décisions prises par les ministres – d’avant ou d’après – s’inscrivent dans le programme du président.
C’est ce qu’on nous dit depuis 1962.
La mise en oeuvre le programme du président, c’est nouveau.
C’est depuis 1999.
Le FLN, le RND et d’autres partis politiques défendent toujours celui-ci, ce programme.
Tous les wazirs, premier ou pas, qui sont passés par là, depuis, l’ont mis en oeuvre.
En tout cas, ils ont essayé.
Apparemment ils le font mal ou ils ne le font pas du tout ou…
ce programme n’existe pas.
Ils nous racontent des histoires à dormir debout.
Et nous dormons…debout.
Je ne sais pas vous mais moi je ne l’ai jamais vu, ce programme.
Il est écrit nulle part et je crois que personne ne l’a jamais aperçu.
Même le président ne le connait pas, il ne sait pas de quel programme il s’agit.
Une arlésienne ce programme, on en parle sans arrêt mais il n’est placardé nulle part.
Il n’est sur aucune place ou édifice publics.
On ne le voit nulle part ailleurs.
Ni dans les livres, ni dans la vie de tous les jours, encore moins dans le portefeuille des travailleurs ou dans l’assiette des familles.
Pourtant il est là, il est dans tous les discours, il plane.
Il est même à l’Assemblée nationale et il est voté – chaque année – par les élus de la nation.
Il est là ce programme du président, tout le monde le voit sauf vous et moi.
Nous ne voulons pas le voir.
Nous sommes aveugles, de mauvaise foi ou trop lucides.
Lucides, oui c’est ça.
Fous, en quelque sorte pas normaux.
Si on ne voit pas le programme du président, on n’est pas normal.
Le peuple est fou, il ne voit rien.
Le programme du président est dans sa marmite.
Il bout tranquillement.
Il faut attendre que la cuisson se termine.
Oui, attendez et soyez patients.
Pourtant aucune effluve n’en sort.
Il va falloir attendre longtemps.
Le nouveau wazir vient d’éteindre le feu.
Les ingrédients ne sont pas bons et ce qu’il y a dans la marmite risque de ne pas être bon.
Il y a même risque pour que la marmite prenne feu et que la maison brûle.
Il y a danger.
C’est ce qui est dit, la presse vient de le rapporter.
Alors, on jette tout et on recommence.
Sauf que la marmite du peuple n’est pas la même que celle du wazir et des autres.
Elle n’est pas la même que celle du président, non plus.
Ce qu’on y met est différent – les ingrédients ne sont pas les mêmes.
La marmite du peuple ne bout jamais jusqu’à la fin.
Celles « des autres » bouillent tout le temps, même si le feu risque de déclencher un grave incendie.
Elles mijotent depuis l’indépendance.
La louche y fait des va-et-vient réguliers, sans discontinuer, et puise sans arrêt.
Ils se servent.
Le peuple sent les odeurs et suit le ballet de la louche qui entre et qui sort de la marmite « des autres ».
Il s’accommode, l’odeur lui suffit.
L’espoir est là.
Je ne sais pas si vous êtes comme le peuple ou comme moi mais moi j’ai l’eau à la bouche.
Sauf que je ne veux pas y goutter, pour justement ne pas prendre goût.
C’est dangereux de prendre goût.
Le piège mortel.
La marmite qui bout, la louche et son va-et-vient…
Pendant ce temps, on dit au peuple que le programme du président lui prépare la meilleure marmite.
Décidément, ils se paient notre tête et nous laissons faire.
Nous sommes un peuple trop patient.
Mais 2019 n’est plus trop loin.

Elections législatives en Algérie: l’opposition crie à la fraude. 8 mai, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Les partis politiques dits de l’opposition qui ont participé aux élections législatives crient à la fraude.
Tous, à l’exception du FLN, RND et MPA.
Je crois même que le FLN s’est plaint… victime de la fraude en faveur d’un parti de l’opposition mais il n’a pas beaucoup insisté.
L’hôpital ne peut pas se moquer de la charité, tout de même…
Après plus d’un demi siècle de pratique de fraude, il ne faut pas pousser.
Il semble – cela reste à vérifier – qu’un chef de parti a décidé de faire la grève de la faim pour protester.
Son parti en a été victime.
Ce chef de parti politique ne fait pas la grève de la faim pour le principe de ne pas frauder à une élection mais parce que son parti en paie les frais.
Donc, chacun pleurent sur son sort.
D’ailleurs, c’est toujours comme ça.
Aucun parti ne pleure sur le sort qui est réservé à l’élection ou encore – et cela aurait mieux et plus crédible – sur le sort de la démocratie dans notre pays.
En tout cas, personne ne pleure pour l’honneur ou la dignité perdues de l’Algérie.
Qui peut les croire?
Tout le monde sait que, au fond, la fraude arrange tout le monde.
Parce que si ces partis ne trouvaient pas, pour finir, leur compte dans cette affaire, ils auraient retiré leurs députés élus.
Ce que Benyounès du MPA a, à juste titre, suggéré.
Tu n’es pas content, retire toi.
Vous imaginez la crise institutionnelle que cela aurait crée?
Tous les partis de l’opposition qui démissionnent avant même que l’Assemblée ne soient installée.
Un fait inédit et une crise sans précédent.
Qu’aurait fait le président de la République?
Refaire l’élection? Peut-être, peut-être pas…
Mais voilà un acte politique qui aurait fait désordre dans notre pays.
Un désordre qui aurait été peut-être fondateur.
On ne peut pas dénoncer une fraude et siéger à l’Assemblée avec ceux qui l’ont commise.
Un problème d’éthique.
En réalité le système politique algérien est ainsi fait.
Chacun se plaint de ce système mais tout le monde contribue à le faire vivre et à le renforcer.
Je pense même que les partis politiques de l’opposition sont partie intégrante de ce système. Ils ne sont pas au coeur mais il a besoin d’eux pour exister.
Si on considère que le système est une simple communauté d’intérêts, alors les partis politiques qui sont à sa périphérie s’en repaissent en échange d’une reconnaissance tacite.
De la caution démocratique.
La relation n’est pas mutuelle parce qu’aucun parti politique n’est indispensable à la survie du système et il peut se débarrasser de l’un ou de l’autre et le remplacer.
Ce qu’il fait d’ailleurs avec la virtuosité d’un marionnettiste.
Aujourd’hui c’est l’un, demain c’est l’autre, un jeu de marionnettes…
La relation est commensale.
Celui qui en profite est l’élu du moment.
Le parti qui est dans les bonnes grâces, sous la protection mais le parti qui manifeste sa reconnaissance et son soutien indéfectible.
Les quotas se font ainsi.
Si les partis politiques de l’opposition crient à la fraude, c’est parce qu’ils sont trop nombreux et qu’il y a peu à partager.
Au final, ils ont perdu des plumes, en tout cas pour la plupart.
Les gagnants sont les petits partis qui assument clairement leur appartenance au système ou ceux qui font un appel du pied pour y entrer.
Au fond, le système n’est système que parce que la communauté d’intérêt s’élargit à la périphérie de celui-ci.
Tout se tient.
Cela veut dire qu’il ne sert à rien de hurler surtout quand c’est avec les loups.
Personne ne vous entendra et personne ne viendra à votre secours.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que ces partis politiques dits de l’opposition veulent nous abuser.
Ils font semblant de hurler.
Ils ne retireront pas leurs députés élus parce que c’est comme ça.
les partis politiques de l’opposition sont demandeurs et le système est un habile négociateur, il les tient par la barbichette.

Les législatives algériennes: la gueule de bois du lendemain des résultats. 5 mai, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , 1 commentaire

Bonjour la gueule de bois.
La parodie démocratique est fini.
Le vaudeville a pris fin.
Chacun a fait ce qu’il a pu pour bien jouer son rôle.
Un simulacre de démocratie du début de cette « opération » jusqu’à sa fin.
Une comédie.
Nombreux sont ceux qui ne seront pas retenus pour la suite de la pièce.
C’est comme ça.
Tout le monde n’est pas bon.
Oui, il y a des moins bons aussi et des mauvais.
Il y a surtout ceux qui ont bien joué avant, ceux qui ont été bons lors du premier casting.
La constitution des listes…
Contestée et contestable, qu’il m’a semblé.
Ceux qui ont su plaire au sélectionneur ont été « choisis ».
Il suffisait de… pour figurer en bonne position.
Se mettre à plat ventre et/ou payer… la chkara.
Pas besoin de mouiller la chemise pour être, par la suite, retenu au grand casting, à la sélection finale, au verdict « populaire ».
De grands comédiens ceux-là.
Ils ont su s’assurer un rôle pour cinq ans, même si c’est un tout petit.
Même si c’est un rôle insignifiant, un rôle inaudible…c’est quand même un rôle.
Bien payé, il faut le dire.
Des gens qui n’ont jamais travaillé se sont retrouvés avec des retraites 10 à 15 fois plus importantes que ceux qui ont trimé et sué toute leur vie.
Alléchant.
Injuste aussi.
C’est d’ailleurs peut-être ce qui compte le plus, ce qui fait se bouger tous ceux qui veulent être dans cette mascarade.
Chacun sait que les petits rôles font office de figuration, de décor.
Même quand le comédien essaie par des gesticulations tonitruantes de faire entendre sa petite voix.
Personne ne l’entend, ni ceux qui jouent avec lui, ni les spectateurs.
Je veux dire le peuple.
D’ailleurs dans ce spectacle, toutes les voix sont petites, elles ne comptent pas vraiment.
Mais certaines voix reviennent plus souvent, trop souvent, alors elles paraissent audibles.
On les entend, elles semblent importantes.
Elles décident, enfin elles donnent l’illusion de décider.
Les voix qui portent sont en réalité ailleurs, en dehors de ce carnaval.
Fi Dechra, disent certains.
Bizarrement, les voix qui portent on ne les entend pas.
Etrange!
Pour les autres, ceux qui n’ont pas été retenus au grand casting d’hier, la gueule de bois est assurée, ce matin.
La déception et le goût de l’amertume dureront longtemps.
Ils y ont cru jusqu’à la fin.
On leur a fait croire qu’ils pouvaient être dans le jeu.
Un jeu de dupes, pourtant.
Ils ne pouvaient pas ne pas savoir que la partie était perdue d’avance.
Mais n’est-ce pas la raison même d’exister de la comédie?
Faire illusion.
Faire croire pendant un instant que la chose est possible.
Faire rêver en quelque sorte.
Transformer le rêve en réalité.
Mystifier.
Vous voyez, même le comédien peut s’y tromper.
Lui aussi, en participant au vaudeville, peut s’en trouver abusé.
Et le peuple dans tout cela.
Le dindon de la farce?
Sans doute, non.
Cette fois-ci, il n’est pas entré dans la comédie, il est resté spectateur.
Il sera sans doute ainsi de plus en plus.
Il a bien raison, la comédie est la même depuis l’indépendance du pays.
Les mêmes grands comédiens, les mêmes rôles, le même scénario, le même monologue.
Sauf que les spectateurs ne sont plus les mêmes. Ceux là veulent un autre scénario et ils veulent l’écrire.
Tout cela va être bouleversé.
L’histoire est en marche et elle fera inéluctablement son oeuvre, elle apportera le changement.
2019 n’est plus très loin.
Il faut y croire.
Il faut un souffle de jeunesse et de fraicheur à l’action politique dans notre pays. Les acteurs actuels sont usés par la démagogie et la corruption.
L’Algérie est riche de la vitalité de ses jeunes, c’est à eux qu’il appartiendra de bâtir l’avenir.

Bataille rangée entre étudiants à l’université de Batna. 28 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : autres écrits , ajouter un commentaire

Une bataille rangée entre étudiants à Batna.
La police et les responsables de l’université ont ouvert une enquête.
Un scoop! Je veux dire l’ouverture de l’enquête…
Il me semble que cela tombe sous le sens, que cela est normal mais il y a tellement de choses qui ont changé dans ce pays.
Tellement de choses qui sont normales alors qu’elles ne devraient pas l’être et tellement de choses qui devraient l’être et qui ne le sont pas.
Je crois que c’est cela que certains désignent par l’expression consacrée « le monde à l’envers ».
Donc une bataille rangée entre étudiants, à coups de sabres faut-il le préciser et une enquête qui est ouverte.
Ce qui m’interpelle, ce n’est pas cette enquête ouverte – vous l’aurez compris – mais cette guerre de gangs dans l’enceinte de cette institution.
Des voyous qui se règlent les comptes.
L’université…
Je ne sais pas vous mais moi un événement pareil m’inquiète au plus haut point.
Comment est-ce possible qu’une chose pareille arrive dans l’enceinte de cette institution?
Les étudiants arrivent armés de sabres et de toutes sortes d’objets dangereux… pour étudier.
Etrange!
A moins d’avoir l’agression et la violence comme projet.
Les belligérants étaient donc venus non pas pour apprendre mais pour en découdre.
En se brossant les dents le matin – s’il se brosse les dents, il est permis d’en douter -, l’étudiant ne se demande pas quels bouquins il doit emmener avec lui mais de quelle arme il doit se munir pour se rendre à l’université.
Il parait que les filles aussi arrivent dans le même état d’esprit.
Armées de l’agressivité.
Bec et ongles dehors.
Une démarche préméditée.
Et c’est ce qui est inquiétant, la préméditation de la violence.
A l’université!
Un endroit où la parole et l’échange sont les vertus cardinales.
Dans nos universités, l’échange est musclé. Armé, je devrais dire.
Et de sabres.
Je pense que le choix du sabre n’est pas anodin.
Il doit avoir une signification profonde, sans doute liée à l’idée du djihad.
Dangereux.
Il n’y a pas longtemps, à l’université d’Alger, des enseignants avaient été violemment agressés par des « inconnus », venus perturbés l’élection du bureau du CNES.
Une violence qui participe sans doute des mêmes raisons ou causes qui ont déclenché cette violence à Batna.
Des interdits ont été franchis.
L’université n’est pas la rue et les individus qui sont dans son enceinte ne sont pas des voyous, enfin ne ils devraient pas l’être.
Mais, y a t-il aujourd’hui une différence entre le voyou et l’étudiant?
De ce point de vue, non.
Ce n’est plus le monde à l’envers comme je le soulignais plus haut, c’est la Khalouta.
C’est le désordre, l’anomie.
Les interdits fondateurs – je ne sais si je peux dire cela comme ça – qui doivent prévaloir de façon pérenne à l’université sont tombés.
C’est pourquoi cette institution est devenue l’otage de toutes sortes de comportements délinquants.
Enseignants comme étudiants sont concernés.
Les pouvoirs publics sont responsables d’une telle descente aux enfers.
Le travail, la compétence et le mérite qui sont les valeurs sur lesquelles est adossée le caractère sacré de l’université ont été d’abord piétinés par le pouvoir politique.
Pour avoir la main mise sur cette institution, il a autorisé toutes les forfaitures et a déconsidéré le savoir et la connaissance.
Il a placé aux différents postes de responsabilité – recteurs et doyens – des sujets parmi les plus contestables.
Alors que dans tous les pays du monde, ces responsabilités échoient à des personnes qui sont choisies par leurs pairs -pour leur compétence, leur charisme, le respect qui leur est dû, leur ancienneté -, dans notre pays, les personnes auxquelles sont confiées ces missions sont les plus serviles et les plus soumis au pouvoir politique.
De mauvais modèles pour les étudiants qui prennent vite conscience ou qui sont convaincus que le travail, le mérite et la compétence ne sont pas la garantie pour l’accès à la responsabilité.
Cela fait désordre.
Le respect que chacun devra à cette institution disparait.
Mais il n’y pas que cela.
L’université est rongée par l’imposture.
Le plagiat gangrène les travaux des enseignants.
Au vu et au su des autorités de l’université qui laissent faire.
Les mémoires et les thèses des étudiants subissent le même sort.
Sans vergogne, tout le monde copie.
Copier/coller, cela est aisé aujourd’hui, les « malfaits » de l’informatique.
Une mentalité de voyou et une atteinte à la moralité qui doit prévaloir dans cette institution.
Un viol des consciences et une violence infligée aux étudiants.
Quelle différence entre ce comportement plagiaire et l’agression au sabre.
Aucune.
L’agression est la même, c’est la nature de celle-ci qui change.
Encore que personnellement je considère qu’autoriser le plagiat est encore plus dangereux sur le plan moral que fermer les yeux sur l’agression physique perpétrée au sein de l’université.
Il n’y a pas eu beaucoup d’enquête sur les plagiats.
J’ai même en souvenir qu’un enseignant avait été condamné à 8 mois de prison pour avoir dénoncé, dans la presse nationale, un plagiat.
C’était à l’université de M’Sila. Le recteur mécontent avait déposé une plainte contre cet enseignant.
Le monde à l’envers.
L’Algérie est sur la tête.
Et avec ça, l’inénarrable chef du FLN va raconter dans ses meetings électoraux que certains mettent en danger l’Algérie.
Il oublie qu’il vient de commettre une forfaiture, que c’est ce type de comportement qui met en danger moral notre pays.
« Le martyr vivant ».
Une espèce de plagiat, disons une imposture.
Ancien condamné à mort.
Décidément, c’est l’Algérie à l’envers.
L’hôpital se moque de la charité.
Le chef du moment du FLN oublie que c’est le régime du parti unique auquel il appartient qui a ruiné la moralité dans ce pays.
Je ne sais pas vous mais moi je pense que cette violence qui progresse dans notre pays est inquiétante.
Elle est voulue.
Le pouvoir politique en use et abuse à souhait.
Un climat de terreur utile.
Un peuple inquiet, effrayé est facile à soumettre.
Il faut surtout soumettre l’université et les étudiants.
La contestation et la remise en cause viennent de là, n’est-ce pas?
L’université de Tizi Ouzou a fait des émules.

Le printemps berbère : il y a 35 ans l’espoir a éclos. 19 avril, 2017

Posté par docteurboudarene dans : articles de presse , ajouter un commentaire

Cette contribution a été publiée en avril  2015 par le quotidien national d’information « Liberté ».
Depuis, le statut de Tamazight a évolué. Elle était déjà reconnue langue nationale, elle est maintenant devenue officielle. Quand bien même elle n’est pas encore « langue officielle de l’Etat », voilà une évolution qui est, de mon point de vue, importante. Concubine – de deuxième rang, pour l’instant – de la langue arabe, il appartient à ses enfants, par leur détermination et surtout par leur travail, de la hisser au statut qu’elle mérite. Il ne faut pas oublier qu’il y a seulement quelques dizaines d’années, la simple évocation de l’identité Amazigh menait à la prison. Il ne faut pas oublier non plus que le chef d’inculpation d’atteinte à la sûreté de l’Etat était suspendu sur la tête de tout militant qui revendiquait l’appartenance identitaire berbère de l’Algérie. Le chemin est encore long, il est vrai, mais il est moins ardu et le bout est en vue. Il suffit d’être ensemble, unis, déterminés pour atteindre cet objectif. L’histoire est en marche, rien ni personne ne peut l’arrêter. Donnons lui un coup de pouce pour accélérer sa course. Il suffit de peu.

Le printemps berbère : il y a 35 ans l’espoir a éclos.

Le printemps amazigh (avril 1980) est sans doute l’événement fondateur de la revendication identitaire dans notre pays. Mais pas seulement parce que les animateurs du mouvement avaient très tôt compris que cette revendication était indissociable de l’exigence démocratique. C’est pourquoi le printemps berbère reste – quand bien même on a voulu minimiser son impact sur la vie politique nationale – le précurseur de l’ouverture politique dans notre pays.

Les personnes qui s’étaient engagés dans ce combat – pour un certain nombre déjà militants politiques dans la clandestinité – connaissaient les enjeux et savaient le risque qu’ils prenaient en donnant ce premier coup de boutoir au régime du parti unique. Pourtant, chacun avait assumé sa responsabilité. L’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri, qui devait avoir lieu au campus universitaire de Hasnaoua en mars 1980, était venue à point nommé pour constituer l’alibi qui allait permettre d’engager le bras de fer avec le pouvoir. Etudiants, enseignants et travailleurs s’étaient donnés la main pour animer la contestation.

La riposte de l’Etat avait été féroce. De nombreuses arrestations avaient eu lieu. Les personnes appréhendées avaient été emprisonnés à Berrouaghia; accusées d’atteinte à la sureté de l’Etat pour appartenance à une « organisation clandestine visant au renversement du gouvernement et pour intelligence avec l’étranger », elles étaient passibles de la peine capitale. lire la suite…

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